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02/11/2016

Chercher la petite bête

 

« Je ne mets au-dessus d'un grand politique que celui qui néglige de le devenir, et qui se persuade de plus en plus que le monde ne mérite point qu'on s'en occupe. »

La Bruyère Les Caractères (Des jugements 75)

 

Le monde ne mérite point qu'on s'en occupe.

C'est vrai : plus le monde est immonde, laid, inhumain, brutal et surtout si bête, plus on a tendance à se sentir Alceste. Déjà bien beau qu'on arrive à se protéger, à éviter la contamination de laideur et de connerie.

Avec un soupçon de morgue, peut être. Car on hésite à se l'avouer, mais ce qu'on pense au fond ne serait-ce pas : le monde ne mérite pas que quelqu'un de mon mérite s'en occupe.

Montaigne dit en gros : déléguons le boulot aux pourris, ils savent faire. Oui pourrir encore plus, ils sauront c'est sûr. (Et Montaigne n'était sérieux qu'à demi, comme souvent).

Le monde ne mérite point qu'on s'en occupe. Scrogneugneu. Na. Voilà.

Oui OK. Et après tu fais quoi ? Tu te suicides tout de suite ou tu attends le prochain accident nucléaire, le prochain attentat terroriste, planqué dans ton bunker splendidement isolé ?

Dans un temps que les moins de 60 ans ne peuvent même pas imaginer, on disait (quand on était de gauche) : si tu ne t'occupes pas de politique, la politique s'occupera de toi. Persistant faut croire dans la gaucherie, je le pense toujours.

Vous êtes embarqués il faut parier dirait Pascal.

Bref en pratique faudrait trouver quelqu'un pour qui voter en mai prochain …

... Voilà voilà … Euh … Hein ? ...

C'est terrible comme il a raison, Labru.

Vu le comportement requis en termes d'accommodement éthique pour grimper dans un parti quel qu'il soit, se faire bien voir des médias, bref tout ce qui fait aujourd'hui la carrière politique, on a tendance à acquiescer.

La vraie grandeur politique implique, peut être essentiellement, la négligence à jouer son jeu personnel.

Et par conséquent le grand politique n'existe pas (ou alors à l'état de chef d'œuvre inconnu).

Reste que la politique, elle, existe, ô combien. Comme dit ce bon vieil Aristote, l'homme est un animal politique.

Laissant coqs et paons de basse-cour rivaliser dans leurs parades, hyènes et lions se disputer toutes sortes de charognes, faudrait regarder plutôt du côté de petites bêtes actives et coopératives, comme les fourmis, les abeilles.

Ce qui ne résout pas notre casse-tête de casting électoral, c'est vrai. Nous sommes bel et bien embarqués  : dans une sacrée galère.

 

 

 

09:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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