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  • Charcot (5/5) On abandonna l'habitude du sourire méprisant

    « En étudiant les paralysies hystériques qui surviennent après des traumatismes, il lui vint l'idée de reproduire artificiellement (par l'hypnose) ces paralysies qu'il avait précédemment différenciées avec soin des paralysies organiques (…)

    Par une démonstration sans faille, il parvint à prouver que ces paralysies étaient le résultat de représentations qui dominaient le cerveau dans des moments de disposition particulière.

    Ainsi était pour la première fois élucidé le mécanisme d'un phénomène hystérique, et c'est de ce morceau de la recherche clinique d'une incomparable beauté que partit son propre élève Janet, que partirent Breuer et d'autres (parmi eux un certain Sigmund jeune collègue de Breuer qu'il prit sous son aile) pour jeter les bases d'une théorie de la névrose qui coïncide avec la conception du Moyen Age, une fois remplacé le ''démon'' de l'imagination cléricale par une formule psychologique. »

    (Freud. Article Charcot)

     

    La deuxième partie de l'article, plus technique, se centre sur l'historique de l'élucidation du phénomène hystérique. Freud note la progression à la fois logique et humaine dans la conception, et partant le soin, de cette maladie.

    Au Moyen Age on voit dans ces femmes (hommes plus rarement) des possédées, voire des sorcières. Le progrès scientifique issu des Lumières finit par avoir raison de cette aberration.

    Mais la première conception moderne, obnubilée par un rationalisme matérialiste, fait des hystériques des déficientes neurologiques. C'est l'époque où commence le travail de Charcot.

    Il avait été précédé par le geste libérateur de Pinel qui ôta leurs chaînes aux « insensées », accomplissant ainsi une révolution dans la Révolution :

    « La Salpêtrière qui pendant la Révolution avait vu tant d'horreurs avait bien été aussi le lieu de cette révolution-là, la plus humaine de toutes. »

    Charcot, s'il n'échappe pas entièrement au scientisme, dit Freud, avec sa surestimation de la notion de dégénérescence, accomplit quand même le pas décisif de restituer à l'hystérique sa dignité de sujet.

    « On ne voulait rien croire venant des hystériques. (Grâce au travail de Charcot) on abandonna peu à peu l'habitude du sourire méprisant. (L'hystérique) n'était plus par nécessité une simulatrice, puisque Charcot de toute son autorité répondait de l'authenticité et de l'objectivité des phénomènes hystériques. »

    L'article se termine de manière discrètement triomphaliste. Enfin arrive Freud qui a l'idée de remplacer la notion de dégénérescence par celle de clivage de la conscience. Ce qui ouvre à la conception d'une dynamique à l'œuvre entre le mode conscient du psychisme et son pendant inconscient.

    La psychanalyse allait naître, théorie de la névrose enfin possible une fois remplacé le « démon » de l'imagination cléricale par une formule psychologique.