Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/04/2017

Convois

 

« Les chiens aboient la caravane passe. »

 

Dit le bon sens caravanier. À quoi le bon sens canin ne manquera pas de répliquer : les chameaux blatèrent, la meute trace.

Tout dépend de quel point de vue on se place.

 

Le débat se complique si l'on poursuit : qui va à la chasse (avec ou sans son chien) perd sa place (au choix dans la caravane, la niche ou le chenil).

Bref ce qu'il y a de plus clair c'est qu'un clou chasse l'autre.

 

À propos de clou, encore un proverbe fait pour remuer le couteau dans ma plaie phobique.

Par exemple là je ne me vois ni du côté des chiens ni de celui des chameaux. Ou dromadaires je sais pas (faudrait que je travaille cette histoire de bosses).

D'ailleurs avouez qu'on dit rarement à quelqu'un qu'il est chien ou chameau dans l'intention de lui faire plaisir. On doit s'attendre à une riposte cinglante :

« Dromadaire, dromadaire, est-ce que j'ai une gueule de dromadaire ? »

 

De toutes façons pour revenir à moi (ce qui est bien l'essentiel), j'ai tendance à ressentir tout animal comme menaçant. Sauf les tout petits, mais à condition qu'ils n'aillent pas vite.

Genre l'escargot, mon favori. On voit tout de suite qu'il se sent lui aussi plus menacé que menaçant.

L'escargot limace la poule déboule.

 

Je sais je ne suis pas rationnelle sur ce point (et c'est bien le seul). Vu que le pire prédateur sur terre est l'être humain. Y compris et surtout pour lui-même.

Chose vérifiée depuis la nuit des temps, particulièrement dans les époques obscures où les lumières ont surtout brillé par leur absence.

Je ne dis pas cela pour déblatérer sur la nôtre.

 

Quoique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01/04/2017

Rolling stone

 

« Pierre qui roule n'amasse pas mousse. »

 

Ce proverbe, dit mon dico, se veut un encouragement à la persévérance et à la cohérence.

Genre que si tu essaies trop de trucs dans trop de directions différentes, si tu s'accroches pas un temps suffisant même que les résultats sont pas là immédiatement, eh ben tu creuses pas ta carrière tout ça.

Sur le fond d'accord. Faudrait que je sois sacrément de mauvaise foi pour contester cette idée, au vu de ma propre expérience.

Cependant je ne suis pas sûre que la métaphore soit des mieux choisies.

 

En effet, peut être suis-je mal renseignée, mais quel est l'intérêt d'amasser de la mousse ? Je m'interroge. Et encore plus sur une pierre ??

Intérêt esthétique ? Faut aimer le pas net alors. OK si on évoque par là le style grunge, Kurt Cobain tout ça, mettons.

Mais globalement mousse sur pierre égale surtout moisi.

Intérêt économique ? Aucune idée de la cote en bourse de la mousse, mais ça doit rarement atteindre des sommets.

Et d'ailleurs à partir d'une certaine altitude, la mousse s'appelle lichen. Non ? Me jetez pas la pierre je n'ai étudié ni la botanique ni la géologie.

Quoique. Pierre et mousse ça peut payer sur une toile de Monet ou Cézanne. Synthèse esthétique et gros cailloux.

 

Bref à mon idée une fois de plus le proverbe ne dit pas ce qu'il veut dire. Il dit autre chose qui est au fond ce qu'il voulait vraiment dire, mais sans le savoir.

C'est comme un lapsus vous suivez ?

Ce qui est normal vu que lapsus signifie glissade.

Et qu'une pierre couverte de mousse, c'est assez casse-gueule, les pratiquants de GR ne me contrediront pas. Ils ajouteront que côté casse-gueule y a aussi la pierre polie par des myriades de promeneurs.

Heureusement qu'en général la pierre elle est ou polie ou moussue. Les deux à la fois c'est moins fréquent.

 

Bref tout ceci pour dire : ce proverbe, il me plaît de l'entendre à l'inverse du dico. Attirant l'attention sur les bienfaits du mouvement, au propre comme au figuré.

Il me plaît de l'interpréter comme un plaidoyer pour le déplacement, l'exploration, la découverte. Une mise en garde contre la sclérose.

L'invitation à se bouger au lieu de moisir dans l'immobilisme.

 

Un exemple de ce que j'avance là ? 

Mick Jagger arpentant la scène, inépuisable en ses sautillements, d'un dynamisme si contagieux. Qui n'aurait envie d'entrer dans sa danse ?

 

 

09:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

30/03/2017

Second souffle

 

« Il n'y a que le premier pas qui coûte. »

 

Peut être, mais on hésite souvent à le faire.

Dans nombre de cas l'on doute.

Une hésitation raisonnable ?

 

D'un côté d'accord : faut pas avoir beaucoup roulé sa bosse pour le savoir, y a pas qu'au premier pas qu'on casque.

La preuve les bébés, regardez-les hésiter, j'y vais j'y vais pas ? Ils anticipent les genoux écorchés et autres patates.

 

La vie, c'est un peu comme l'autoroute.

Vous en connaissez une, vous, où seul le premier kilomètre soit payant ? Sur l'A75, il n'y a qu'un péage, au viaduc de Millau, me direz-vous. Mais on sera d'accord : là ils se remboursent quand même pas trop mal, les actionnaires.

Il est vrai que comme il s'agit d'une entreprise philanthrope et citoyenne, on paye de bon cœur. On a l'impression de faire quelque chose pour la collectivité, genre donner son sang, participer au téléthon …

 

La vie c'est comme l'autoroute, quand on croit que ça roule c'est qu'on se fait rouler.

Non seulement le premier pas, mais le reste de la course est loin d'être gratuit. Beaucoup de pas sont cher payés, et en plus, on n'est pas sûr que le dernier nous rembourse.

Quoi qu'en disent certains trépasser ne mène nulle part.

Et ainsi ce proverbe pose, pour inciter à se lancer dans l'entreprise, une affirmation gratuite qui n'engage que lui, dont la fausseté est vite vérifiée.

 

Oui mais d'un autre côté : a-t-on le choix ?

À l'arrivée on finit par savoir que vivre, c'est accepter de perdre, qu'il n'y a souvent rien à gagner.

La vie c'est juste marche ou crève.

De toutes façons si on reste en stand by on va pas loin. Alors bon. Maintenant qu'on y est.

Marche ou crève, et comme de toutes façons tu crèveras, autant marcher de bon cœur et de bon pied.

Un voyage de mille lieues a commencé par un pas, dit pour sa part Lao Tseu de façon moins marchande. Comme quoi on calomnie beaucoup les Chinois sur ce point.

 

Et pour couper court à toute circonlocution inutile, cantonnons-nous à l'essentiel : que ça coûte ou que ça rapporte, marcher c'est mettre un pas devant l'autre.

Et recommencer.

 

09:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)