Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/02/2018

Nage libre

Tu cherches du travail demain ?

Non j'ai piscine

(Alès, 2014)

 

Voilà un dialogue que nous situerons en marge d'un colloque sur le travail. Deux éminents sociologues, à l'issue de la session, sont allés prendre un verre (ou plusieurs qui sait).

Quoi qu'il en soit, dans un louable souci de vulgarisation de leur savoir de spécialistes, ils ont décidé d'afficher pour le tout-venant les deux visions qui les ont opposés en un débat dont la vivacité n'a pas empêché la courtoisie.

Le premier est de toute évidence acquis aux thèses qui font du travail la base du lien social et de l'épanouissement humain.

Il insiste cependant sur le fait que, tout bien essentiel qu'il soit, le travail n'est pas donné immédiatement : il s'agit de le chercher, de le mériter, de s'en rendre digne.

(Nous décèlerons par là son adhésion aux théories anglo-saxonnes marquées par le protestantisme).

Dans cette logique, le point d'interrogation appuie la fonction conative du discours. Le tagueur entend inciter son lecteur à faire preuve de dynamisme, de volontarisme, de persévérance.

(Quel meilleur mot que demain en effet pour suggérer l'inscription dans un projet ?)

 

D'après sa réponse, le second chercheur a choisi de tout autres références. Après le libéral, le libertaire. Il plaide clairement pour une société des loisirs, où chacun puisse épanouir sa créativité. Chose rendue possible par le partage du travail.

(Et un travail véritablement utile au corps social) (dirais-je en développant l'implicite de la notion de piscine) (ben oui nage = corps, eau du bain = collectivité).

Peut être même va-t-il plus loin, revendiquant avec Paul Lafargue le droit à la paresse, si l'on en juge par la passivité, voire le manque d'autonomie que suggère j'ai piscine.

(Je vais à la piscine aurait connoté plus d'engagement).

(Pour tout dire je ne l'imagine pas plonger du haut du grand plongeoir).

Cependant nous n'aurons garde d'oublier la fermeté du non opposé à la question de son confrère, dont on a pourtant noté toute la force de conviction, voire de pression.

 

Bref en guise de conclusion à cette trop brève analyse, j'émets l'hypothèse que notre premier sociologue serait assez d'accord avec cette mère admonestant son fils ado :

Profite de la crise pour ranger ta chambre (Paris 13°, 2015)

(Quoi sexiste ? Ce père admonestant sa fille, ça vous va ?)

Et le second avec :

Dopo Marx aprile  (= après Marx avril) 

(Italie, printemps 1977)

 

10:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

04/02/2018

Ma pomme c'est moi

J'emmerde Newton, j'suis pas une pomme (Lyon, 2017)

 

J'suis pas une lumière, j'emmerde Einstein

J'suis pas plongeur, Archimède je l'emmerde

 

J'emmerde Flaubert, madame Bovary c'est pas moi

J'emmerde Proust, j'attends pas Madeleine

J'suis pas une cloche j'emmerde Quasimodo

 

J'emmerde Hugo, signé Boss

J'emmerde Rousseau, signé Zadig et Voltaire

J'emmerde Nietzsche, signé Zara

 

Enfin vous voyez l'idée. Pas besoin de vous faire un dessin.

 

D'ailleurs j'emmerde Michel-Ange, j'suis pas Sixtine qu'on croit

J'suis pas si Joconde non plus, j'emmerde Vinci

(pas le bétonneur) (quoique) (le bétonneur aussi) (surtout en fait)

 

J'emmerde Van Gogh, j'suis pas un tournesol

Et en plus j'ai pas d'oreille

 

Du coup j'emmerde Mozart aussi

 

Ho et puis zut (Nantes, sept 2016)

(Pardon je voulais dire « flûte »)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2018

Choisir son camp

Expulsons les exilés fiscaux (Paris 3°, 2010)

 

- Eh oh c'est indigne, c'est nous infliger la double peine, pauvres de nous !

 

- Mais vous l'avez un peu cherché quand même. Non ? Pour vous faire soigner aux frais de la sécu, squatter les infrastructures bien entretenues pour la bonne marche de vos petites entreprises, faire instruire vos enfants, soigner vos vieux, et même régler vos contentieux, tout ça grâce au travail de fonctionnaires ...

 

- … Ces planqués qui gonflent le déficit ?

 

- Eux-mêmes pour vous servir. Bref pour profiter de notre bel État-Providence, vous vous posez là. Mais curieusement, quand il s'agit de contribuer à financer tout ça, y a plus personne, vous vous évanouissez dans la nature …

 

- Ben ouais mais c'est normal qu'on se protège, on a déjà donné. On est des entrepreneurs créateurs de richesse, nous, on vous fera dire.

 

- Je dirais plutôt prédateurs de ressource (humaine et autre) à votre profit.

 

- So what ? Vous voulez faire de nous une pauvre proie pantelante sous les crocs du fisc (vade retro) ? Devrions-nous engraisser de bonne grâce des fainéants, des assistés ou pire (horresco referens) des immigrés ?

Arrêtez de nous persécuter. Cessez cette abjecte chasse au riche. On n'est quand même pas des criminels. On pompe pas toute la misère du monde. On en prend juste notre part.

C'est comme ça la vie, suffit d'être du bon côté.

 

Mal acquis sert aussi (Genève, 2011)

 

 

 

10:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)