Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/05/2015

"La pensée le troublait"

Freud commence son article sous la forme d'une anecdote, comme on en raconte autour d'un repas entre amis, dans le cours sinueux de la conversation (qui selon l'arrosage du repas sinue plus ou moins).

« Il y a quelque temps, je faisais en compagnie d'un ami taciturne et d'un jeune poète, d'une notoriété déjà reconnue, une promenade à travers un paysage d'été en fleurs. »

 

1) L'expression paysage d'été en fleurs m'accroche, je ne sais pourquoi. On dirait un titre de tableau plus qu'une description directe.

2) Ami taciturne. Pourquoi signaler ce taciturnisme ? Pour le contraste avec le jeune poète, par profession peu inhibé à se répandre, surtout s'il fait dans la goethitude et le lyrisme néo-romantique ? Ou bien par taciturne Freud laisse-t-il plutôt entendre déprimé voire mélancolique pour ne pas dire saturnien (on ne devient pas ami de Freud par hasard).

3) Pourquoi poète déjà reconnu ? Il est clairement en pleine crise aquaboniste (décidément c'était pas l'ambiance cette balade, heureusement que Sigmund, lui, est un sacré boute-en-train), donc Freud tient à préciser qu'il ne s'agit pas là d'une amertume de loser comme il s'en rencontre chez les plumitifs de tout poil.

 

En effet le poète admire la beauté de la campagne, l'herbe, les fleurs, mais n'arrive pas à en profiter car la pensée le troublait que tout ça ne dure pas. Genre ça m'intéresse pas d'aller voir le film vu qu'on m'a déjà raconté la fin 

« Tout ce qu'il aurait sans cela aimé et admiré, lui semblait dévalorisé par la destinée à laquelle cela était promis, l'éphémère destinée. » (Nous y voilà).

Je parie qu'à ce moment Freud a dû regretter de n'avoir pas plutôt cherché un quatrième (le plus cool et le moins poop possible) pour faire un bridge. Quoique. Si le saturnien taciturne se retrouvait à être le mort ?

 

Bref en rentrant chez lui, il a un vieux besoin de se changer les idées, de se détendre avec un bon bouquin pas prise de tête. C'est pourquoi tout naturellement il se met à feuilleter Faust. « Anna, Liebchen, dis-moi un chiffre s'il te plaît – Ja, Vati : 1204 ! - 1204 ? Étonnant ... mmmhh alors : 12, ça te fait penser à quoi ? Et 12 divisé par 4 ? Euh … non laisse tomber. Alors 1202, 1203, 1204 voilà : 'Tout éphémère n'est qu'une parabole.' Ach ...Mais ça ne veut rien dire, c'est bien simple on dirait du Lacan ! »

 

Et puis comme finalement rien n'amusait autant Freud que l'analyse de ce qui trouble les pensées (sauf peut être l'analyse des pensées troubles), il s'est mis à l'article que nous résumerons la prochaine fois. (A suivre)

 

08:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.