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09/02/2016

Asticot (drôle de)

« Lorsqu'il voulait se relâcher l'esprit un peu plus longtemps, il cherchait des araignées qu'il faisait battre ensemble, ou des mouches qu'il jetait dans la toile d'araignée, et regardait ensuite cette bataille avec tant de plaisir, qu'il en éclatait quelquefois de rire. » (Vie de Spinoza par Jean Colerus)

Qu'est-ce qu'il vient nous embrouiller avec cette histoire, Monsieur Colerus ? Il pouvait pas nous laisser avec la belle image d'Épinal sur faïence de Delft ? Pourquoi ce coup de patte à la réputation flatteuse du bonhomme ?

Jusqu'ici c'était quasiment les Fioretti, style François d'Assise murmurant à l'oreille des loups, dansant avec les ours, chantant avec les piafs.

Mais à voir Spinoza s'employer à asticoter une araignée pour suicider les mouches, Dieu me rédime là on est carrément dans Seven.

Comment interpréter

1) le fait en soi

2) que le pasteur Colerus ait jugé bon de cafarder à la postérité sur ce sujet somme toute de peu d'importance (deux trois faucheux, une épeire au pire, vu qu'on peut supposer que les mygales couraient pas les rues en Hollande durant le petit âge glaciaire).

1 a Spinoza était arachnophobe. N'importe quoi. Dans ce cas il ne serait pas allé les chercher. Car par Saint Sigmund qui dit phobie dit évitement (par exemple au hasard d'un chien).

(N.B. Je ne suis pas plus arachnophobe que Spinoza. Lui pour les chiens je sais pas, Colerus est muet sur ce point).

1 b Spinoza négligeait les affects arachnéens, les flottements d'âme muscatiens (mouchiens, mouchistes ?) Souscrivait-il pour autant sans réserve à la conception cartésienne des animaux-machine ?

Ne nous emberlificotons pas dans un tel débat. Nous risquerions de ne pas nous en dépêtrer de sitôt. Bornons-nous à remarquer qu'il se comportait avec nos sœurs mouches et araignées comme d'autres avec de vulgaires êtres humains.

2 a Colerus avait été approché par le LAS (lobby anti spinoziste) pour casser la réputation de notre philosophe chéri, et faire baisser le cours de ses écrits à la bourse d'Amsterdam.

(Ah bon les œuvres philosophiques n'étaient pas cotées en bourse en ces temps obscurs ? Heureusement que maintenant … Ah bon, non plus ? Mais oui c'est vrai où ai-je la tête, ce ne sont pas des valeurs. Au temps pour moi.)

2 b Colerus voulait avec ce petit fait montrer comment Spinoza affinait, lors d'expériences joignant l'utile scientifique à l'agréable divertissant, sa conception du conatus perseverare in suo esse.

Conatus ? Conatus ? Drôle de nom pour une araignée.

 

 

09:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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