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06/02/2016

Araignée

 

Annexée à mon édition de l'Éthique se trouve « La vie de B. de Spinosa tirée des écrits de ce fameux philosophe Et du témoignage de plusieurs personnes dignes de foi qui l'ont connu particulièrement. » par Jean Colerus, Ministre de l'Église luthérienne de La Haye (1706)

1) Spinoza étant mort en février 1677, le moins qu'on puisse dire c'est que sa vie par Colerus n'est pas un reportage en direct live.

2) Le hasard est farceur. Colerus sonne décalé, s'agissant du biographe d'un homme que ses écrits comme le témoignage de plusieurs personnes etc. font plutôt imaginer en parangon de longanimité.

Cela dit ce nom a-t-il rapport à l'idée de colère, par exemple à un ancêtre irascible dudit Colerus ? Pas sûr.

3) Spinoza était-il vraiment la crème d'homme que décrit Colerus (au plan du comportement, pour ses opinions il est moins hagiographique, on le verra) ?

Vaste question qui se pose aussi pour bien d'autres génies.

Question inutile à mon sens. Faute de témoignages directs ou d'impressions personnelles suite à la rencontre du Spinoza de chair et d'os, fions-nous à ses écrits.

Avoir donné l'Éthique c'est déjà pas mal dans le genre service rendu à l'humanité, non ?

4) Mais cela n'empêche pas la curiosité que vient opportunément satisfaire Colerus.

« Pendant qu'il restait au logis, il n'était incommode à personne. » Un bon point pour lui : il pratiquait de toute évidence le primum non nocere (cf 25 déc 2015) avec un certain succès.

« il y passait la meilleure partie de son temps tranquillement dans sa chambre. » Oui c'est sûr rester tout seul dans son coin ça aide à ne gêner personne.

Comme dit Pascal « tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre. »

(Perso j'ajouterais deux trois choses comme rivalité, pulsion de mort et tout ce qui s'ensuit, mais je dis ça je dis rien et puis ne nous égarons pas).

« Lorsqu'il lui arrivait de se trouver fatigué pour s'être trop attaché à ses méditations philosophiques, il descendait pour se délasser, et parlait à ceux du logis (…) même de bagatelles. »

Ça va sans dire, qui peut le plus peut le moins CQFD. Le mec qui vous écrit une définition de Dieu sans coup férir, qu'est-ce qui l'empêche de disserter sur les riens quotidiens, le prix du pain, le temps qui fraîchit.

Ou de raconter la dernière petite blague qui court en Hollandie (ben quoi La Haye c'est en Hollandie oui ou non ?), ajoutant son grain de sel avec une verve qu'il n'est pas interdit de lui supposer.

« Il se divertissait aussi quelquefois à fumer une pipe de tabac ». Mais ne pas déduire que c'est pour cela qu'il partait du poumon. « Quelquefois » exclut l'addiction grave.

La phtisie ou genre qui l'a tué mettons-la sur le compte des rigoureux hivers bataves durant le petit âge glaciaire.

En outre rappelons-nous combien on s'employa à étouffer sa liberté et qu'ils furent nombreux, admirateurs, jaloux, cons, méchants, à sérieusement lui pomper l'air.

Le rapport avec l'araignée ? Z'êtes pas patients, hein ? Vous voulez que je vous dise vous n'en auriez pas fait une bonne d'araignée. Bon allez à suivre.

 

 

09:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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