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17/06/2017

Sull'aria

 

« Par une nuit où la lune brille sur la neige, on se sent soi aussi transparent. Par un jour où souffle une brise printanière on sent son esprit vibrer à l'unisson. »

Hong Zicheng (Propos sur la racine des légumes II,93)

 

Le jour où il a écrit ces mots, nul doute qu'il y était, Hong, dans l'œil unique du monde.

Des mots qui disent de si belle façon l'exultation de se sentir relié. (Revoilà cette histoire de liaison libidinale). Un état où vous atteint dans toute son évidence l'absence de solution de continuité entre le monde perçu et soi qui perçoit : regarder par l'œil unique du monde, et ce faisant le devenir aussi soi-même.

 

« Écouter avec un cœur paisible le bruit du vent dans un bois de pins ou le murmure d'un ruisseau sur les pierres, c'est connaître la merveilleuse musique de l'univers. » (II, 64)

Dans la peinture chinoise le bois de pins est souvent présent. Il y a entre autres un tableau d'un dénommé Ma Lin (XIII°siècle) qui s'intitule En écoutant le vent dans les pins.

(Ne vous étonnez pas, lecteurs, de cette référence pointue, elle vient d'un livre sur la peinture chinoise offert par une amie - il y a des éternités … Mais le temps compte-t-il dans l'œil unique du monde ?)

Le vent dans les pins est également célébré en long en large et en travers dans nombre de haïkus (après la Chine le Japon).

C'est vrai que le mouvement et le bruissement du vent dans les arbres (pins ou autres, dans ma rue y a un tilleul je ne vous dis que ça) a quelque chose d'apaisant et dynamisant à la fois.

Il est porteur de souffle. Au sens concret, faisant respirer large. Au sens abstrait, revigorant l'esprit et la pensée.

 

Et puis les phrases d'Hong nous disent aussi que l'œil unique du monde est tout autant une oreille.

Ajoutons à ce propos que la merveilleuse musique de l'univers à l'unisson de laquelle on vibre, elle est dans la nature bien sûr, mais aussi dans certaines œuvres d'art, celles qui se sont créées dans l'œil unique du monde.

Exemple entre mille : au 3° acte des Noces de Figaro la comtesse, sachant que son mari drague Suzanne sa camériste, dicte à celle-ci une lettre de rendez-vous pour le volage. (Il s'agit bien sûr d'un plan pour le confondre mais c'est une autre histoire).

Où donc le rendez-vous ? Sotto i pini, sous les pins. (Si c'est pas raccord ça).

Canzonetta sull'aria … commence la comtesse, et s'ensuit un duo à se mettre à genoux devant tant de grâce, de légèreté, de souffle et d'esprit.

 

Car la merveilleuse musique de l'univers, s'il y en a un qui s'y entend, c'est bien Mozart.

 

 

08:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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