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25/07/2017

L'envie ou la vie (10/13)

Envie du latin invidia : jalousie, désir. Pas besoin d’acrobatie étymologique pour rapprocher invidia et invidere de videre : voir.

Ce qui ne manque pas de nous rappeler, outre toutes les histoires de mauvais oeil, l’angle mort de la vision divine provoquant l'inconfort existentiel de Caïn. (cf Genèse 4 et ce que j'en disais en lisant Zarathoustra 13-17/03/15).

 

« 1) Sentiment de tristesse, d’irritation et de haine envers qui possède un bien que l’on n’a pas. 

2) Désir de jouir d’un avantage, d’un plaisir égal à celui d’autrui. »

dit Robert

Le 2) n'est pas nécessairement dommageable. On peut en effet vouloir un bien au même titre que l’autre. Il n'y a pas de raison que ça se passe mal, du moins quand il n’y a pas pénurie.

Car en situation de pénurie, quand il n’y a pas de quoi pour tous, il est logique de passer du désir normal d'égalité à l'envie envers l’accapareur (ou supposé tel).

Alors vient la question du sens, de la justification ou pas de l'inégalité.

C’est pourquoi, comme l’a remarqué Platon et d’autres à sa suite, la question de l'envie est indissociable de la démocratie. Raison pour laquelle il rejetait la démocratie, forcément nuisible à la stabilité sociale.

Et clairement posa qu'il fallait que certains soient « plus égaux » que les autres. Dans son idée les aristocrates le méritaient étant les meilleurs (aristos = le meilleur).

Une tautologie, preuve de plus que Platon est ou bien de mauvaise foi ou bien dans le déni de la réalité. Ou les deux. (Mais qui suis-je pour débiner Platon?)

 

L’accaparement noue un lien solide entre avarice et envie. L’avarice implique l’envie. Ceux qui amassent en Suisses, ou dans les banques suisses, enfin je veux dire dans leur coin, font de l’ombre aux autres qui en prennent forcément ombrage.

Et l’envie peut aussi impliquer l’avarice : accumuler l’avoir pour soi, c’est se prémunir contre le risque que l’autre ait davantage que soi, donc contre le risque de l’envier. Imparable, non ?

Logique statique, logique pétrifiante.

Car quel est l'antidote au poison de l'envie ? Choisir la vie qui est mouvement, ouverture vers l'avenir.

 

Telle est la leçon du jugement de Salomon (1er livre Rois chap 3  v.16-28 je reprends ici ce que j'en disais sur un exemple politique le 30 avril dernier).

Deux femmes se disputent le même enfant. Au départ chacune avait le sien, mais l'un des deux est mort. Salomon dit : coupez-l'enfant en deux, chacune sa part et basta.

L'envieuse, qui veut juste que l'autre n'ait pas ce qu'elle n'a pas (car l'enfant mort est le sien en fait) dit OK.

Mais l'autre dit : donnez-le à cette femme, qu'il vive !

 

09:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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