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15/04/2017

Retiens le jour

 

« À chaque jour suffit sa peine. »

 

Un autre proverbe considérant l'entropie de la vie.

Si émouvant dans sa simplicité. La platitude s'y sublime en humilité, le bon sens lapaliste en pragmatisme sans phrases.

Pour ma part je ne le suis guère, sans phrases (ah ça oui on te le fait pas dire, direz-vous).

Pragmatique non plus d'ailleurs, ce qui n'est peut être pas sans rapport, mais bon c'est pas le sujet.

En l'occurrence me reviennent les mots d'Aragon (bien phraseur aussi dans le genre, mais de temps en temps faut reconnaître qu'il nous dégote des pierres précieuses belles comme les beaux yeux de sa blonde) :

« j'entends leurs pas j'entends leurs voix

qui disent des choses banales

comme on en dit le soir chez soi. »

 

Le soir chez soi. On s'est posé un instant, la tête vide, le corps abandonné, le regard perdu.

Las des luttes quotidiennes. Invisibles, si banales et indispensables pourtant.

Et puis un murmure émerge de sa non-pensée, de son absence à soi : à chaque jour suffit sa peine.

Un peu ragaillardi, on poursuit parfois il fera jour demain

Et l'on finit, sur fond de musique hollywoodienne, par proclamer avec Scarlett O'Hara Demain est un autre jour.

 

Demain l'on retrouvera bien sûr les soucis que l'on porte sans cesse avec soi.

Demain à nouveau il faudra leur faire face. Mais il sera temps demain.

Pour aujourd'hui il suffit. Et l'on fait taire l'angoisse et on laisse se refaire ses forces.

Tout un art stoïcien de la patience alliée à la persévérance.

 

Le sens commun ajoutera, histoire de nous remonter complètement le moral : les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

Et c'est vrai. Y a pas que les jours stoïciens, y a les jours carpe diem.

Les bons jours où l'on se lève du bon pied sous un soleil spinoziste.

 

Les jours où l'on a envie de suivre le conseil de l'ami des Essais :

« Il faut retenir à tout nos dents et nos griffes l'usage des plaisirs de la vie, que les ans nous arrachent des poings, les uns après les autres. »

Livre I chap 39 De la solitude

 

 

08:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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