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Le blog d'Ariane Beth - Page 2

  • Vraisemblablement

    « n°194 : Le sincère.

    Cet homme agit vraisemblablement toujours en obéissant à des raisons cachées : car il a toujours à la bouche des raisons communicables et va presque jusqu'à vous les mettre sous le nez. »

    (Friedrich Nietzsche Le Gai Savoir Troisième livre)

     

    Une sincérité des raisons cachées, qui se décode dans le déni.

    « Je ne sais pas qui est cette femme dans mon rêve, mais une chose est sûre ce n'est pas ma mère ». « Ach ach », dit Freud, « voilà justement l'indice que c'est de sa mère, et d'elle seule, qu'il veut parler ».

    Il s'agit alors de raisons cachées à l'auteur des actions, les motifs inconscients de son action.

     

    Mais il arrive que les raisons cachées se cachent encore mieux en se dévoilant.

    Si bien qu'après Freud on peut penser à Lacan. Non, pas parce qu'il était cachottier (quoique?). Mais pour son commentaire de la nouvelle de Poe La lettre volée (Histoires extraordinaires).

    La lettre que la police du roi s'échine à chercher dans les endroits les plus improbables, la lettre que l'on pense bien cachée tant elle est de grande conséquence (preuve de l'adultère de la reine), est en fait posée, là, bien en évidence sur la table, au nez et à la barbe de la police et de son ministre (ennemi juré de la reine).

    Le détective Dupin, pour sauver la reine (pas gratuitement je vous rassure), en posant la lettre en évidence sur la table (à l'envers), parie sur le fait que le ministre, imaginant les autres à son image retorse, aurait cherché des cachettes très alambiquées.

    Dupin retourne ainsi le raisonnement du ministre, tout comme il a posé la lettre à l'envers.

     

  • Simple

    « n°189 : Le penseur.

    C'est un penseur : cela signifie qu'il est expert dans l'art de considérer les choses comme plus simples qu'elles ne sont. »

    (Friedrich Nietzsche Le Gai Savoir Troisième livre)

     

    Ironique ou pas ?

    En tous cas pour ma part m'aident à penser ceux qui, souvent parce qu'ils me font faire un pas de côté, m'ouvrent le champ nécessaire, les perspectives (cf note du 3 mai) pour discerner les grandes lignes, les liens, les logiques, invisibles de trop près.

    Donc, oui, d'une certaine manière, ceux qui simplifient les choses. 

     

  • L'extraordinaire

    « n°186 : Mauvaise conscience.

    Tout ce qu'il fait à présent est honnête et conforme au bon ordre – et pourtant cela lui donne mauvaise conscience. Car il a pour tâche l'extraordinaire. »

    (Friedrich Nietzsche Le Gai Savoir Troisième livre)

     

    Nul doute qu'on se donne plus de chances de tranquillité et de bonheur en ne s'attelant qu'à des tâches ordinaires. De celles que l'on peut espérer raisonnablement mener à bien sans trop de difficultés, de douleurs, de soucis. De celles qui ne risquent pas de nous confronter à l'inaccompli, source de regrets, de remords.

    Mais d'une part on n'a pas toujours le choix, il est parfois des situations hors normes qui nous convoquent à des tâches extraordinaires, tout ordinaire qu'on soit.

    Quant à Nietzsche, si quelqu'un n'était pas du genre ordinaire, c'est bien – lui.