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Plaisants causeurs

« Je rêvassais présentement, comme je fais souvent, sur ce, combien l'humaine raison est un instrument libre et vague. Je vois ordinairement que les hommes, aux faits qu'on leur propose, s'amusent plus volontiers à en chercher la raison qu'à en chercher la vérité ; ils laissent là les choses, et s'amusent à traiter les causes. Plaisants causeurs.(...)

Ils passent par dessus(1) les effets, mais ils en examinent curieusement(2) les conséquences. Ils commencent ordinairement ainsi : « Comment est-ce que cela se fait ? » - Mais se fait-il ? faudrait-il dire.

Notre discours est capable d'étoffer(3) cent autres mondes et d'en trouver les principes et la contexture. Il ne lui faut ni matière, ni base ; laissez-le courre : il bâtit aussi bien sur le vide que sur le plein, et de l'inanité que de matière. »

(Montaigne Essais livre III chapitre 11 Des boiteux)

 

(1)Ils laissent de côté.

(2)Soigneusement (du latin cura = soin, application).

(3)De fabriquer de toutes pièces.

 

Effets/conséquences reprend l'opposition choses/causes. D'un côté la réalité telle qu'elle se présente, de l'autre l'abstraction qui cherche à la théoriser, à la modéliser, en passant par dessus les faits, alors qu'il faudrait, en bonne méthode, commencer par les observer.

Une opposition qui implique en corollaire l'opposition entre l'action pragmatique, qui s'ajuste à chaque réalité et à ses évolutions, et l'idéologie qui cherche à dérouler un plan prédéterminé selon une théorie. Avec des effets disons discutables.

Et puis je me demande s'il ne serait pas plus avisé, souvent, de tweeter "Mais se fait-il ?" plutôt que retweeter tous les "Comment se fait-ce ?" qui passent. Non ?

Enfin ce que j'en dis, c'est pour causer ...

 

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