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22/02/2013

Chapitre 10 ( les meilleures choses ...)

 

 

Chapitre 10 : Au fait, comment va la guerre ?

 

Si vies pas s'aiment ...

Friedrich Nicht : Généalogie de l'Amoral

 

  • La guerre ? Là, maintenant au dernier chapitre ? Tu es sûre que ça s'impose, pour finir ? Tu recrutes pour le club des lecteurs maso ou quoi ?

  • Je sais pas tout à coup j'ai eu une prise de conscience : on peut pas faire l'impasse sur la guerre si on veut rester dans la vraie vie même qu'on déménage. Globalement la vraie vie c'est quand même un peu la guerre pour beaucoup de vrais gens, non ? Mali, RDC, Mexique, Syrie, Israël-Palestine, Afghanistan, déjà ça fait du monde, et c'est juste la partie émergée de l'iceberg. Parce que t'as un paquet de guerres hyper discrètes mais largement aussi efficaces. Et tous ces gens qui guerroient ou sont guerroyés, moi je me sens pas de les ignorer, voilà. C'est une question de conscience politique, humaine, spinoz ...

  • Bon, bon, c'est bien. Mais est-ce le lieu ? Le premier devoir de conscience n'est-il pas, pour un auteur, de s'en tenir au sujet qu'il s'est proposé ? Or là tu es censée traiter du déménagement. Donc si tu entres dans la guerre, tu contractes un engagement moral envers ton lecteur : lui prouver le rapport entre guerre et déménagement. Et après libre à toi d'aborder toutes les guerres que tu voudras.

  • Ça marche !

 

Alors. Nous disons donc le rapport entre guerre et déménagement. Attendez, je cherche le dossier … Ah voilà : ouh là, il est pas guère épais ! (Bon écoutez une bonne fois pour toutes je le confesse j'aime les calembours puérils, d'accord c'est mon côté cour de récré. Mais attention pas de celles où on joue à pan t'es mort. Curieusement ça m'éclate moins). Alors « les spécialistes blabla sources concordantes blabla n'ont pas tranché la question de la proportion exacte des guerres qui ont eu pour cause un déménagement. Mais ils s'accordent sur un fait, rares sont celles qui n'ont pas eu pour conséquence de nombreux déménagements ». D'accord avec les spécialistes concordants. Qui dit guerre dit et vas-y que je t'exile, que je t'exode, te déporte, te bannisse, te colonise, te replie, t'évacue, te réfugie … Pour déménager, ça déménage.

De notre côté nous avions conclu peut être hâtivement, au chapitre 6, qu'un déménageur est rarement serial killer. Certes quelqu'un qui est déménageur, au départ, a peu de chance de devenir, ensuite, serial killer, comme nous l'avons démontré. Mais nous avons négligé d'examiner la réciproque, à savoir : peut-il arriver que quelqu'un qui s'est déjà lancé dans le serialkillisme en vienne à embrasser ensuite la profession de déménageur ? C'est en répondant à cette question que nous arriverons à celle de la guerre.

  • OK mais comment ?

  • Comment ?

  • De quelle façon tu t'y prends pour traiter la question ?

 

Oui. C'est cela. De quelle façon. Voilà qui risque de créer quelques tensions sur la zone frontière entre le sens commun et la logique. Bon, je crains de n'avoir plus le choix, c'est le moment où jamais de sortir la grande artillerie. On va y aller more geometrico, les gars, je vois que ça. Ça tombe bien on a the spécialiste de la question dans notre think tank, j'ai nommé Spinoza.

  • Non sans blague ! On va encore s'embarquer Dieu sait où ...

  • Pas de panique. Tu vois ce que ça veut dire more geom ...

  • Ben oui, quand même, je suis pas complètement naze : c'est utiliser une méthode mathématique de raisonnement.

  • Et qui dit mathématique dit … ?

  • Dans mon cas, pas mal de zéros, des profs barbants ou sadiques ou les deux …

  • Dit : la Mathématique, laquelle s'occupe non des fins mais seulement des essences et propriétés des figures, pour montrer aux hommes une autre norme de la vérité. C'est dans l'Appendice de Dieu. Fais pas cette tête, c'est la fin de la partie 1 qui cause de Dieu si tu préfères. Une autre norme de la vérité ... Trop génial ce côté rock and roll de l’Éthique ! Juste t'essaies voir si on pourrait jouer la partoche autrement. Et hop, tout se met à swinguer, la religion, la philo, la science. T'arrêtes de te prendre la tête, au lieu de stresser genre qui suis-je où vais-je dans quel état j'erre et qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour être si con, juste tu t'en balances et tout ce que tu cherches c'est bouger en rythme, enchaîner les pas : et je considérerai les actions et appétits humains comme s'il était question de lignes, de plans ou de corps.

  • Et si tu te prends les pieds dans le tapis ? Y a des lignes brisées, des plans sécants, des corps en interactions …

  • T'inquiète ! Tu laisses s'installer le groove, une étape après l'autre, pas toutes évidemment, mais seulement celles qui peuvent nous conduire comme par la main à la connaissance de l'esprit humain et de sa suprême béatitude. J'adore trop comme par la main, t'as envie de lui dire OK on se lâche pas on danse jusqu'au bout de la nuit !

  • Ben dis donc il te fait presque autant d'effet que ton Chéri Bobi …

  • Euh bon bref tout ça pour dire que le more geometrico, en pratique j'ai vu comment il quadrille le terrain. Il balise avec une ou deux définitions, quelques axiomes, genre je dessine les figures comme je veux. Après y a plus qu'à déduire des propositions qui sont déjà là mais qu'on voyait pas, genre le lapin qu'on sort du chapeau comme on a fait à notre chapitre 2. Un ou deux scolies pour avoir l'air d'expliquer, et hop roule ma poule. Tu veux un petit extrait histoire de visualiser, quelques petits coups de sonde dans le début de la partie 2, par exemple ?

  • Je dis pas non, ça doit se manger sans faim …

 

Définition 1 : Par corps, j'entends une manière qui exprime de manière précise et déterminée l'essence de Dieu en tant qu'on le considère comme chose étendue (voir coroll prop25 partie1). Là tu sens le mec qui sait où il va, qui s'est affiché au coin de l'écran le post it avec son plan.

 

Axiome 1 : Tous les corps sont soit en mouvement soit au repos. Là tu dis oui d'accord, mais bon, ça fait avancer le schmilblic ?

Axiome 2 : Chaque corps se meut tantôt plus lentement, tantôt plus rapidement. Là tu dis ça dépend, non ? Mais comme il a l'air sûr de lui, tu suis. Surtout que si commences à tout discuter, t'es pas rendu.

 

Lemme 1 : Les corps se distinguent entre eux sous le rapport du mouvement et du repos, de la vitesse et de la lenteur, et non sous le rapport de la substance. Et là, tu dis OK je vois où tu voulais en venir mon pote. Sauf, ajoutes-tu, que c'est une affirmation gratuite. Mais alors tu vois qu'il faut pas le chercher, parce qu'il enchaîne :

 

Démonstration. Je suppose que la première partie va de soi. Mettons. Et que les corps ne se distinguent pas sous le rapport de la substance, cela est évident tant à partir de la prop5 que de la prop8 partie 1. Mais c'est encore plus clair à partir de ce qu'on a dit dans le scol prop15 partie 1. Et là tu te dis de deux choses l'une : ou il se fout de ta gueule et il dit n'importe quoi ; ou il te reproche implicitement de pas suivre assez attentivement. Alors ou tu laisses tout tomber, ou tu fais demi-tour dès que possible et tu retournes à la prop5 voir si t'aurais pas raté un embranchement.

 

  • Voilà les gars, z'êtes briefés, c'est ça le more geometrico. Got it ?

  • Chef ! Affirmatif Chef !

  • Soldat Ariane ?

  • Chef ! A vos ordres Chef !

  • Quelle est notre mission ?

  • Notre mission est de vérifier l'identité du déménageur et du serial killer, Chef !

  • Bien. Les gars ! Si t'es pas un vrai bourricot …

  • T'es more geometrico !

  • Quand t'en as dans le haricot …

  • T'es more geometrico !

  • OK, les gars, go !

 

Définition 1 : Un fauteur de guerre est quelqu'un qui culpabilise de faire l'amour mais pas de faire la guerre.

Axiome 1 : Une guerre est le fait d'au moins deux fauteurs de guerre.

Scolie : Pour la guerre, comme pour l'amour, il faut, en rigueur de termes, être deux. Quand on est seul à s'aimer on parlera plutôt de narcissisme. Quand on se fait la guerre tout seul c'est un suicide.

Définition 2 : Un serial killer est l'auteur de plus d'un meurtre.

Scolie : « Plus d'un » signifie au moins deux, et plus si affinités.

 

Théorème 1: Le comportement du serial killer se caractérise par la recherche d'affinités potentielles entre ses victimes putatives, dans le but d'élaborer sa série de killés.

Démonstration : Elle est évidente à partir du scolie de l'axiome 1 et de la définition 2.

Axiome 2 : Le désir de tout serial killer est de s'efforcer de serialkiller un max.

Scolie 1: Un max ne présume aucunement du prénom de ses victimes, mais signifie « autant qu'il lui est possible ».

Scolie 2 : Ah au fait pendant que j'y suis, au lieu de récrire sans cesse le mot en entier, je désignerai désormais le serial killer par le mot skill.

 

Lemme 1 : En serialkillant un max, le skill épuise vite son stock de meurtres de proximité.

Scolie 1 : J'entends meurtres de proximité au sens propre, en parlant donc d'espace. Les meurtres de proximité sont ceux que mène à bien le skill dans son quartier, sa ville etc.

Scolie 2 : Je pourrais également considérer la proximité au sens figuré, c'est à dire des personnes proches. Mais non, je vais pas le faire. Car qui dit personnes proches dit lien affectif, positif ou négatif. Or l'affect positif, c'est pas trop le style du skill. Mais à vrai dire le négatif non plus. Il fait dans le non-affect, ainsi que l'affirment les spécialistes de la question, et ma foi pourquoi ne pas les croire ?

Lemme 2 : Le stock de meurtres de proximité une fois épuisé, le skill reste contraint par sa pulsion meurtrière (cf axiome 2) à poursuivre sa série.

 

Théorème 2 : L'activité du skill le conduit à étendre son champ d'action meurtrière, étant donné la nécessité de compléter sa série.

Démonstration : Elle est évidente à partir de l'axiome 2 et du lemme 1.

Corollaire : La mesure d'extension du champ est proportionnelle au nombre de killés que se fixe le skill pour sa série.

 

Théorème 3 : Au-delà d'un certain seuil dit critique, le nombre fixé pour la série conduira le skill à déménager.

Démonstration : Évidente à partir du théorème 2 et son corollaire.

Scolie 1 : Le seuil critique est très variable, dépendant du rapport du skill aux chiffres, de sa vitesse de déplacement etc. Il ne peut donc être appréhendé facilement. Je parle du nombre.

Scolie 2 : Mais c'est vrai qu'on peut le dire aussi du skill. C'est ce que dit la police et je veux bien la croire.

 

Théorème 4 : Tout skill est un déménageur en puissance.

Démonstration : Évidente à partir du théorème 3 et de l'axiome 2.

 

Lemme : Tout skill est un loup solitaire.

Démonstration : D'après le scolie 2 du lemme 1 théorème 1, les skills sont déconnectés de l'affectif, le genre humain n'est pas leur genre. Et ainsi le skill est un loup pour l'homme. Ce qui était le premier point. Deuxième point, plus un skill persévère dans son être, plus il skille, par conséquent plus il réduit le nombre potentiel de personnes aptes à lui tenir compagnie, plus par conséquent il est solitaire.

Corollaire : Le skill n'aime pas se faire aider et tente de se débrouiller tout seul.

Scolie : Un loup-pour-l'homme fait rarement confiance aux autres loups-pour-l'homme, comme il est assez visible dans les situations de compétition dont les exemples abondent, style les paranoïaques des salles de Marché.

 

Proposition 1 : Pour déménager le skill se fait lui-même déménageur, ainsi qu'il se déduit du théorème 4 et du corollaire du lemme adjoint.

Proposition 2 : La multiplication des meurtres nourrit celle des déménagements, qui nourrit à son tour celle des meurtres, et ainsi de suite, d'où un accroissement exponentiel du nombre des killés.

Proposition 3 : Très beaucoup de killés sur le plus d'espace possible ça s'appelle une jolie guerre. Et ainsi tout fauteur de guerre est assimilable à un serial killer qui lui-même est par le fait déménageur.

Et voilà le travail. Enfin, je veux dire CQFD.

 

  • Alors, qu'est-ce que t'en penses ? On tient le bon bout, non ?

  • Euh … C'est pas un chouïa comment dire, euh abstrait ? T'as pas peur de traumatiser les derniers lecteurs qui ont tenu jusqu'ici ? Les pauvres, si près de la quille, leur faire ça … Tu as prévu la cellule d'écoute psychologique ?

  • Ah voilà je l'attendais celle-là !

  • Je plaisante ! Je voulais dire que tes lecteurs, si ça se trouve, ils ont juste envie de se détendre un moment. Et puis, comment dire, il y a une sorte de désinvolture …

  • Désinvolture ?

  • Oui le fond de ma pensée pour tout dire c'est que ça frise la manipulation. Bon tu es l'auteur OK tu fais ce que tu veux. Mais les autocrates manipulateurs finissent mal en général.

  • Quoi !!! Attends, j'ai pas bien compris, c'est à moi que tu parles ? You're talking to me ? You're trayeting me d'autocrayette ? C'est pas à mon âge qu'on commence une carrière de dictatrice, figure-toi.

  • Oui, enfin, excuse-moi, on est obligé de s'étonner : pour quelqu'un qui se pique d'éthique, infliger au lecteur un traitement aussi …

  • Quoi, piquée ? Vas-y, dis-moi que je délire, tant que t'y es !

  • Non, je disais piquée … d'éthique, faut pas prendre la ...

  • Vaut mieux être piquée d'éthique que pas piquée des vers, et toc !

  • Mais oui, mais oui. Je voulais juste dire que passer comme ça du coq à l'âne sans crier guerre, euh gare, c'était pas raccord raccord avec ta DT. En fait tu as bien manœuvré pour dénoncer unilatéralement le traité en cours et le remplacer par un autre ...

  • Et tu vas faire quoi, rappeler ton ambassadeur pour consultation ?

     

Oui je sais cette dernière phrase n'était pas très gentille, mais les négociations bilatérales vous savez ce que c'est. Je vous passe le détail des échanges, l'essentiel est que nous ayons abouti à un compromis acceptable pour toutes les parties.

  • Voyons … Et si tu donnais un ou deux petits exemples de guerres, histoire que les lecteurs aient un truc pour se raccrocher ?

     

Des exemples. OK. C'est pas ce qui manque. J'en tire un du tas au hasard. « Deuxième guerre mondiale ». Bonne pioche, ma foi. Guerre globalement initiée par un serial killer nommé Hitler. Voilà un skill qui a commencé par bien rentabiliser ce qu'il avait sous la main comme possibilité de séries de proximité en Allemagne. Démocrates résistants, handicapés etc. Et bien sûr il a entamé sa série fétiche. Série, soit dit en passant, qui est une convaincante illustration de notre théorème 1 ci-dessus. Franchement l'antisémitisme c'est d'enfer pour un serial killer. Logiquement sévir en Allemagne ne pouvait lui suffire (cf théorème 2) il cherché plus de Lebensraum et ce qui s'ensuit (cf théorème 3). Et ensuite forcément on tombe sur nos propositions 1 et 2. D'où un paquet de déménagements pour plein de gens et pas toujours dans de bonnes conditions, d'où un nombre correspondant d'incendies, et tant de feus consumés dans la terrifiante abjection des fours crématoires ...

Euh finalement je suis pas sûre que ce dernier chapitre sur la guerre soit une bonne idée, je crains d'avoir cassé l'ambiance. Peut être puis-je rattraper le coup en mentionnant les magnifiques feux d'artifice qui vinrent conclure les festivités début août 45 ?

 

  • Non, arrête ! Finir comme ça, c'est juste pas possible ! T'as pas plutôt une petite chose sympa, histoire de rasséréner ton lecteur avant de le démobiliser et le renvoyer à ses foyers ?

  • Une chose sympa ? Pas de problème. Une petite phrase genre pêchue et zen à la fois par exemple ?

  • Voilà ! Exactement ce qu'il nous faut ! C'est quoi ?

  • Montaigne, forcément. Il a une phrase fabuleuse sur …

  • T'as pas autre chose ?

  • De mieux, non, j'ai pas, c'est comme ça.

  • Bon tant pis. De toutes façons au point où on en est. Vas-y, balance-le nous ton Montaigne.

 

Et certes la guerre a naturellement beaucoup de privilèges raisonnables au préjudice de la raison. (Essais I,6 L'heure des parlements dangereuse = le moment craignos des négociations). Phrase choc et chic. Aphorisme imparable de logique et humour pince sans rire. Monsieur des Essais, quoi.

Sûr que le mec qui vous braque il a comme qui dirait un argument massue raisonnable, c'est à dire dont un rapide calcul vous apprend qu'il est en sa faveur. Et alors devant la massue, la machette, le cocktail Molotov, la kalachnikov, le missile, le fissile, reste plus qu'à penser avec ses tripes. Bien naturel, c'est le mot.

 

Dans le genre tuerie décomplexée, les guerres de religion, faut dire, c'était d'un bon niveau. Certes en ce temps-là ils étaient pas encore à fond dans l'explosif en free lance comme n'importe quel attentiste suicidaire de nos jours, si bien que le rapport sur investissement n'était pas si bon. Mettons cependant à leur actif les excellentes percées réalisées sur les marchés d'Amérique latine, à peine émergents à l'époque. On comprend que Montaigne ait essayé de signaler que c'était pas le meilleur plan de se skiller mutuellement au nom du king, du pape, de Luther ou de Dieu sait qui. De faire remarquer que le débat sur la religion se faisait quelque peu au préjudice de la raison. A vrai dire, depuis … C'est un domaine où la lucidité et la bonne foi ne font guère recette. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais tout ça commence à bien me foutre les boules. Sale temps pour les Lumières. En parlant de boules, le bon vieux Marx il avait pas tout à fait tort : la religion c'est l'opium du peuple. Ça l'aurait bien fait marrer, je pense, de constater qu'en plus y a des coins, style Afghanistan, où l'opium est bel et bien le nerf de la guerre.

 

Côté économie puisqu'on en parle, ça roule gentiment. Globalement on a trouvé la vitesse de croiseur et de sous marin nucléaire. Décidément oui, il y a plein de privilèges raisonnables à mettre à l'actif de la guerre. Santé de fer des industries d'armement, sans compter les sous-traitants. Quant aux dégâts matériels, les guerres actuelles font rarement moins bien en termes de rentabilité qu'un séisme disons 5 ou 6 sur l'échelle de Richter. Très bon pour le secteur du bâtiment qui quand il va tout va. Sans compter les dégâts collatéraux en matériel humain, morts, blessés, traumatisés, toujours bon à prendre pour faire grimper le PIB mondial.

 

Il convient donc d'acquiescer sans flottement d'âme à la sagesse des nations : Si vis pacem para bellum. Charmant proverbe qui reste bien attesté en deçà comme au-delà du Rubicon. De nos jours la traduction généralement adoptée à l'heure craignos des négociations est « processus de paix ». Formule présentant l'avantage d'offrir un côté plus vendeur, avec juste la touche humoristique qu'il faut. Le processus de paix est toujours au point mort. Le processus de guerre entre dans le vif du sujet. Toutes ces luttes tribales ou intestines, ces étripages fratricides, cette connerie suicidaire depuis la nuit des temps. La connerie suicidaire, en voilà une énergie renouvelable d'un fabuleux rendement en termes de gaspillage de bonheur et de corps vivants ! Comment va la guerre ? On fait aller, Dieu merci, on rafle un max de parts de marché à l'entreprise concurrente, le machin, là, oui c'est ça : l'humanisme.

 

Voilà, je voulais dire tout ça dans ce dernier chapitre et je vois pas bien qui aurait pu m'en empêcher. A part ça, j'ai peur de devoir écrire une conclusion, c'est le genre de truc sur lequel un traité philosophique digne de ce nom ne fait pas l'impasse.

 

Conclusion

 

Au regard de tant de déménagements de si grande envergure et de si déterminante conséquence pour l'humanité, le nôtre fut si peu remarquable qu'on pourrait se demander s'il valait la peine d'en faire l'objet d'un traité philosophique.

J'ai ma réponse.

 

Qui ne voit que j'ai pris une route par laquelle, sans cesse et sans travail, j'irai autant qu'il y aura d'encre et de papier au monde ? (Et d'électricité nucléaire pour brancher l'ordi avant l'accident majeur impossible au pays des centrales les plus cartésiennes du monde). Je ne puis tenir registre de ma vie par mes actions : fortune les met trop bas (en ce qui me concerne je sais pas si c'est la fortune ou si c'est plutôt moi, mais le fait est là, pas grand chose à inscrire au registre) ; je le tiens par mes fantaisies. (…) Il semble que ce soit la saison des choses vaines quand les dommageables nous pressent (Oui la saison d'échapper juste un instant au temps lourd et oppressant, et contre la connerie suicidaire se donner un peu d'air et de légèreté). En un temps où le méchamment faire est si commun, de ne faire qu'inutilement il est comme louable.

(Essais III, 8 De la vanité)

 

 

 

17:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Etant novice , je souhaite prendre le train en marche mais comme je ne sais pas comment fonctionne un blog, je suis tombée sur la mention"commentaires fermés" ce qui est très frustrant car je voulais mettre mon grain de sel dans le chapitre 4" Fukushima mon amour"dont j'ai apprécié l'humour sans rien comprendre à la problématique; en effet j'ai raté le début. Que vient faire cet homme japonais illettré dans cette histoire de déménagement?
L'image du LABYRINTHE me semble convenir au lecteur non averti mettant les pieds dans un blog sans savoir ni où ni pourquoi ni comment; le fil d'Ariane serait bien utile...En tout cas, les réflexions sur le cerveau masculin et le cerveau féminin m'ont paru désopilantes ; si c'était aussi simple!....Et que fait-on quand on est transsexuel? That is the question.
J'ai conscience d'avoir mis le souk dans un chapitre qui n'a rien à voir avec celui que j'ai lu mais c'est ce qui fait la surprise du blog, non??

Écrit par : Schaller | 24/02/2013

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