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Le blog d'Ariane Beth - Page 4

  • Habilitation

    -Habilitation n.f. 1373 latin médiéval habilitatio. 1DR Action de conférer la capacité à un incapable. 2 Capacité légale à exercer certains pouvoirs, à accomplir certains actes. Habilitation à diriger des recherches (HDR).

    -Géniale, cette définition, Ariane ! Conférer la capacité à un incapable : tu te rends compte ! On pourrait changer le monde avec ça.

    -Oui enfin c'est sur le papier, Blanche, faut pas t'emballer.

    -Et alors sur le papier c'est pas bien ?

    -Je veux dire c'est des mots, et entre les mots et les choses, des fois …

    -Oui mais là on est dans le droit, Ariane, un domaine où les mots ont valeur performative. Tu dis que cela soit, et cela est.

    -En effet mais c'est dans des domaines d'application strictement définis.

    -C'est à dire ?

    -Par exemple ici les notions de capacité ou d'incapacité n'ont pas l'extension que tu leur imagines, Blanche. Je répète c'est juste des mots sur du papier.

    -Tu te rends compte comme c'est vexant pour moi ce que tu dis, là, Ariane ? Juste des mots sur du papier

    -Bon alors dis-moi, à quels incapables tu voudrais conférer une capacité, et capacité à quoi ?

    -Euh ben en fait j'en vois beaucoup. Ceux qui ne sont pas capables d'action, vraiment efficace j'entends.

    -Oui, là ça va faire du monde, du haut en bas de l'échelle sociale ...

    -Après y a ceux qui ne sont pas capables de penser. Une pensée juste, objective et précise j'entends.

    -OK ça fait encore du monde, depuis les piliers de café du Commerce et les complotistes des résasociaux, jusqu'aux prétendus intellectuels, aux ci-devant journalistes. Ensuite ?

    -Ceux qui ne sont pas capables de sentiment, j'entends de prendre en compte ceux d'autrui.

    -Très bien. Tu veux un conseil, Blanche ?

    -Oui je sais Ariane, tu vas me dire la paille la poutre balayer devant sa porte change-toi toi-même pour changer le monde tout ça …

    -Non non je te conseille simplement d'investir dans une baguette magique.

    -Vas-y moque-toi, je sais bien que c'est un travail, mais si on s'y met pas …

    -Mais oui tu as raison, Blanche. Faut s'y mettre. On contacte Sisyphe ?

     

  • Gabarit

    -Gabarit n.m. Gabari 1643 provençal gabarrit, altération de garbi, du gotique garwi « préparation, modèle, galbe ».

    1MAR. Modèle (d'une pièce de construction) établi en vraie grandeur. Gabarit de l'étrave, salle des gabarits dans un arsenal.

    2TECHN. Appareil de mesure pour vérifier forme ou dimensions.

    3COUR. Dimension, forme déterminée ou imposée d'avance. XIX° Forme type voir modèle. Taille, stature. FIG Du même gabarit voir acabit, genre.

    -Merci Blanche. C'est le genre de définition où on en a pour son argent, je trouve.

    -Tout à fait d'accord, Ariane. Déjà l'étymologie bien détaillée …

    -Oui. Quoique. Y a un t un peu baladeur, non ? Il surgit d'un coup, dans le provençal, on se demande bien pourquoi.

    -Petit dialogue au bar de la Marine peut être. Ô gari, té fais voir ung peu le gabari, Mariusse. Le gabari tu veux, Panisse ? Le voilà, vé, ton gabari, té.

    -Par contre, je sais pas toi, Blanche, mais moi je ne dis jamais gabarit pour dire acabit.

    -C'est peut être juste une question d'oreille : gabarit acabit, a a i. Si tu en restes à la mélodie, ça marche.

    -Sinon on aura au moins appris que c'est un terme de marine au départ.

    -Oui enfin au départ : c'est pas très vieux comme mot en fait, Ariane, XVII° s.

    -Un rapport avec les guerres de Loulou Soleil, et la création d'une flotte de choc, tu crois, Blanche ?

    -Ah ouais sûrement. Du coup ça explique peut être le provençal. Tu sais que le Colbert et le Louvois ils ont pris le bois dans les pinèdes de Provence.

    -Et aussi dans celles des Landes il me semble. Pourtant j'ai des doutes sur l'emploi de la langue provençale dans les Landes au Grand Siècle.

    -On devait parler occitan, c'est un peu pareil, non ? Ou alors basque ? gascon, comme Cyrano de ...

    -Oui justement, Blanche, laissons tomber. Ils sont chatouilleux sur le sujet, les uns et les autres. Quoique. Maintenant que tu le dis, Robert nous informe que acabit vient de l'occitan, et à la même époque, milieu XVII°.

    -Ah voilà qui me va bien, Ariane. On termine sur une note cohérente.

    -Ouais ça me va aussi, la cohérence c'est mon gabarit.

    -Pour ça on est du même acabit.

     

  • Fabricant

    -Fabricant, ante. n. 1740 latin fabricans de fabricare. Personne qui fabrique des produits destinés à la vente, ou dirige, possède, l'entreprise qui les fabrique. Voir constructeur, entrepreneur, industriel, manufacturier. Ouais. Je sais pas toi, Blanche, mais je trouve cette définition un peu orientée.

    -Orientée vers où ?

    -Vers ceux qui ne perdent pas le Nord : produits destinés à la vente, dirige possède l'entreprise. On dirait que Robert a pondu sa définition à l'université d'été du MEDEF ou de la CGPME. On peut quand même fabriquer des trucs sans les vendre, non ?

    -Comme nous par exemple tu veux dire, Ariane ? Avec notre petite entreprise destinée à la production de mots gratuits ?

    -Par exemple.

    -Oui d'accord mais dans ce cas-là on parlera de fabricateur, trice. C'est la définition suivante dans la page de Robert. Personne qui fabrique quelque chose, qu'il dit.

    -Sauf que fabricateur ça sonne nettement moins bien, Blanche. Ça évoque le fabriqué, le besogneux. Et pourquoi pas la contrefaçon genre : qu'est-ce qu'ils peuvent bien fabriquer ceux-là avec leur air louche ? D'ailleurs Robert donne comme synonymes falsificateur, faussaire, faux-monnayeur.

    -Sauf que tu triches un peu, Ariane. Tu cites les synonymes péj. Mais il donne d'abord artisan, fabricant.

    -OK mais alors si je résume la pensée de Robert : le fabricant fabrique toujours pour du fric, et le fabricateur ça dépend. Si c'est pour du fric ou autre gain illicite, il se synonymise falsificateur, faussaire, faux-monnayeur. Mais sinon (donc pas pour du fric?) il se synonymise fabricant. Comme celui qui fabrique pour du fric. Va comprendre.

    -C'est vrai que vu comme ça c'est un peu alambiqué comme logique.

    -Ah voilà alambiqué : tu as trouvé le mot, Blanche. Et du coup tu sais quoi, je me demande si Robert n'aurait pas abusé de la définition précédente ...