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11/04/2016

Troisième type

 

L'histoire du 3° type de connaissance commence ainsi :

« Il est de la nature de la raison de percevoir les choses sous un certain aspect d'éternité. » (Ethique corollaire 2 prop 44 Partie 2)

Vous allez penser je parie comme ce cher Colerus : « Il faut bien qu'il se joue des termes d'éternel & d'infini, il appelle infini ce à quoi l'entendement humain ne peut trouver de bornes. »

Sauf que si l'entendement voit pas de bornes, c'est pas qu'il est trop borné pour, c'est juste que des bornes y en a pas (vu que l'éternité est l'existence-même cf Temps). Du coup, Dieu nous débloque, impossible de les dépasser et Spinoza ne triche pas CQFD.

Il nomme la 3° connaissance science intuitive. Genre au lieu de passer par un raisonnement, on voit direct

« étant donné les nombres 1,2,3, il n'est personne qui ne voie que le quatrième nombre proportionnel est 6, parce que c'est du rapport même que nous voyons d'un seul coup d'oeil qu'a le 1er avec le 2° que nous concluons le 4°. » (scolie 2 prop 40 P2)

Mettons. Mais question : quel est l'intérêt ? Aller plus vite ? Vu qu'on est sous un certain aspect d'éternité ... L'intérêt c'est ça il paraît : « Tout ce que nous comprenons par le 3° genre de connaissance nous délecte.» (prop 32 Partie 5)

Nous délecte OK on veut bien mais comment ?

« Du troisième genre de connaissance naît nécessairement un Amour intellectuel de Dieu. Car de ce genre de connaissance naît une Joie qu'accompagne l'idée de Dieu comme cause, c'est à dire un Amour de Dieu, non pas en tant que nous l'imaginons comme présent, mais en tant que nous comprenons que Dieu est éternel, et c'est là ce que j'appelle Amour intellectuel de Dieu. » (corollaire prop 32)

NB : ne pas oublier que "Dieu" chez Spinoza est un concept (Deussivenatura) irrécupérable par quelque religion que ce soit (cf Nature)  

Nous voici cependant je le crains aussi paumés que Pâris en son temps. Pour ma part voici comment je comprends, à la guerre comme à guerre (euh oui guère serait plus juste).

AID (amour intellectuel de Dieu) est l'affect qui porte l'intellect à faire corps avec Deussivenatura :

c'est la conscience heureuse, positive, du lien mutuel d'appartenance entre soi et nature/réel/espace-temps dans tout son déploiement.

Disons encore autrement c'est l'adhésion à la fois rationnelle affective et sensitive à la fonction vie et à toutes les valeurs qu'elle prend. Une adhésion non pas générale et acquise une fois pour toutes, mais à renouveler dans le concret de chaque instant et occasion, dans un perpétuel mouvement d'ajustement à ce qu'il y a.

« Que cet amour se rapporte à Dieu ou bien à l'esprit, c'est à bon droit qu'on peut l'appeler satisfaction de l'âme (animi acquiescentia), laquelle en vérité ne se distingue pas de ce qu'on appelle Gloire dans les livres sacrés.

Par là s'éclaire (s'il le dit ...) pour nous comment et de quelle façon notre esprit suit de la nature divine selon l'essence et l'existence et dépend continuellement de Dieu ; et j'ai pensé qu'il valait la peine de le noter ici pour montrer par cet exemple toute la force de la connaissance des choses singulières que j'ai appelée intuitive ou du troisième genre. »

(Scolie prop 36 Partie 5)

Cet AID serait ainsi l'affect d'adhésion sous sa face externe de rattachement au système global, sa face interne étant la complémentaire AISI, l'adhésion à soi (cf Humilité ambitieuse). 

 

 

09:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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