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08/03/2017

A bout de souffle

 

« Qui sème le vent récolte la tempête. »

 

Là je n'ai qu'un mot : respect. Proverbeuses, proverbeurs, en vérité je vous le dis, rarement vous avez atteint à un telle poésie.

Quelle métaphore épique. Digne des meilleures envolées hugoliennes. De Rimbaud l'homme aux semelles de vent.

Vent de tempête.

Non pas zéphyr printanier caressant le blé en herbe,

ni légère brise venant alléger la touffeur estivale,

mais bise hivernale aigre et radoteuse, dans son procès incessant avec les volets,

en rafales rageuses, tramontane hystérique,

à vous rendre fada, mistral délirant.

 

Oui, ce proverbe a un immense pouvoir poétique.

« Le vent qui souffle à travers la montagne m'a rendu fou. »

Mais a-t-il raison ? (Le proverbe, parce que pour Hugo c'est sûr, un poète a toujours raison).

 

Hors accro du cerf-volant, passionné de voile ou chargé du secteur éolien pour la transition vers les énergies renouvelables, peut être suis-je paranoïaque, mais je ne vois pas quelqu'un s'employer à semer le vent avec des intentions totalement pures.

Sachant que tout vent est tempête potentielle (comme l'incendie est dans la flamme, l'inondation dans l'eau, le séisme dans la terre), nul semeur de vent ne peut ignorer les dégâts éventuels de son acte.

À moins qu'il ne soit totalement stupide.

Ou vraiment cynique.

En tous cas aprèsmoiledélugiste.

Car il sème le vent, mais est-il pour autant prêt à assumer la tempête ? Ben non.

Eh oh, y a pas écrit kamikaze, hein ? Une fois son vent semé, il courra aussi sec se planquer à l'abri.

De façon à ce que ce soient les autres et pas lui qui se prennent en pleine poire les tuiles et les pots de géranium.

Autrement dit qui sème le vent (hors accro du cerf-volant etc.) est un méchant hypocrite, trouillard et irresponsable.

 

Qui sème le vent, autant dire que c'est pas l'esprit de générosité spinoziste qui l'étouffe.

 

 

 

 

 

10:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Oui, bon, les proverbes...
Il m'est arrivé de semer le vent et de ne récolter qu'un maigre courant d'air.
Il parait que le terrain était trop acide.

Écrit par : clodoweg | 09/03/2017

Les commentaires sont fermés.