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Le blog d'Ariane Beth - Page 9

  • Yakitori

    -Yakitori n.m. v.1970 mot japonais. Brochette de volaille préalablement marinée (plat japonais).

    -Tiens, c'est raccord avec la dernière fois.

    -Pourquoi tu dis ça, Ariane ?

    -On a évoqué les Japonais tu te souviens ?

    -Oui, mais pas du tout dans le même contexte.

    -C'est un genre de métonymie, si tu veux.

    -Entre la brochette de volaille marinée et le citoyen harcelé par la xénophobie ambiante ? À la rigueur je parlerais plutôt de métaphore.

    -En tous cas Robert fait remonter le goût pour la cuisine japonaise aux années 70, moi j'aurais dit un peu plus tard, mais bon.

    -Et Robert, il aime ça tu crois, la cuisine japonaise ? Tu ne trouves pas qu'il insiste lourdement mot japonais, plat japonais. Genre je dis ça je dis rien.

    -C'est pourtant bon, Ariane, la cuisine japonaise : saine, raffinée, pleine de saveurs subtiles …

    -Pour être subtil c'est subtil. Trop pour moi je pense. J'ai goûté une fois des sortes de euh bonbons disons, ça ressemblait un peu à des haricots en gelée, avec un goût de euh terre. C'est spécial quoi.

    -Mais les sushis, les sashimis ?

    -Bof. Mais par contre je ne me lasse pas d'Hokusai. Ça compense non ?

     

  • Xénélasie

    -Xénélasie n.f. 1759 terme d'Antiquité grecque . Grec xenêlasia de xenos « étranger » et elaunein « chasser ». DR.INT.PUBL. Droit pour un État belligérant d'expulser les ressortissants d'un pays ennemi.

    -De temps en temps le droit est assez tordu, non, Ariane ? Imagine quelqu'un qui décide de fuir un pays devenu inhabitable pour lui parce qu'un dictateur a pris le pouvoir. Ensuite le pays où il s'est installé déclare la guerre au dictateur en question, aussi bien la xénélasie va le renvoyer à la case départ.

    -Et du coup la xénélasie c'est l'inverse de l'asile. Il y a eu aussi le cas de citoyens originaires du pays ennemi, qui, sans pouvoir être expulsés, ont quand même été persécutés, par exemple les japonais-américains pendant la seconde guerre mondiale. Contrairement à la xénélasie, la xénophobie n'a pas besoin de se prétendre loi pour s'autoriser le pire …

    -Décidément on fait rien qu'à tomber sur des mots pas marrants, je trouve, le hasard n'a pas le moral. Faudrait des mots positifs un peu.

    -On a quand même eu jaboter, babiche, Blanche. C'étaient des mots sympa, ça, non ?

    -Sympa, amusants, d'accord, Ariane. Mais là je parle d'une vraie positivité, de mots forts et positifs.

    -Genre ?

    -Genre je sais pas moi : liberté, égalité, fraternité.

    -Quand je pense que tu prétends n'avoir pas trop de goût pour la fiction*, ma pauvre Blanche ...

     

    *cf Abaisse-langue.

     

  • Wagon-lit

    -Wagon-lit n.m. 1861 de wagon et lit (non, sérieux?). Dans un train (ah bon pas un bateau?) voiture formée de compartiments fermés, munis de couchettes et d'eau courante, pour permettre aux voyageurs d'y passer la nuit. Voir sleeping. REM. Le terme administratif est voiture-lit (qu'est-ce qu'ils ont contre le mot wagon dans l'administration ?) Place dans un wagon-lit. Je n'ai plus de wagon-lit, voulez-vous une couchette ? Il sent le vécu cet exemple, non, Ariane ?

    -Sauf que maintenant même une couchette c'est pas gagné, vu que les trains de nuit ont quasiment disparu de la circulation. Encore un dégât de la course au profit, ils ont préféré investir dans la vitesse ...

    -Écoute, Ariane, c'est pas que je ne sois pas d'accord avec toi, mais ça fait deux définitions de suite qu'on est dans la critique socio-politique, faudrait faire un break, non ? On a dit qu'on prenait l'option récréative.

    -Si tu veux. On part du côté de la fiction agathachristienne alors ? Tu sais que la première fois que j'ai lu Le Crime de l'Orient Express, c'était dans un train ?

    -Vas-y, fais-moi marcher.

    -Comme je te le dis, Blanche.

    -Et t'allais où ? Me dis pas Istamboul, je te croirai pas.

    -T'es bête. J'allais à Orléans. Mais c'est déjà pas mal loin.

    -Moins qu'Istamboul quand même.

    -Pour le temps je veux dire. Je te parle d'un temps d'avant le TGV. Du coup quand tu faisais le trajet Marseille-Orléans, fallait trouver à t'occuper.

    -Et sans smartphone, sans pouvoir écouter la playlist de tes hits, ni répondre à tes mails en retard …

    -Ben oui, t'avais guère que la lecture pour passer le temps.

    -À propos de littérature, Ariane, tout ça me fait penser à ce mot d'Oscar Wilde « Je préfère rater un train que de l'attraper en compulsant les horaires. »

    -Ouh là pas moi ! Je compulse plutôt deux, dix, vingt fois qu'une, je compulse compulsivement quoi. Et en plus je me donne une méga-marge sur l'horaire parce que je déteste trop attraper le train de justesse. Sinon après il me faut tout le trajet pour me remettre du stress.

    -Tu devrais traiter le mal par le mal : contre ton angoisse ferroviaire tu écris une histoire.

    -Un roman de gare ?

    -Ouais voilà, un truc du genre Mon stress dans l'Orléans express.