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26/10/2016

Le temps ne fait rien à l'affaire

 

« Un vieillard est fier, dédaigneux, et d'un commerce difficile, s'il n'a beaucoup d'esprit. »

La Bruyère  Les Caractères (De l'homme 117)

 

Incontestable. Éprouvante expérience que de se confronter à l'aigreur et à l'amertume du vieuxschnockisme. Alors quelle angoisse, quand au détour d'une pensée ou d'une attitude on se surprend un sale jour à vieuxschnocker aussi.

Quand bien même ce n'est qu'en tant que vieux débutant (parce que bon à mon âge Dieu me rafistole je ne suis pas encore dans la décrépitude totale, hein ?)

Seulement voilà. Quand c'est l'autre qui est dans le rôle du vieux ronchon, on peut toujours l'éviter, prendre courageusement la fuite. Mais quand il s'agit du commerce avec moi-vieux-schnock on fait quoi ?

Impossible dans ce cas de s'en tenir juste à « bonjour bonsoir comment ça va on fait aller tant qu'on a la santé hein ».

Reste une solution : regarder les choses en face, analyser le comment du pourquoi, paramétrer les composantes de sa vieuxschnockattitude.

Au moins ça occupe. Toujours ça de pris vu que l'aigreur vient assez souvent de l'inaction, la logique spinoziste ne laisse aucun doute là-dessus.

Vous vous rappelez j'espère : action = joie, passion (non activité) = tristesse.

Réfléchir, analyser, si ça ne fait pas de bien, ça ne fera pas de mal. C'est d'ailleurs cela, le remue-méninges, qui est l'action déterminante pour Spinoza, celle qui induit tout dynamisme.

Et c'est vrai qu'il n'y a pas de pire ankylose que la paresse à penser.

En plus qui sait ça peut nous apprendre deux trois trucs.

« On ne vit point assez pour profiter de ses fautes. On en commet pendant tout le cours de sa vie ; et tout ce que l'on peut faire à force de faillir, c'est de mourir corrigé. Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise. » (De l'homme 60)

 

Mourir corrigé, ça me fait penser à la phrase de Lacan : « Le but de l'analyse c'est d'en sortir un peu moins con. »

Bref tout ça pour dire que le vieillard qui a un minimum d'esprit, de lucidité et de capacité d'auto analyse finira par comprendre l'essentiel :

« L'on espère de vieillir et l'on craint la vieillesse ; c'est à dire que l'on aime la vie et que l'on fuit la mort. » (De l'homme 40)

Aimer la vie, fuir la mort : oui, voilà. On va dire ça.

 

10:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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