Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/06/2016

La journée des talents (7/8)

 

« Harpagon ???

- Ouais, la pièce, vous connaissez pas ?

- L’Avare ? Quel rapport ?

- Ben l’Avare, Harpagon quoi, c’est le rôle principal et c'est Augustin qui l'a eu. Vous savez un peu les notes qu’y tapait en français, Augustin ? Bram ... dame Bracieux elle note vache. Lui, toujours au-dessous de la moyenne. Et elle lui a quand même filé le rôle principal dans la scène 3 Acte IV, vous captez un peu ?

- Euh, je ...C’est à dire je n’ai pas vraiment la scène en tête ... Mais continue.

- Avec François Maugard l’intello de la classe, pour faire Cléante, le fils. Avec moi il a pas voulu, François. C’est son chouchou, à Bramer euh  ... Mme Bracieux. Ses chouchous c’est en haut ou en bas, quoi, mais au milieu, là, jamais. C’est pas juste. Moi elle m’a jamais remarqué. Juste ce qu’elle fait, elle me file un devoir supplémentaire soi-disant que j’ai bâclé l'exo. Je sais lui faire, son exo de débiles. Moi aussi je pourrais si je voudrais en avoir des 18. C’est pas juste ... C’est comme quand moi je fais une vanne, ça la fait jamais rire, elle me dit que je suis enfantile.

- Tu ne jouais pas, toi, dans la pièce ?

- J’avais pas bien fini d’apprendre mon rôle. Bracieux, si c’est pas parfait …

- Et Augustin, c’était parfait ?

- Lundi, après la répétition, elle lui a dit un truc genre parfait cette dureté dans le regard d’Harpagon. Elle avait oublié ou quoi ? Les colles, les bagarres, et ses sales notes de merde, à Augustin ... »

                                                                                                                     ***

Elle vient d’apprendre par le principal : « C'est un fait que Rémy Sauvagnet, oui, saigné à blanc comme par une ... bête sauvage, par je veux dire … une chose c’est un fait que ... une chose monstrueuse … »

Il lui faut parler au Commandant Bondil. C’est elle la seule coupable. Depuis le début.

« Leur faire jouer une pièce aussi … une bombe à retardement, un concentré de brutalité, d’instinct primaire. Catharsis, des mots ! La preuve.

Comment a-t-elle été aussi aveugle, ne pas voir venir l'incroyable rage du petit Rémy. Comment se douter, un élève aussi … aussi peu ... son ricanement niais, son mâchonnement perpétuel de bonbons. Ni l’humilité du travail ni l’audace du défi, juste gonfler la bulle de son chewing-gum et de son personnage.

Oui elle avoue : elle a horreur de l'insignifiance. Oui, elle est dure, tranchante voilà, comme le couteau qui ... Voilà la vérité. Et d’abord, si elle n’était pas dangereuse, sa fille, sa petite fille … »

Hélène a fondu en larmes, elle n'arrive plus à s'arrêter.

« Calmez-vous, Madame Bracieux. Rien de tout cela n’est en cause, je vous assure. Le meurtrier de Rémy est celui qui a pris le couteau, et lui seul.

- Oui, mais il n’aurait pas tué Rémy si Rémy, lui, n’avait pas tué, n’avait pas jalousé Augustin à ... oui, à mort, donc si Augustin n’avait pas joué. Ah si seulement il ne s’était pas donné la peine d’apprendre ce foutu rôle ... C’est comme si c’était moi qui ... J’ai désigné sa victime à Rémy, et du coup l’autre, le meurtrier, à son tour il a vu Rémy … »

 

« Depuis le début, tous, je les avais vus ».

 

À suivre.

 

 

09:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.