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28/08/2018

Ps 127 (2/5) Du sans nom à Salomon

David console Bethsabée, et neuf mois après arrive Salomon (II Samuel 12, 24), le grand roi qui bâtira le Temple, réunira sous son pouvoir les deux royaumes Juda et Israël.

Dans cet épisode comme dans les v.2-3 du ps 127, Salomon apparaît comme l'enfant du pardon, un gage de réconciliation entre David et YHWH.

Sans doute la réconciliation est-elle avant tout celle de David avec lui-même.

Dans la citation de la note précédente aller se prosterner dans la maison de YHWH, peut en effet s'interpréter, dans la logique du nom (cf Au pluriel), comme aussi bien rentrer en soi-même, se recentrer sur son authenticité existentielle.

Ce faisant, David reconnaît, au delà de l'injustice du salaud dont Nathan lui a renvoyé l'image, son manquement à la justesse de son être, à son désir essentiel, être un roi selon YHWH (cf ps 51). Ce manquement reconnu, le désir est relancé, désir de vivre, d'aimer Bethsabée, de s'assumer comme répondant de la promesse.

La mort de l'enfant ne peut manquer d'évoquer l'histoire d'Abraham. Se croyant sommé de sacrifier son fils Isaac pour prouver sa foi en Dieu, il obéit, mais en sera empêché in extremis par un ange (Genèse 22,12).

Un texte fondamental, en ce qu'il pose le refus d'une image divine despotique et avide de sacrifice. Mais ici au contraire, il y a bel et bien un enfant qui meurt, un sacrifice semble donc accompli (une réparation de la faute envers un dieu un tantinet Moloch).

L'auteur du livre de Samuel aurait-il une conception religieuse plus archaïque que l'auteur du chap 22 de la Genèse ?

Ce n'est pas exclu, mais remarquons un fait troublant : le texte ne donne pas de nom à ce premier enfant, alors que dans la Bible, dès qu'un enfant naît (du moins un fils) (sans commentaires les filles), sa nomination se fait immédiatement, rapportée à sa généalogie ou aux circonstances de la naissance.

Le nom est signifiant, le nom c'est l'être. Or voilà : ce fils-là est un sans nom.

Et si c'était pour signifier qu'il n'est pas pour David le fils de sa vérité, de son désir, de son être ?

La mort réalisée dans ce texte serait alors (au delà de celle du bébé) (réel ou fictif) (en tous cas un petit malchanceux qui écope de cette place symbolique) celle du dévoiement de David, de sa soif de jouissance et de pouvoir qui l'a conduit à la félonie et au meurtre.

À présent, il va retrouver sa place de roi-messie, d'élu, mais pourquoi faire ?

 

 

09:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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