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26/01/2020

Foules sentimentales (1/16) Contexte

 

Freud publie Psychologie des foules et analyse du moi (Massenpsychologie und Ich-Analyse) en 1921. Dans les publications modernes, ce texte a été regroupé avec trois autres sous le titre Essais de psychanalyse.

 

Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915). Le titre comme la date se passent de commentaires. Effarant autant que déprimant : ce texte est resté (faut-il dire ne cesse de redevenir) d'une actualité brûlante. (voir ce blog 17-24 sept 2014).

Au-delà du principe de plaisir (1920). Un des textes les plus étonnants de Freud, dans lequel la réflexion sur la répétition névrotique fait passer du jeu d'un bébé (son petit neveu) aux traumas des soldats de 14*, pour finir par forger le concept de pulsion de mort.

Bref on est toujours dans la franche rigolade (à part le moment sur le jeu où l'on s'attendrit devant l'art d'être grand-oncle de ce bon vieux Sigmund).

 

Le moi et le ça (1923). Freud élabore sa 2° topique (représentation selon une métaphore spatiale). La 1ère avait formulé dynamique et structure du psychisme selon le rapport conscient/inconscient. La 2° distingue 3 instances qu'elle articule à ce rapport.

Le ça (Es) est le réservoir pulsionnel du moi. Il comprend le refoulé qu'on peut retrouver par l'analyse, mais aussi un ics irréductible.

Le surmoi (Überich) est l’instance qui intègre normes, interdits parentaux et sociaux, valeurs directrices. Freud l’associe surtout à la conscience morale. Il est en partie cs, en partie ics.

Le moi (Ich) a la dure mission de synthétiser la personnalité. Il doit gérer d'un côté le rapport à la réalité, de l'autre les tensions entre ça et surmoi. Ce qui en fait une double zone tampon. Entre exigences pulsionnelles primaires et exigences morales raisonnées, d'une part ; entre élan immédiat et prise en compte de la réalité (conditions matérielles, relations avec les autres etc.).

Ainsi pour Freud le psychisme humain n'existe que dans sa dynamique de conflits successifs. Prise en compte et résolution (même temporaire) du conflit = psychisme fonctionnel. Évitement du conflit ou fixation sur lui = psychisme dysfonctionnel.

 

Voilà pour le contexte de Psychologie des foules. Cet ensemble d'essais n'est guère réjouissant par son contenu. Mais on y trouve la constante des écrits de Freud : énergie intellectuelle, puissance (dirait Spinoza) mise à chercher, à comprendre. Ceci console de cela.

 

* Voir le magnifique film "1917" de Sam Mendes. 

 

 

09:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

23/01/2020

Au coin de la rue : jeunes hommes

 

Un jeune homme marche devant moi, jean retroussé jusqu'à mi-mollet, pieds nus dans ses baskets.

Mes chevilles éprouvent avec les siennes l'enveloppement de l'air, semblable à une eau vivifiante.

Froid d'hiver clément, contre lequel il n'y a ni à lutter ni à récriminer.

 

 

Un tout jeune homme en fauteuil devant le distributeur de billets où son accompagnatrice fait un retrait. Son regard vers un motard qui démarre en trombe au feu vert.

 

 

Lui, là, il me rappelle quelqu'un, me dis-je en croisant un homme plus si jeune mais cultivant une allure d'adolescent attardé : ce blouson à capuche, cette mini-frange, cet air de faux jeton, qu'est-ce que ça me rappelle ?

J'y suis : à partir d'une vague ressemblance, il s'est grimé en sosie du créateur de Facebook.

Vite, un selfie.

 

 

09:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

21/01/2020

Au coin de la rue : jusqu'ici

 

Je traverse le boulevard.

À ma gauche une vieille ratatinée, le déambulateur laborieux. À ma droite un pépé avachi, la canne arythmique.

Le feu repasse au vert qu'ils sont encore au milieu du gué.

Oui, me dis-je, pourquoi se hâter d'arriver là où ils vont ?

Instinctivement je ralentis mon pas.

 

Dans la petite rue qui surplombe la collégiale, des voitures garées jusque sur les trottoirs. Sur le parvis une foule plus curieuse que triste signale l'enterrement d'un VIP.

Curieuse autant, je me promets de me renseigner, même si, habitante récente de la ville, j'ai peu de chances de connaître le notable ci-gisant.

Un homme en retard monte quatre à quatre l'escalier, téléphone à l'oreille. Il dit : « Oh la soixantaine ... » L'âge du défunt ? Le sien ?

La réponse de son interlocuteur (trice) le fait éclater d'un rire franc. Scandaleux manque de tact ou naïf bonheur à être encore là, au nombre des vivants sous un beau soleil hivernal ?

Je choisis le deuxième : je le partage.

 

08:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)