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06/08/2016

Apache

 

Elle déteste les westerns. Le cowboy cul vissé sur son canasson à longueur de pellicule, ça lui a toujours paru d'un ennui mortel. Y compris les films qui affectent la distanciation, s'efforcent à l'élaboration, proclament « genre revisité » dès le générique.

Si vous êtes allergique à Proust, la meilleure des madeleines pur beurre vous dégoûtera.

Elle n'aime pas davantage retrouver les poncifs du genre dans le descendant direct, le film de truands. Même beaucoup de simples polars en sont contaminés.

Équipes en miroir, cowboys/indiens ou flics/voyous, avec de part et d'autre le fou de guerre et le mesuré prêt au dialogue, avec le traître ou l'infiltré. Poursuite en auto vroumvroumant à travers des rues et des rues, ou traque en canasson crinière au vent slalomant entre des cactus et des cactus.

Tout ça c'est kif kif bourricot et ça suscite en elle le même réflexe de bâillement. Et pareil pour la plupart des fictions autour de l'espionnage, et jusqu'aux scénarios faisant atterrir des extraterrestres. Pas sa tasse de café.

Le plus agaçant est le traitement réservé aux femmes dans ces types d'aventures. Aucun rôle de premier plan, ou même au second plan de l'action.

Ou alors celui de la pute ou assimilée, avec l'option PV (pute victime) et sa variante PGT (pute gibier de tueur), ou encore l'option PS (pute salope).

Plus rarement traîne dans un coin de l'écran la Femme Admirable et Courageuse, une mère, une sœur du Premier Rôle, voire une épouse délaissée, épouse cocufiée, épouse ridiculisée, mais épouse fidèle sans moufter.

Il y a juste une différence entre le film de truands (et autres) et le western pur jus. Les truands (et assimilés), même vaincus en fin de film, ne perdent pas totalement la face.

Ils gardent souvent, quoique finalement ratatinés dans les derniers mètres des 120 minutes de pellicule, une certaine aura : ils ont un léger déficit côté morale, certes, mais ce sont, c'étaient, des durs, des malins. Ils ont su ce qu'ils voulaient, sont allés jusqu'au bout. Et cela même affaiblis par une enfance difficile ou la rencontre d'une PS.

Mais l'Indien : un loser né. Quoi d'autre ? Après, deux cas. Ou bien la lose le rend mauvais, il va déterrer son arme de guerre mais la production a prévu le coup et on la lui a faite en carton pâte.

Résultat il passe pour un con.

Ou bien il n'est pas si salaud, il a des valeurs, il fait des trucs bien. Mais des trucs bien de loser, genre où on ne frime pas, où on ne confond pas malin et manipulateur, tout ça. Du coup forcément c'est pas raccord avec l'attente de la production. Ou du public. Ou des deux.

Résultat il faut qu'il perde car au fond ça arrange tout le monde.

Elle déteste les westerns. Dans une autre vie elle a dû être apache.

 

 

09:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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