Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/03/2016

Objet non identifié

 

Il ressort au moins une chose du concept de Dieu chez Spinoza : il  est clairement inepte (= adaptable à rien de connu) comme dirait Montaigne. Ce qui oblige à revoir notre logiciel comme disent les médias.

Un concept trop simple, trop cétévidentesque pour un amateur de byzantinismes adorant l'alibi métaphysique.

Concept au contraire trop subtil pour un fondamentaliste de toute marque. (NB Les fondamentalismes comme les marques de lessive c'est un même produit sous différents conditionnements).

On a reproché à Spinoza de se forger ce concept précisément à sa main. Comme Louis Soleil dit L'état c'est moi, lui dit en quelque sorte Dieu est ce que j'en dis.

Colerus en est tout chamboulé le pauvre homme. « Il se donne la liberté d'employer le nom de Dieu, et de le prendre dans un sens inconnu à ce qu'il y a jamais eu de Chrétiens. »

Mais là où ça coince vraiment, et pour bien d'autres que ce bon vieux Colerus, c'est que Spinoza établit une jonction hardie entre les deux concepts de liberté et de nécessité. Voici donc :

La minute nécessaire de Monsieur Spinoza

Minute c'est une façon de parler, en fait Spinoza dirait plutôt « un certain aspect d'éternité ». (Pas d'affolement on verra ça à Temps). 

« Est dite libre, la chose qui existe par la seule nécessité de sa nature et se détermine par soi seule à agir ». (déf 7 Partie 1)

Se détermine par soi seule à agir : les lois en fonction desquelles DSN évolue (en leur complexité de combinatoires ça va sans dire) ne lui sont pas extérieures (voir Ni ni). Il/elle est ces lois-mêmes. Tout en se constituant dans l'existence sous l'action de leur processus.

Bref donc nature « naturée » (versant nécessité) et nature « naturante » (versant liberté) sont la même chose, sous deux modalités simultanées.

« Cet Étant éternel et infini que nous appelons Dieu, autrement dit la Nature, agit avec la même nécessité par laquelle il existe. » (Préface Partie 4)

Spinoza a bien vu que sur ce coup-là tous les Colerus friseraient l'apoplexie.

« Je ne doute pas qu'il s'en trouve beaucoup pour rejeter cette proposition comme absurde pour la seule raison qu'ils ont l'habitude d'attribuer à Dieu une autre liberté, bien différente de celle que nous avons dite ; à savoir une volonté absolue. » (Partie 1, prop 33, scolie 2).

Entre nous ceux-là se simplifieraient la vie en admettant (à vrai dire en constatant) que DSN ne veut rien et se contente d'être. D'être juste ce qui se fait, selon le procès de l'espace-temps.

Dont participe chaque chose, dans la même libre nécessité. Vous, moi, Hulot, Einstein, Spinoza, Melle VE, les graminées, les araignées, l'arc-en-ciel.

Et toutes les organisations émergeant de l'activité de la nature. Et de celle des hommes. Mais là c'est une autre histoire, beaucoup plus problématique côté liberté comme nécessité.

 

 

 

09:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.