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Le blog d'Ariane Beth - Page 335

  • Keyword

    9 vertical 4 lettres : sortie des artistes.

    Après la définition précédente, sortie des artistes conduit naturellement au film Entrée des artistes. Au plaisir d'entendre ce drôle de bizarre Jouvet asséner à ses ouailles toute ouïe encouragements ou réprimandes de la même voix tranchante et détachée.

    Sortie des artistes ... Trac ? Mais non : un comédien ne sort pas de scène à cause du trac. Sinon le seul rôle jouable serait le rôle titre de En attendant Godot.

    Horsjeu alors ? Non : trop foot. Et trop de lettres (bizarrement). Revenons plutôt au théâtre.

    En fait quel est le mot qui au théâtre fait la sortie des comédiens (des artistes on peut le dire parce que d'accord y en a des nuls – et des nunuches, mais globalement foule de talents sur les planches) ?

    Le mot c'est pas hou ni remboursez mais exit.

    L'auteur le glisse dans ses didascalies de façon régulière, pour remiser un rôle au jardin, en parquer un autre dans un coin de cour. Sinon ce serait le grand embouteillage en scène.

    Exit donc. Beaucoup d'autres avec lui dans les grilles sont partants pour concourir au palmarès du meilleur mot latin dans un rôle de mot croisé. Genre : item ego idem apriori (sic).

    Et puis ut.

     

    Arrêtons-nous à ce dernier. Nous l'avons, hasard ou nécessité, dans notre grille en 4 horizontal défini : dans les intentions de César.

    Pour le César en question ne pensons pas malgré le contexte à la sculpture éponyme, mais bien au Jules qui franchit le Rubicon avec intention moins pure que l'eau qui y coulait.

    Quoique. Il se peut que le Rubicon fût pollué même en ces temps antiques. Par des boues rouges. D'où son nom (eurêka).

    Bref en latin ut signifie pour que, afin que.

    Et aussi comme (ça c'est une langue pragmatique & économe).

    Ut ne désigne donc pas toujours la note de musique. Mais notons que dans ce cas ut est latin itou.

    En effet le nom français des notes vient d'une hymne médiévale latine à St Jean-Baptiste. Drôlement raccord avec exit.

    Comment pourquoi ? Notre JB national, Molière de son nom de scène, l'écrivit plus souvent qu'à son tour, non ? Shakespeare lui, pour des raisons sur lesquelles on se perd en conjectures, anglicisa parfois le mot latin.

    La preuve ?

    Cameron : A horse ! Downing Street for a horse !

    Farage : Woe thee my gentle lord ! T'is just time to leave ! (Brexit)

    Cameron : OK go ! And let's refile the hot potatoe to Lady T. (Brexit)

    Lady T : Degonfled ! Hotpotatoe, hotpotatoe, have I a gueule of hotpotatoe ? Anyway I'll assure. (Brexit singing God save the Queen)

     

    Oui alors l'hymne.

    Ut queant laxis/ Resonare fibris/ Mira gestorum/ Famuli tuorum.

    Pour le sol j'ai oublié (aussi pour la et si) mais ce n'était pas le mot soleil (illogique vu que la St JB correspond au solstice d'été).

    En tous cas je gage que Melle Biron, la prof de musique du pensionnat, serait bien contente de voir que 50 ans après me reviennent des échos de son enseignement.

     

  • Dolce vita

    7 vertical 4 lettres : chef de bandes italien.

     

    Une fois n'est pas coutume, commençons par donner la solution. Rosi.

    « Ah bon ? Quel rapport entre rosir et l'Italie ? Je connaissais voir Naples et mourir, y aurait-il aussi, quoique moins souvent évoqué, voir Parme et rosir ?

    Les bandes en question seraient alors les copeaux du fromage éponyme qui, répandus par le chef (Fabrizio de son petit nom) sur des rondelles de tomates basiliquées pour l'occasion (bien qu'à Parme il s'agisse comme chacun sait de chartreuse et non de basilique) s'imprègnent de la couleur d'icelles »,

    dira le lecteur ou la lectrice.

    (La lectrice plus probablement : bien plus de femmes que d'hommes groupies des immortels héros de Monsieur Beyle, va savoir pourquoi.)

    En tous cas je suis épatée. Quelle imagination dans la logique, quelle logique dans l'imagination ! Lectrice, lecteur, je suis contente de toi.

    Et à vrai dire un peu jalouse : voilà une explication que j'aimerais avoir trouvée.

    Sauf que c'est pas ça. Rosi est en fait un nom propre.

    « Ah bon ? On n'est pas plus avancé pour autant : les Rosi en Italie ça doit pas manquer, comme les Blanc en France, non ? »

    Là maintenant je dois te dire que tu me déçois, lecteur. Chef de bandes ça te fait penser à quoi ? (En n'oubliant pas que ce blog est tout public)

    « Euh, chef de bandes … Rosi serait un mafieux célèbre ? »

    Eh voilà, c'était le gros méchant piège du verbicruciste. Bon, on va faire avance rapide : figure-toi que le Rosi c'est le cinéaste et la bande c'est la pellicule la bobine tout ça.

    (Le vc parle comme avant le numérique, il fait dans le vintage, mêmement que moi à mes moments George Sand).

    Mais ton hypothèse de mafieux m'amène à une réflexion. Il y a d'autres noms de cinéastes qui tournent régulièrement dans les grilles. Tels Lean ou Reed, bien pratiques pour les croisements et carambolages de voyelles afférents.

    Les définitions varient selon le casting, faisant en général allusion au plus grand succès rencontré par le type.

    Mais je n'ai jamais trouvé la définition chef de bandes qu'associée à des Italiens : Pasolini Fellini Benigni Risi. Rosi donc. (À l'exception notable de Visconti).

    Voilà un racisme inconscient antirital où je m'y connais pas (je dis ça parce que le verbicruciste est belge) (mais j'ai rien contre les Belges) (mais une branche de ma famille est d'origine italienne) (mais aucun rapport).

    Au fait pourquoi l'exception Visconti ? Eh bien je pense qu'il est associé à grande famille plutôt qu'à famille mafieuse. (Le vc en plus d'être raciste est donc snob).

     

    Bref sa définition je vais lui mettre huit et demi (bien payé).

  • Hasard et nécessité

    10 horizontal 8 lettres : faire une mauvaise rencontre.

    J'entends spontanément rencontre au sens premier-né de ce mot : hasard, coïncidence. La faute sans doute à une fréquentation trop assidue d'auteurs trop classiques.

    Mais à chacun ses perversions lexicales.

    Et d'ailleurs il semble que je partage celle-ci avec notre verbicruciste. Car l'idée de mauvaise rencontre induit celle d'aléa.

    On me dira c'est pas parce que la rencontre est bonne qu'elle n'est pas imprévue, aléatoire itou. Je n'en disconviens pas.

    Mais admettons que l'on sache par avance que la rencontre sera mauvaise, alors on fera son possible pour l'éviter. Autrement dit on peut supposer que si pour une bonne rencontre le doute est permis, une mauvaise rencontre a toutes les chances de ne se faire que par hasard.

     

    L'ennui c'est que hasard n'a pas assez de lettres et coïncidence beaucoup trop. Ça tombe mal.

    Faut-il chercher alors du côté de rencontres qui, quoiqu'elles aient toutes les chances d'être mauvaises, ne laissent pas d'être prévues, voire organisées ?

    Genre négociation d'un cessez-le-feu pour une quelconque des guerres qui sont sur le, conciliation avant un procès, sommet international pour le désarmement. Le climat. Le commerce.

    Sauf que FMIser trop court, tout comme ONUser.

    (De plus suis jamais tombée sur une grille osant le néologisme abracadabrantesque).

     

    Non décidément il faut garder à rencontre son sens d'accident (toujours se fier à sa première intuition). J'entends là encore accident au sens classique.

    Quoique. Au sens moderne, il va plutôt bien avec notre définition.

    Ah voilà on tient le bon bout.

    Faire une mauvaise rencontre voyons voyons. Accidenter, froisserdelatôle, césarcompresser. Percuter.

    Percuter ! Bon sang mais c'est bien sûr. Quoique. Percuter n'est-ce pas plutôt de nos jours faire une bonne rencontre, au sens classique ?

    Discerner, avoir la bonne intuition, voire trouver le mot juste.

    En langue jeune j'entends (Quoique : jeune, encore ? Vous avez remarqué : la sémantique est un truc qui nous fait prendre des coups de vieux non stop).

     

    Toujours est-il que ce sens de percuter est consolant : une mauvaise rencontre peut toujours en cacher une bonne.