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11/12/2018

Ce prétendu droit

Le chap 3 du livre I traite Du droit du plus fort, droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe.

Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois pas quelle moralité peut résulter de ses effets.

Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté. C'est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?

Pour réfuter la notion, Rousseau renverse donc l'ironie de l'expression en la prenant au mot. On peut trouver simpliste de prendre le mot force dans sa seule acception physique.

De fait il simplifie souvent ainsi le débat, en le figurant à son origine, sous l'occurrence la plus primitive possible (cf le discours sur l'origine de l'inégalité).

Comme en mathématique on simplifie un rapport.

Mais ici la simplification se justifie, car le droit du plus fort reste bien cela : un rapport de forces. En rigueur de termes, aucun véritable droit là-dedans.

La contradictio in terminis se démontre dans un raisonnement par l'absurde.

Supposons un moment ce prétendu droit (…) sitôt que c'est la force qui fait le droit, l'effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la première succède à son droit.

Sitôt qu'on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s'agit que de faire en sorte qu'on soit le plus fort. (...)

Obéissez aux puissances. Si cela veut dire, cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu, je réponds qu'il ne sera jamais violé.

Mmouais quand même … Je vois une différence entre céder sans tenter de résistance, par acte de prudence (donc donnant raison de fait au précepte) ou céder sans pourtant accepter de se rendre, quand sa résistance est débordée, comme craque la digue sous le tsunami.

Là, on peut dire que malgré l'issue, l'objection de conscience a au moins réfuté le précepte, même si en effet il n'est pas violé.

D'ailleurs Rousseau ajoute Toute puissance vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire qu'il soit défendu d'appeler le médecin ?

(Il criserait, le pauvre, devant les aberrations à ce propos des témoins de Jéhovah ou Mormons  je sais plus).

Bref, conclut-il, ma question primitive revient toujours.

Sa question primitive c'est : le droit qui établit l'ordre des sociétés ne vient point de la nature ; il est donc fondé sur des conventions. Il s'agit de savoir quelles sont ces conventions.

(Livre I,1 Sujet de ce premier Livre)

 

09:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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