Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/08/2016

Présent de Noël

 

Comme ce mois de décembre était doux ! Une éternité qu'on n'avait pas vu tant de douceur en début d'hiver. C'était bon à prendre. Peut être qu'on couperait au froid, au gris, au temps pourri cette année ?

Beaucoup s'angoissaient à propos du réchauffement atmosphérique. Mais pour de vieux os, davantage de chaud, eh bien ça aidait.

On était en période de préparation des fêtes. Ce qui signifiait période de courses, d'achats, de recherche forcenée des cadeaux qu'on se sentait tenu de faire aux uns et aux autres. Tenu. Cette pression gâchait tout.

Faire des cadeaux était une joie, une façon de dire son amour, son amitié. Des cadeaux, des présents : une façon de faire attention aux autres. En cherchant pour chacun d'eux à tomber juste en matière de goûts, de besoins. Oui, chercher des présents qui marqueraient une attention, ça, c'était une bonne chose.

Mais tout se gâtait à cause du fric.

En avoir ou pas, déjà. Pour marquer une attention digne de ce nom, un minimum d'argent était nécessaire. Conséquence évidente d'un système bâti sur un paramètre unique : vendre, monnayer, chercher à fourguer. À gagner un max de pognon ou au moins à ne pas en perdre.

Ainsi, dans ce fonctionnement des sociétés, pour qui n'était pas riche ni même aisé (et c'était son cas), on ne pouvait atteindre que des choses bas de gamme. Ou des choses dont personne n'avait à vrai dire rien à faire. Très démotivant.

Car à quoi bon offrir un truc qui ne sorte pas du quotidien ? Au contraire, ce qui pouvait être désiré, (chacun, en transposant sa propre expérience, son propre ressenti, pouvait voir cette évidence), était ce que, même sans souci d'argent, on hésitait à se payer.

En se disant ce n'est pas urgent, c'est sans usage immédiat, je n'en ai pas vraiment besoin. Un truc tentant mais pas sérieux. Mais tentant.

Et même pour qui avait assez d'argent, restait qu'on pouvait contester une participation automatique au système marchand. On pouvait au contraire préférer échapper à cette servitude, qui perdurait en soi dans un vague assentiment, jamais vraiment questionné.

Cette période des fêtes incitait mieux qu'une autre à ce questionnement. Un présent de 25 décembre cette année, ce serait, ce pourrait être, se mettre à inventorier une zone inédite de non-fric.

Depuis une éternité on n'avait pas vu tant de douceur en début d'hiver. Cette année gratuité serait son nom, à Noël.

 

 

 

 

 

10:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.