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21/04/2018

La niche et la cave

« Cave canem »

 

Attention au chien.

Les Romains avaient comme nous des animaux domestiques, et pour des raisons semblables, tenir compagnie et surveiller les propriétés privées.

Ils eurent aussi des animaux plus exotiques à vocation d'utilité publique. Animaux sauvages qui se taillaient la part du lion sur le dos des gladiateurs : c'était le programme panem et circenses, promu par sénateurs et empereurs.

On regardait tout ce petit monde s'entre-déchiqueter le week-end en famille.

Ces spectacles riches en hémoglobine remplissaient à merveille leur double office à l'égard de la plèbe.

Primo flatter l'orgueil du civis romanus.

Les animaux exotiques rappelaient la domination de l'Urbs sur ses provinces lointaines. Et puis le Romain (fût-il d'en bas) dominait depuis les gradins le gladiateur, étranger ou esclave (et disposait en bonus du droit de voter pour sa mort ou sa survie).

Secundo détourner son regard des questions politiques et des injustices en le gavant de divertissements aussi abrutissants que possible.

Et en plus les places n'étaient pas chères et souvent gratuites : bref que du bonheur.

Comme quoi nihil nove sub sole, belle maîtrise déjà à l'époque des ressorts du populisme : discours nationaliste et aliénation.

Mais revenons à nos (autres) moutons, j'entends les chiens de la phrase de départ. Cavere signifie faire attention aux deux sens. Faire gaffe et prendre soin.

L'écriteau cave canem peut ainsi avoir deux effets contraires sur le passant : l'inciter au détour prudent, ou inversement à la caresse du toutou.

En ce qui me concerne, cave canem suscite en réflexe pavlovien la récitation du mantra sancta Phobia ora pro nobis.

Et comme la phobie repose sur l'angoisse d'incertitude, cave canem implique ensuite la question : où donc qu'ils sont ces foutus toutous ?

Pour les chiens de garde on sait : à la niche. Mais il y en a d'autres.

« Tes chiens sauvages veulent être libres, ils en aboient d'envie dans leur cave quand ton esprit se propose d'ouvrir toutes les prisons. »

Ainsi parlait Zarathoustra (De l'arbre sur la montagne)

 

Conclusion le latin n'a pas besoin de traduction, cave canem est bien une histoire de chien dans la cave.

 

08:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)