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28/10/2015

A peu près

Supposons un infime instant qu'il y ait juste un chouïa de micro-possibilité de iota de parcelle d'autre chose qu'une gentille divagation dans les propos freudiens du chapitre 12 de Psychopathologie de la vie quotidienne.

Entre nous et au passage j'adore ce titre. Comme sous les pavés la plage, il fait voir le quotidien d'un tout autre œil. En fait c'est un titre qui pourrait aussi bien servir à un thriller qu'à un recueil de poèmes. Un peu comme le titre Inquiétante étrangeté. Pour celui-là c'est au génie poétique des traducteurs qu'il faut rendre hommage, puisque le titre original se contente de dire sobrement das Unheimliche.

Cela me fait penser à ce que j'ai entendu dire à Colette Roumanoff présentant son livre sur la vie avec son mari malade d'Alzheimer. C'est une vie souvent amusante, où il se passe toujours quelque chose. Sacrément positive, la dame. On comprend la pêche de sa fille Anne. Décidément les chiens ne font pas des chats.

Mais faut croire que la positivité c'est contagieux, car je me suis dit que finalement on pouvait aussi positiver tout pareil sur la névrose qui sans me vanter fait pourtant la vie quotidienne salement inquiétante et grave psychopatatesque. Imaginons quelqu'un qui soit obsessionnel phobique avec une lichette de paranoïa (oui bon j'ai bien le droit de dire imaginons pour détourner les soupçons, non?) eh bien en fait c'est pas faux, pour lui il se passe toujours quelque chose. Bon OK c'est pas toujours ce qu'il voudrait, mais faut pas être trop exigeant non plus.

 Bref tout ceci pour dire que si je suis Freud (du verbe suivre, je suis pas complètement mégalo quand même), il se peut que 89710524613, c'est à dire le chiffre qui s'est écrit au fil de mes dernières notes selon le déroulement improvisé d'associations non calculées, ne me soit pas venu tout à fait par hasard. Après tout mon inconscient est pas plus con qu'un autre, et capable, comme celui de Freud ou n'importe qui Onfray inclus, de processus intellectuels très compliqués.

89710524613 me délivre donc un message en provenance directe quoique labyrinthique de mon inconscient. Oui mais lequel ? Il va falloir interpréter. Comment interprète-t-on en Freudiland ? Contrairement à ce qu'on croit souvent, il n'existe pas de clés, de passes plus exactement, qui ouvriraient toutes les portes. Pas de symboles fourre-tout ou de chemin balisé, pas de découpage suivant les pointillés.

L'interprétation est quelque chose qu'on se donne. Une manière d'utiliser les matériaux glanés pour se construire un lieu d'être dans un ici et maintenant. Celui exactement dont on a besoin à ce moment pour continuer le chemin, pour durer, ne pas renoncer. L'interprétation interprète le désir comme le comédien un rôle : pour l'incarner, le « performer ».

Bref sur 89710524613 comme sur n'importe quoi d'autre, je ne peux avoir aucune certitude absolue. Il se peut juste que je puisse lui faire dire quelque chose qui me convienne, ou à peu près.

Mais ça je le dirai à personne, c'est juste entre moi et moi.

17:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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