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27/07/2016

Pas eux

Nicolas ? Un vrai cador. Il savait tout. Bon, là il y allait pour un concours qui portait sur son point fort, faut voir. Concours pour aspirants politicards ou marchands garantis haut vol.

Du coup aucun souci. Tout lui collait, il affrontait tout sans complication, tout lui paraissait opportun.

Il avançait sans travail (aurait-on dit) sans circonlocutions surtout.

La composition du matin fut l'occasion d'un magistral rapport. Il consolida sa vision. Par discrimination, cas par cas. Topos adjoints, jargon ad hoc. Subsumant tout ça au poil pour finir. Un boss, clair. La composition, gros bout, gras du concours : voilà, un truc acquis pour lui. Fait, parfait.

Quant à l'oral, il assurait aussi. Tout s'archivait, s'inscrivait sans à-coups dans son cabochon. Façon ordi. S'insinuait par imbibition on aurait dit. Puis il avait plus qu'à sortir tout ça au (ou à la) prof : un audit sans bug, à tous coups.

Alors pourquoi ça coinça ? À mon avis la prof magouilla. Pour qui ? Va savoir. Ça jalousait autour, sûr. Lobbying anti-lui, quoi.

Clair la prof aussi avait son plan ambition, pourquoi non ? Tout itou qu'un macho.

Un truc sûr : la nana a fait son max pour son ostracisation du concours, à Nicolas, sa capitulation, son abdication, sa fin quoi.

Mais narrons. Donc, il avançait au poil dans son topo, pas un mot manquant, tout ça dans l'organisation optimum. Un vrai cador. Qu'il croyait.

Car tout à coup, un blanc. Ça sortait plus, ça sortait pas : la disparition.

Là, il fait quoi ? Installation dans un trip craignos. Du coup, un truc qu'il fallait surtout pas, d'instinct il bafouilla : « euh … »

Voilà, il jouait, puis au final : mat, sans avoir dit ouf.

Alors la nana a fait quoi ? Pas ouragan, pas Attila pourvu d'un jupon (disons ça pour stimuli imaginatifs). Non, ça la jouait soft, susurrant : « Candidat, voyons, ton ambition ? Plus la foi ? Tu sais plus quoi ni qui ? Tu dis pourquoi moi ? Pourquoi pas moi ? Mauvais battu, va  ! Ou plutôt mauvais gagnant 

Là, top auto-satisfaction, la souris. Pour son bon mot, souris mutin. Bon d'accord : humour-croco, humour-loup. Mais ça plaît aux boss, aux aspirants boss, aux alligators du marigot.

Sauf à Nicolas. Lui ça lui a pas plu, tout alligator qu'il soit. Aucun fair-play : tout lui, quoi.

Pour conclusion quant à nous sachons : si tu choisis l'ambition, sois cador dans un truc, la loi du plus sournois.

La loi du zoo.

 

 

 

 

 

 

10:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

23/07/2016

Faux départ

 

Entraînés, on est entraînés, oui ou non ?  Motivés, on est motivés, oui ou non ?

C'est la course-test pour notre équipe. Cette course-là, faut pas la rater, et on va pas la rater, je vous promets.

Et puis je vous sens gonflés à bloc, les mecs ! Je me trompe ?

Quoi ? Vas-y, parle plus fort, vieux … Quoi porter la poisse, mais non pourquoi tu nous porterais la poisse ? Mauvais pressentiment ? Pas ta place avec l'équipe ?? Mais ça va pas, vieux !

Tu veux mon avis : tu nous fais juste un mauvais trip, une crise top angoisse, un spleen high level, appelle ça comme ça te chante. J'ai pas raison, les autres ?

On est là, nous, vieux, avec toi, on est tous ensemble ! On fait équipe oui ou non ? Une course en relais c'est ça : on tient le coup, on lâche rien (et surtout pas le témoin) tous pour un un pour tous, on retient rien, on y va à bloc chacun pour son parcours.

Et personne se pose la question « comment je ferai, si je m'épuise au relais, pour gagner ensuite mes courses en solo, mon 100 m tout ça ». On n'est pas comme ça les gars, oui ou non ? On est collectif nous.

Allez c'est pas tout ça on s'y met, échauffement et que ça saute, hop hop.

                                                                                                                                                   ***

Alors là je sais plus quoi penser, les gars, qu'est-ce que vous voulez que je vous ...

J'y pige rien à rien. On était prêts à 150% oui ou non ? Si je checkliste : forme parfaite, stratégie au point, pas un raté à aucun entraînement.

Et juste là, y en pas un qui a fait un passage correct, j'ai raison oui ou non ?

Mimi il nous lâche le témoin un temps avant que Jojo se place, résultat le truc par terre, Jojo obligé à le ramasser, après Cricri qui s'emmêle les pattes et qui frôle Nono sur son couloir : résultat chutes en série et le témoin qui vole sur vingt mètres … mais vous avez vu ça où, les gars ?

La honte oui ou non ? À croire qu'on a eu le mauvais œil, non sérieux j'y pige rien à rien.

Quoi ? Vas-y parle plus fort ! Quoi justement mauvais œil, quoi si on t'avait écouté, quoi tu nous avais prévenus ... Oh écoute tu sais quoi, tu commences à nous courir !

C'est vrai tu fais chier, à la fin, Dédé …

 

 

 

 

 

10:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

20/07/2016

Passe et manque

 

« Faites vos jeux. Rien ne va plus. »

 

Le jeu me passionne, à la folie.

Une partie jamais terminée, engagée depuis longtemps, depuis toujours. Partenaire : le hasard. Seul partenaire, en réalité. Disons seul partenaire digne du nom.

Les partenaires humains, quand nous jouons au bridge, au tarot ou à n'importe quoi d'autre, ne sont là, je dois me l'avouer, que pour faire de la figuration. Je sais qu'il en est de même pour eux. On ne se l'est pas dit, pas la peine, on sait qu'on est tous pareils, tous les joueurs.

On se dit qu'on n'aura vraiment gagné la partie que le jour où le hasard en personne avouera sa défaite.

Faut être fou pour penser une telle issue possible ? Je le suis.

Le jeu me passionne, à la folie.

Mais je ne joue pas d'argent. Je ne suis pas assez fortuné. Mais là n'est pas la raison déterminante. Dans jeu d'argent, il y a surtout argent. Et moi je préfère le jeu.

Stupide je sais, l'un est utile et l'autre pas. Mais on ne se refait pas. Gagner de l'argent, ou prétendre le faire, autrement dit se vendre, a toujours été pour moi synonyme de vulgarité. (Stupide, névrotique, maso, oui je sais : figurez-vous que je me le sers moi-même avec assez de verve).

Gagner de l'argent par le jeu est déjà passible d'une telle vulgarité. Mais en outre il s'agit d'une absurdité : la vérité du jeu est la gratuité. Évident, non ? Qui ne joue pas pour rien, il ne joue pas vraiment.

Voilà une maxime d'allure joliment philosophique, quasiment montaignienne. Montaigne aussi (toutes données égales par ailleurs) était un joueur. Logique : en réalité, sur un plan philosophique, il est évident que la raison est du parti du jeu et pas d'un autre.

Le vrai divertissement est une manière fort raisonnable d'en user dans la vie. Le vrai divertissement, jouer pour rien : rien à perdre, rien à gagner. Ni plus, ni moins : la gratuité. Et quel gain est plus désirable que la gratuité ? Évident, non ?

 

« Faites vos jeux. Rien ne va plus. »

J'ai joué le zéro, je ne joue que le zéro. Jamais rien d'autre. Défier le hasard est affaire d'immobilité, d'attente prudente. Le hasard est un fauve qui se guette à l'affût.

Je sais qu'un jour il viendra dans mon domaine. Un jour on se trouvera. Et on jouera le grand jeu.

Un jour.

 

10:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)