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11/04/2017

Signé Eve

 

« Ce que femme veut, Dieu le veut. »

 

Voilà un proverbe qui suscite (au moins) deux questions de taille :

1) Que veut une femme ?

2) Que veut Dieu ?

 

1) La question que veut une femme a été posée par Papa Freud soi-même. C'est un fait bien connu qu'il n'a jamais trouvé de réponse.

En revanche on ne remarque pas assez qu'il n'a pas non plus trouvé de réponse à la question que veut un homme.

 

Lacan, lui, était du genre à avoir réponse à tout. Sous forme de sentence tranchée. Pour le sujet que nous envisageons : « La femme n'existe pas ».

Du coup, remarquez, ça simplifie : la femme n'existe pas, donc elle ne veut rien. Donc il serait absurde de lui demander son avis.

 

Bien que personne ne me demande le mien, je dirais qu'une interprétation féministe de la phrase de Lacan est possible (je ne dis pas que c'était son intention, je ne dis pas le contraire non plus).

Mais si LA femme n'existe pas, en tant que catégorie idéale et essentialisée, ça laisse la possibilité à toutes les femmes réelles d'exister concrètement et dans leur diversité.

 

On peut en déduire en outre et en corollaire que l'homme n'existe pas davantage.

Ce qui permet d'envisager un monde enfin simplement et avant tout humain. CQFD et cf Schopenhauer (voir ce blog 14 janvier)

Lacan ne veut pas dire tout ça dans sa boutade ? Peut être. Quoique. Qui sait ce que veut un Lacan ?

Et puis en tous cas moi je dis ce que je veux. Vu que je suis une femme.

 

2) On pourrait croire que la question que veut Dieu est celle des religions. Mais pas du tout.

Les religions ont eu de toute éternité un seul fondement et un seul projet : parler à la place de Dieu, telles des ventriloques avec leur marionnette.

Chose possible uniquement parce que Dieu n'existe pas.

En effet je sais pas vous, mais pour part si j'étais Dieu j'aimerais pas qu'on parle à ma place. (Déjà que rien qu'en étant moi ça me déplaît).

Bref c'est ainsi que le fait du dogmatisme religieux démontre l'inexistence de Dieu. Et si c'était ce que veulent les dogmatiques ?

 

Non je rigole, les dogmatiques du religieux, pas difficile de voir ce qu'ils veulent. Un rapide tour d'horizon de la planète nous le démontre :

ils veulent le plus grand mal aux femmes, à la jeunesse, à la vie et à l'avenir.

 

Et pourtant ce que femme veut, c'est pas le bout de monde : juste pouvoir être qui elle est.

Comme n'importe quel homme, en somme.

 

 

09:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

08/04/2017

Principe de précaution

« En avril ne te découvre pas d'un fil, en mai fais ce qu'il te plaît. »

 

Ah les proverbes & dictons du domaine météorologique ...

Que serait le sens commun ou les échanges entre voisins sans eux ? La motivation rationnelle de leurs allégations laisse à désirer, certes.

Mais quel terrain fertile à la fleur de rhétorique !

Dont ils pratiquent la culture intensive, se fichant bien pas mal d'aboutir à des images surréalistes. 

 

À la sainte Luce, les jours croissent du saut d'une puce.

Ça voudrait dire quoi ? Comme Arletty sa gueule d'atmosphère, le jour aurait un look de puce ? On voit bien qu'on a juste cherché la rime.

On pourrait faire remarquer qu'il y en avait de plus flatteuses.

À la sainte Luce, s'effilochent les cumulus.

À la sainte Luce, Nemo sort du nautilus.

Oui je sais les puristes diront que ce n'est pas une vraie rime, juste à l'oreille. À quoi je rétorquerai

à la sainte Luce on ne manque pas d'astuce.

 

Cela dit j'exagère un peu. Les proverbes de cette catégorie ne sont pas tous entièrement dépourvus de sens.

Noël au balcon Pâques au tison s'appuie ainsi sur la croyance ô combien rationnelle en une justice transcendante, qui veillerait entre autres équilibres à celui des moyennes annuelles de température.

Et qui par la même occasion révélerait son penchant pour une morale sadique. « Vas-y, profite de l'hiver doux, mon ami : ça se payera. Eh eh. »

À moins qu'il ne s'agisse d'une ébauche de réflexion sur l'incidence météorologique locale du réchauffement climatique global.

 

En avril ne te découvre pas d'un fil, en mai fais ce qu'il te plaît.

Je m'avise que ce proverbe ne déparerait pas les pages vie pratique d'un magazine féminin aux côtés de :

En octobre change de garde-robe, en novembre apprends la viole de gambe.

En décembre mange du gingembre, en janvier plante un goyavier.

En février fais le poirier, en mars change de godasses.

En juin achète un drap de bain, en juillet va t'ensoleiller.

En août loue un igloo, en septembre mets ton collier d'ambre.

 

 

 

 

 

 

 

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06/04/2017

Un point partout

« Tout vient à point à qui sait attendre. »

 

On sait que l'humanité se divise en deux catégories : ceux qui sont toujours en avance et ceux qui sont toujours en retard.

Mais peut-on affirmer avec certitude lesquels sont les plus patients ? Il faut sur ce point éviter les conclusions hâtives.

 

On aurait spontanément tendance à dire : les avançards sont nécessairement plus patients.

À force de passer leur temps à attendre, la fonction finit par créer l'organe en quelque sorte. Plus tu es en avance, plus tu accumules de temps d'attente, plus tu pratiques la patience. Vu que tu n'as pas le choix.

Et ainsi à force de pratiquer la patience, elle devient partie intégrante de ton être.

C'est le propos bien connu de Pascal : faites comme si vous aviez la foi, eh bien au bout d'un moment vous verrez vous serez croyants. Miraculeux, non ?

 

Mais on peut tout aussi bien argumenter à l'inverse.

Qui est systématiquement en avance, c'est que sa nature le porte à aller plus vite que la musique. Le genre qui anticipe le retour au moment du départ, qui envisage toujours le coup d'après. Bref il est par excellence d'une nature impatiente.

L'avançard est donc un être paradoxal, patient et impatient à la fois.

 

Le retardataire ce sont les autres qui l'attendent.

Par définition il n'attend jamais, n'a donc jamais à faire preuve de patience. Ni d'impatience. Quel est-il donc réellement ?

Pour en décider, tentons une expérience de pensée.

Imaginons un rendez-vous entre avançard (A) et retardataire (R) où les rôles pour une fois s'inversent.

 

R attend. Depuis une bonne demi-heure maintenant.

Curieux inconfort psychologique jamais éprouvé : dépendre de l'autre. Ne pas être seul maître du tempo. Être délogé de son égocentrisme.

Bref plus le temps passe plus l'agacement le gagne.

Arrive A.

R : Ah quand même ! Qu'est-ce que tu foutais ? T'as vu l'heure ?

A : Oui, enfin non justement ... Mais c'est pas si grave, on n'est pas aux pièces, si ? Faut déstresser, prendre la vie comme elle vient …

R : C'est pas marrant d'attendre.

A : Déconne ! Moi j'adore figure-toi, et je te remercie de m'en avoir si souvent donné l'opportunité.

R : Tu te fous de moi ?

A : Ben oui. Chacun son tour. Ça fait un moment que j'attendais … l'occasion.

 

 

 

 

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