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13/10/2017

Exegi monumentum ...

À ceux d'entre vous, lecteurs, qui par le plus grand des hasards seraient de ces hypersensibles écorchés-vifs semblables au pot de terre, voici de quoi penser et vous panser avec la fable intitulée Parole de Socrate (livre IV,17).

Socrate un jour faisant bâtir,

Chacun censurait son ouvrage.

Ce dernier mot suggère le propos réel de La Fontaine derrière le récit. La baraque à Socrate il en a rien à cirer.

Pour Phèdre chez qui il a trouvé l'histoire je sais pas, mais pour lui l'ouvrage en question c'est son oeuvre, ses écrits, en butte à toutes sortes de remarques plus ou moins pertinentes (cf Le bénéfice du doute)

C'est logique : les critiques qui vous atteignent ne peuvent être que celles qui portent sur vos lieux d'investissement. Je ne parle pas d'investissement immobilier (quoique) mais bien d'investissement psychique.

En l'occurrence les critiques sur la maison de Socrate sont ambiguës. "Chacun" le débine, certes, mais avec un argument béton possiblement positif : dans tous ses aspects la maison est indigne d'un tel personnage.

Ambiguïté = verre à moitié vide ou à moitié plein.

Socrate a alors le choix de son interprétation.

Verre à moitié vide : ta maison est un trou à rat, mon pauvre Socrate !

Verre à moitié plein : une maison si petite ne correspond pas à ton standing. N'oublie pas que t'es en première place dans le who's who des philosophes.

Philosophe, oui, et pas moins psychologue, habile on le sait à accoucher la vérité, Socrate détecte derrière le compliment de façade un vice caché. Lequel ? Jalousie, bêtise, conformisme ? Peu importe à vrai dire.

La maison est petite, c'est exact. C'est qu'elle est destinée à recevoir des vrais amis.

Et vous savez quoi ? Côté petitesse et étroitesse, la maison elle est pas la seule, chers amis. Du coup pour des gens comme vous elle est encore bien trop grande.

(Quand il s'y met Socrate il a pas peur de balancer).

 

Le bon Socrate avec raison

De trouver pour ceux-là trop grande sa maison.

Chacun se dit ami ; mais fou qui s'y repose :

Rien n'est plus commun que ce nom,

Rien n'est plus rare que la chose.

 

Y a des jours où La Fontaine est un peu amer.

Et y a des jours on n'est pas si loin de le comprendre.

 

PS : mon titre vient d'une phrase d'Horace (euh, je crois, en tous cas d'un grand poète latin) exegi monumentum aere perennius = j'ai construit un monument plus durable que l'airain. 

 

 

 

 

09:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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