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Tu peux le faire

« Si quelque chose t'est difficile, n'en déduis pas que c'est impossible à l'homme mais, en revanche, si quelque chose est possible et familier à l'homme, considère que tu peux le faire toi aussi. »

(Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même VI,19)

 

La deuxième partie de la phrase se veut positive. Cependant remarquons que si elle s'entend pour le meilleur, elle s'entend aussi pour le pire. Que de choses familières à l'homme sont des horreurs, des cruautés, des infamies, ou simplement des petitesses, des vulgarités que nous minimisons d'autant plus qu'autrui ne les verra pas.

Les premières, les horreurs, mettons qu'un être humain né dans un contexte à peu près normal et civilisé arrive à les éviter (du moins en leur forme paroxystique).

Mais les secondes, les petitesses, il faut avouer qu'elles nous tentent tous un jour ou l'autre. « Bah, tant d'autres le font, je peux bien le faire aussi. »

 

N'en déduis pas que c'est impossible à l'homme, voilà qui évoque le mot magnifique de Mark Twain « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait ».

Là on peut affirmer avec une quasi-certitude que ce que nous trouvons difficile sera plutôt du côté du bien.

« Notre zèle fait merveilles, quand il va secondant notre pente vers la haine, la cruauté, l'ambition, l'avarice, la trahison, la rébellion. À contrepoil, vers la bonté, la bénignité, la modération, il ne va ni de pied ni d'aile. »

(Montaigne Essais II,12 Apologie de R.Sebon)*

Ni de pied ni d'aile, soit. Mais bon, à la nage, à la rame, on peut toujours essayer ...

 

*cf 17-04 Ukase et Karénine. (Phrase tellement vraie et si bien écrite que je ne m'en lasse pas).

 

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