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11/02/2017

A l'humilitif

 

« Une impertinence particulièrement risible des critiques, c'est que, comme les rois, ils disent : nous. Or ce n'est pas seulement au singulier, mais au diminutif, à l'humilitif même, qu'ils devraient parler.

Ainsi par exemple : 'Ma chétive petite personne, ma lâche astuce, mon incompétence déguisée, ma vile gueuserie' etc.

C'est de cette façon qu'il convient de parler à des filous déguisés, à ces serpents qui sifflent hors du trou sombre d'une feuille de chou littéraire, et à l'industrie desquels il faut enfin imposer un terme. »

Schopenhauer (Parerga et paralipomena)

 

C'est pour de telles phrases que lire Schopenhauer peut être vraiment jubilatoire. Une belle cure de catharsis. 

Allez, Arthur, je t'enrôle dans ma FAM (Force Anti Morosité), bataillon SHI (Style Humour Intelligence).

Schopenhauer pense ici à ceux qui sont incapables de comprendre sa philosophie. Conformistes par intérêt et par incapacité de penser et parler en première personne, de façon autonome. 

La pertinence du propos est tout aussi évidente pour l'édition (spécial dédicace à mon ci-devant éditeur - y avait longtemps que ça me démangeait le clavier. Merci Arthur).

Et pour la critique littéraire, la critique artistique en général. Que de stupidités crasses entend-on, lit-on, sur un livre, un film, une expo.

Bref qu'est-ce qu'un critique compétent ? Un oxymore.  Voilà, ça c'est fait.

 

 

Oui je sais ce que va dire mon lecteur (qui est forcément compétent, subtil, intelligent, lui : puisqu'il me lit).

« Ne scies-tu pas d'une main la branche à laquelle tu t'accroches de l'autre, ma vieille Ariane ? (Belle prouesse acrobatique au demeurant) Tes balivernes ici-même sont-elles autre chose qu'une forme de lecture critique ? »

OK je plaide coupable. Mais à l'humilitif. Car pour ma défense :

1)je pratique la critique sous forme aussi informelle que possible, et totalement gratuite (ce qui réduit la gravité du délit il me semble, y en a qui pourraient en prendre de la graine, hein ?)

2)je ne m'attaque qu'aux morts.

Mais non : pas parce qu'ils ne sont plus là pour me répondre !

Au contraire quel plaisir ce serait de polémiquer pour de bon avec Schopenhauer, conférer en live avec Montaigne, me faire une toile avec Spinoza, ou rencontrer Freud à un coin de rêve !

À défaut, je me serai toujours amusée à parler avec eux comme Schopenhauer parle à sa poupée.

 

 

08:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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