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14/03/2018

Drôles de drachmes

 

« Timeo Danaos et dona ferentes »

 

« Je me gaffe des Grecs, surtout s'ils se pointent avec des cadeaux ». Dixit un certain Laocoon, prêtre de Poséidon (Neptune) à Troie.

C'est l'épisode fameux du canasson abandonné sur la plage par les Grecs, supposé être une offrande à Poséidon pour la traversée retour. Certains Troyens veulent le recycler en offrande à leurs dieux (et signe de victoire sur l'ennemi battant en retraite).

Laocoon sent qu'il y a un truc pas net.

On néglige son avertissement, on fait entrer le bourrin dans les murs. Mais voilà à l'intérieur y avait un commando attendant la nuit pour sortir en opération de massacre maximum (nom de code delenda Troja j'imagine).

Ce cheval-tank fut comme on sait l'une des plus brillantes idées d'Ulysse. Lequel n'était pas la moitié d'un euh, était un vrai think-tank à lui tout seul, le mec aux mille ruses dixit la muse d'Homère.

Ce qu'on ne pige pas par contre c'est comment ça se fait qu'à Troie ils aient pas senti venir le lézard, qu'ils aient gobé aussi sec comme un vulgaire ovum cette histoire de cadeau

(c'était pourtant gros comme une maison, non ?) (ou la tente d'Achille, oui si vous voulez).

Sauf Laocoon donc, qui lui n'était pas si euh, qui était un peu plus sur le coup que les autres apparemment.

Bref massacre comme prévu, sac et incendie de Troie, mettant fin en un éclair à la guerre d'icelle.

(Au fond toutes choses égales par ailleurs, leur cheval de Troie fut l'équivalent de la bombe d'Hiroshima).

La suite on la connaît. Fuite d'Énée emportant son vieux papa sur son dos. Et de l'autre côté Ulysse brinquebalé dans toute la mare nostrum because la vengeance de divers dieux (qui aiment pas les mortels plus malins qu'eux).

Bref à l'arrivée ça nous aura valu deux mises en œuvre d'errare humanum est.

Virgile n'hésita pas des siècles après à poser son Énéide face à l'Odyssée, ad majorem populi romani gloriam, et accessoirement pour se faire bien voir de l'empereur.

(Doué pour l'auto-promotion le mec) (en voilà un qu'aurait pas eu besoin de mécène) (le pire c'est qu'il en avait un) (on ne donne qu'aux riches) (mais on prête aux pauvres) (agios assurés).

 

Tiens, agios : allez savoir pourquoi ça m'évoque les épopées contemporaines. En Grèce aujourd'hui pas besoin d'être la muse à Homère pour poétiser

« Timeo Troïkam et carnetum chequorum ferentem ».

 

 

09:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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