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17/01/2016

Quoique

 

Résolution n°8 : Arrêter de dire lampion une fois par jour.

Je crois que c'est plus raisonnable, ce sera mieux pour tout le monde. Autant prendre l'initiative de la rupture plutôt que laisser les choses s'effilocher. Je ne suis pas capable de tenir une résolution aussi exigeante, vous avez vu la dernière fois c'est pas passé loin que je me vautre.

Je mesure les dommages de ma renonciation, les attentes déçues, les rancoeurs inextinguibles que va susciter une telle décision. Mais tant pis j'assume.

Cela dit, je me demande si je ne fais pas une grosse connerie. Car entamer une conversation en sachant qu'on dispose d'un mot en permanence sur le bout de la langue pour le cas où, c'est un peu comme prendre le volant avec la roue de secours dûment arrimée dans un coin du coffre (ou par là, non ?).

Chaque fois que l'échange se tarit, qu'il menace de tourner au vinaigre, ou encore lorsque la vérité ne serait pas si bonne à dire qu'on veut bien le dire, hop vous dégainez votre mot de secours. Exemple.

Vous habitez au dernier étage de votre immeuble. Vous prenez donc l'ascenseur, au moins pour monter. Quoique. Si vous avez des problèmes de rotules un conseil prenez-le aussi pour descendre.

Quoique. En fait il y a trois paramètres les os, les muscles, le souffle. Trois paramètres à combiner chaque fois avec l'un des deux cas descente ou montée. Euh, bon.

C'est pas si simple que ça en a l'air, finalement. Le problème d'ascenseur serait-il aussi casse-tête que ses célèbres frères en problémitude qui envisagent robinets ou trains qui se croisent ?

Bref posez les calculs de votre côté et on se tient au courant (au fait la panne de courant quand on est dans l'ascenseur, vous y pensez jamais ? Non ? Ça se voit que vous êtes pas phobiques, veinards).

Bref s'il y a plein de monde dans l'ascenseur, on a un peu trop chaud certes, on est obligé de se serrer, mais au moins pas de stress conversationnel. Deux cas.

1) la conversation est bien entretenue (comme l'est l'escalier par les bons soins de la gardienne, qui ne fait pas ça que pour les étrennes mais parce qu'elle a le goût du travail bien fait), et vous pouvez écouter d'une oreille distraite, opinant de temps en temps histoire de montrer une empathie de bon aloi et de bon voisinage.

2) la conversation se meurt, mais comme vous êtes plusieurs, le soin de la réanimation ne vous incombe pas particulièrement. D'autre part si vraiment personne ne se précipite pour la soutenir et qu'elle défaille définitivement, eh bien vous partagerez entre copro et/ou coloc une minute de silence, ce qui ne peut manquer de souder votre communauté immobilière.

Mais si vous n'êtes que deux, le silence va se faire plus gênant. Si bien que lorsque vous aurez épuisé le colloque météorologique, le point circulation du jour, le bulletin de santé de vos enfants respectifs, éventuellement leur bulletin scolaire si aucun de vous n'est prof, vous sentirez la gêne monter.

Alors peut être ne cracherez-vous pas sur la possibilité de murmurer lampion sur un ton interrogateur, afin de relancer la conversation jusqu'au palier du dernier étage.

 

 

09:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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