Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2014

Dormir

Premier verbe de notre série. Robert dans sa grammaritude précise qu'un verbe exprime une action un état ou un devenir. Lequel des trois pour dormir ? Dire que dormir est une action paraît paradoxal à première vue. Dormir c'est plutôt ne rien faire, ne pas agir, se mettre en position off, se débrancher, se retrancher, tout ce genre de choses. « Off » c'est bien dit en fait. Car qui dit sommeil dit, entre autres choses, rêve. Or le rêve se joue sur ce que Freud appelle « l'autre scène ». L'autre scène, c'est aussi le lieu répondant de la scène, à savoir la coulisse, d'où parle le cas échéant la voix « off ». Et c'est bien ça, quand on dort on se débranche du côté « on » de la vie visible dans le réel, mais on se branche sur le côté « off » où contacter l'inconscient. Donc dormir c'est à la fois faire et ne pas faire, être et ne pas être. Du moins dans ce sommeil qu'on nomme paradoxal. Donc, même si c'est sur un mode complexe, dormir, dans le genre verbe, est plutôt du style verbe d'action.

 

Et ça vaut mieux, car quand on le considère comme un état, il se charge tout à coup de fâcheuses connotations. Dormir comme « dernier sommeil », repos éternel et tout ce qui s'ensuit. Ou plutôt ne s'ensuit plus. Ce qui permet d'affirmer clairement que si dormir peut être action ou état, il n'est jamais devenir. D'où le dicton « l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ». Pour cela deux solutions, ou bien se coucher tôt, ou bien ne pas se coucher du tout. La première option fut longtemps celle de Proust, mais on doit à la vérité de signaler qu'il ne parvint à son objectif de retrouver le temps qu'à partir du moment où il adopta la deuxième option et passa ses nuits à écrire.

 

En fait je n'aime pas le mot dormir. Curieusement, il a quelque chose de dur, de heurté. Mais que dire ? Faire dodo, j'ai passé l'âge et ça fait concon même pour les bébés, nonon ? Somnoler évoque le vieillard dodelinant et là j'ai pas encore l'âge. Roupiller ça fait corps de garde, s'abandonner aux bras de Morphée c'est too much et d'abord nous n'avons pas été présentés.

Laissons donc reposer, j'y réfléchirai dans ma prochaine insomnie. Après tout D comme Demain.

 

 

 

 

 

18:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.