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Commerce humain (5/7)

Ayant théorisé le rôle structurant du sacrifice émissaire dans les sociétés archaïques, Girard s'intéresse ensuite aux évangiles de la Passion.

Ces textes, dit-il, démontent le mensonge de la thèse sacrificielle, en présentant la victime (en l'occurrence le Christ) comme innocente, et surtout consciente de ce qui se joue. Pourtant il ne se dérobe ni se révolte, ce que Girard présente comme la possibilité de vaincre enfin la violence.

Absurde, non ?

Ce serait plutôt le contraire. En donnant sa vie au Père divin (censé donc la demander ou au moins l'accepter) il légitime de fait (à son corps non défendant) une figure divine en connivence avec la violence.

Malgré la dénonciation de son mécanisme, la théorie sacrificielle se trouve ainsi validée de fait.

Finalement ce qui ressort c'est que la violence est un absolu. Autrement dit il n'y a pas d'ailleurs à la violence. Et par conséquent elle ne peut être gérée que par elle-même et en elle-même, dans son propre système.

Ce que Girard fait voir (sans le vouloir?) en anthropologie générale, d'autres le disent clairement en économie et en politique.

En politique ils adhèrent à l'équation pouvoir = domination, avec pour logique ultime l'élimination du dominé par le dominant, moyennant le meurtre préalable de son désir de liberté (pour le cas où on vive en démocratie).

En économie le Saint Mercantilisme étend son empire depuis l'étal réel du petit commerce jusqu'aux places boursières dématérialisées et nonobstant matérialistes. Tous les coups sont permis pour éliminer le concurrent, dans la guerre totale du commerce mondialisé.

Si bien que le discours comme quoi le commerce serait précisément une sublimation (ou au moins une dérivation) du désir de violence et de pouvoir, eh bien … euh ...

Car pas besoin d'être prix Nobel d'économie pour constater que le système mercantile mensongèrement auto-proclamé libéral, outre qu'il repose sur l'esclavage (salarié ou pas) et l'aliénation sous de multiples formes, produit en effet, comme tout système religieux, les victimes émissaires nécessaires à son maintien. Volant de chômeurs suffisant pour domestiquer un cheptel de travailleurs. Rejet de l'autre-concurrent à l'intérieur de chaque pays, ainsi que d'ensembles plus grands genre l'Europe.

Avec, pour victime émissaire absolument logique d'une mondialisation fondée sur la libre circulation des capitaux, le migrant chassé par la pauvreté.

Ce constat n'est certes pas nouveau. Il est juste particulièrement crucial aujourd'hui. La violence induit une destruction programmée à plus ou moins long terme, dont toute l'humanité sera la victime.

À qui à quoi sacrifiée ? Sinon à son propre tropisme de mort ?

 

 

 

 

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