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02/05/2018

Mets de l'huile

« Oleum perdidisti »

 

Tu as perdu ton huile.

Inutile de le préciser, ceci n'est pas la devise de Total, Shell ou Texaco.

La phrase n'ornera pas non plus la carte d'une pizzeria.

L'huile en question est celle qu'on brûle durant la nuit passée à élaborer des cogitations cartésiennes (ou pas), à noircir du papier avec des pensées fumeuses (ou pas) tandis que fume la mèche de la lampe.

(Du coup maintenant que vous le dites rien ne s'oppose à ce que ce soit du pétrole cet oleum).

Je dis papier mais les latins se servaient plutôt de tablettes. Sauf que les leurs étaient en cire. Pour les utiliser fallait juste un calame bien taillé et un peu d'huile de coude.

Archaïque non ?

C'est que ces pauvres romantiquains n'avaient pas de centrales nucléaires et autres piles au lithium.

Insensé, non ?

Mais faut voir que dans l'Antiquité ils étaient forcément beaucoup plus près de l'âge de pierre que nous.

Quoique. Comment savoir ?

Eux ils l'avaient derrière eux, l'âge de pierre. Le laps de temps écoulé était facilement évaluable. Mais pour nous l'âge de pierre est devant, dans l'avenir (après catastrophe climatique et/ou guerre nucléaire). Or la durée exacte de l'avenir est difficile à évaluer.

C'est un problème éternel. De tout temps on en a été réduit à des conjectures sur la quantité d'avenir dont on disposait.

Et ainsi nous sommes condamnés à ignorer à quelle distance du futur âge de pierre nous nous trouvons à l'heure où je tape ces mots.

Quoique. Il est possible d'émettre des hypothèses plausibles (et néanmoins peu réjouissantes). Mais je m'en voudrais de casser l'ambiance.

En fait au départ mon propos se voulait nettement positif. Genre l'idée qu'on ne perd jamais son huile quand elle sert à éclairer les lieux de pensée.

À lubrifier les rouages neuronaux pour la réflexion, la science, la création. (Où vais-je chercher des métaphores aussi nulles ?)

(faut croire que je me rouille)

(c'est pas encore l'âge de pierre, mais c'est déjà l'âge de fer).

 

 

 

 

 

 

 

11:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2018

Oiseau rare

« Rara avis in terris » 

 

dixit Juvénal = un oiseau sur terre c'est rare (une oiseau, avis est féminin).

N'ayant pas lu son poème je ne sais pas ce qu'il entend par là exactement. Mais ça ne m'empêche pas de vous livrer des réflexions perso (il viendra pas me chercher, là où il est ...)

Chacun a son élément (au sens figuré j'entends) (parce que pour le reste l'être humain est en théorie adaptable partout)

(ça va avec l'omnivoration je présume) (omnivorage ? omnivoracité ?),

un élément non seulement de prédilection, mais hors duquel il ne peut pas être vraiment ni totalement lui-même.

Pour s'épanouir, pour ne pas s'étioler, il faut trouver cet « élément », c'est à dire cet équilibre psycho-écologique.

Spinoza le formule comme un rapport (au sens mathématique) entre les potentialités et besoins d'un individu, et son milieu et mode de vie.

Si ce rapport n'est pas satisfaisant, il lui faut, dit-il, rechercher lieux, modes et compagnons de vie plus adaptés au maintien de son dynamisme vital.

Ce rapport n'est pas à entendre uniquement en un sens matériel. Genre enracinement dans une terre, un pays. Telle occupation et pas une autre etc.

Et surtout il s'agit juste pour chacun de trouver comment optimiser ce rapport, non de s'accrocher à tel ou tel constituant.

Ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit (ni d'ailleurs Spinoza), ce n'est pas forcément évident, il faut parfois longtemps pour trouver son rapport optimal. Et arriver à le mettre en œuvre.

Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre

mais comment s'y prendre … (chantait Juliette Gréco).

Ceci étant dit, lector, tu es je l'espère doué d'un esprit vraiment scientifique. Tu ne manqueras donc pas d'objecter qu'en fait rara avis in terris n'est pas tout à fait juste.

Des oiseaux sur terre c'est pas si rare, y en a même qui enterrent leurs nids. Et que de pigeons font les cent pattes dans les jardins publics en quête de miettes, hein. Sans compter les oiseaux qui décollent jamais, genre émeus ou autruches ...

Oui bien sûr de ce point de vue un oiseau sur terre n'est pas rare.

Mais est-il (est-elle) encore oiseau celui qui ne déploie pas ses ailes ?

 

 

 

 

09:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

26/04/2018

"Ses ailes de géant ..."

« Aquila non capit muscas »

 

L'aigle n'attrape pas les mouches. Un proverbe qu'on peut comprendre de deux façons.

1) L'aigle n'attrape pas les mouches parce que ce ne serait pas adapté à son standing de grand rapace, surtout s'il s'agit d'un aigle royal. Il ne va quand même pas s'abaisser jusque là, y a pas écrit colibri.

Les mouches, les vers de terre tout ça, il laisse aux poules et canards, à la basse cour. Lui il est de la haute. Et il peut tout toiser de son œil d'aigle depuis son nid d'aigle, là-haut sur la montagne.

2) L'aigle n'attrape pas les mouches parce que ça lui est impossible, il n'est tout simplement pas équipé pour. Comment coincer une mouche, même une grosse verte (beurk), entre ses serres d'aigle ?

Un agneau, un mulot, une marmotte, voilà ça c'est dans ses cordes, mais les mouches comment dire ça passerait entre les trous de la passoire.

(Ce qui prouve au passage la stupidité du proverbe qui peut le plus peut le moins) (ou alors faut redéfinir plus et moins autrement que quantitativement) (ce qui serait absurde, une contradictio in terminis) (non?)

 

La première option me ramène à Zarathoustra (encore ?) (ben oui) (je devrais peut être contacter les zarathoustristes anonymes).

Ce n'est pas ta destinée d'être un chasse-mouches.

Ni chasse-mouches ni gobe-mouches. Cultiver la placidité de la vache, le mépris hautain du chameau. Négliger de garder un chien de sa chienne à qui vous fait un tour de cochon.

(Quoique. À la limite araignée je dis pas) (voir les mouches s'empêtrer toutes seules dans la toile) (eh eh).

 

La deuxième option est juste un constat réaliste, une observation objective.

Chacun choisira selon son tempérament.

Le mien me porte à voir si on ne pourrait pas dénicher un truc pour articuler les deux. Qui peut le plus peut le moins est une proposition absurde, disais-je.

Ce que dit Zarathoustra, lui, avec cette histoire de chasse-mouches, c'est qu'il faut être médiocre soi-même (ou simplement moyen, dans la norme) pour savoir se défendre des médiocres/moyens. Or être ainsi n'est pas si facile, y en a qui sont pas équipés pour.

Qui sait si l'on ne devient pas aigle faute d'être mouche ?

 

 

 

08:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)