Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Comme parfois elle m'échappe

« Apollonius(1) disait que c'était aux serfs de mentir, et aux libres de dire la vérité.

C'est la première et fondamentale partie de la vertu. Il la faut aimer pour elle-même.

Celui qui dit vrai, par ce qu'il y est d'ailleurs obligé et par ce qu'il sert, et qui ne craint point de dire un mensonge, quand il n'importe à personne, n'est pas véritable suffisamment.

Mon âme, de sa complexion, refuit la menterie et hait même à la penser.

J'ai une interne vergogne et un remords piquant, si par fois elle m'échappe, comme parfois elle m'échappe, les occasions me surprenant et agitant impréméditéement(2).

Il ne faut pas toujours dire tout, car ce serait sottise ; mais ce qu'on dit, il faut qu'il soit dit tel qu'on le pense, autrement c'est méchanceté. »

(Montaigne Essais livre II chapitre 17 De la présomption)

 

(1)Apollonius de Thyane (Pythagoricien, 1er siècle).

(2)Sans que j'aie pu réfléchir à l'avance. À vrai dire, moi j'avoue que j'aurais aimé des exemples de ces occasions où il a laissé échapper une menterie. Mais il n'en donne pas ...

La méchanceté de ne pas dire les choses telles qu'on les pense, je la comprends comme un positionnement de supériorité par rapport à l'autre. Qu'il soit conscient, délibéré, ou pas, peu importe : en pratique pour l'autre ça revient au même.

Parfois c'est qu'on veut être « gentil », protéger l'autre supposé incapable d'entendre rien que la vérité toute la vérité. Alors ce qu'on pense, on le lui présente enrobé, atténué.

Parfois c'est juste pour le plaisir de le prendre pour un con … Histoire d'être sûr que l'on n'en est pas un soi-même ?

 

Écrire un commentaire

Optionnel