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08/11/2018

Epi c'est tout

Schibboleth n.m.

Avant 1778. mot hébreu « épi », du récit biblique selon lequel les gens de Galaad reconnaissaient ceux d'Ephraïm en fuite à ce qu'ils prononçaient sibboleth.

RARE Épreuve décisive qui fait juger de la capacité d'une personne.

 

Si Robert s'était présenté avec cette définition au SADE*, le jury l'aurait recalé vite fait. Pourquoi ?

1) L'étymologie. C'est quoi cette phrase alambiquée qui en dit trop ou trop peu ? Pourquoi ne pas noter juste mot hébreu épi, et laisser le lecteur se renseigner lui-même, ou imaginer.

Quoique, ça c'était plutôt envisageable pour le SADÉ** c'est vrai.

Alors fallait donner l'explication dans toute sa précision. Mot du récit biblique il se fout de nous : vu le nombre de pages de la Bible, ou seulement des livres historiques (je suppose que c'est ce qu'il entend par récit), un indice n'aurait pas été du luxe.

Et que vient faire l'épi dans l'histoire entre Ephraïm et Galaad ? Un conflit sérieux apparemment : qui dit fuite dit peur dit menace. S'agissait-il du leadership sur l'exportation de blé au Moyen-Orient ?

(Pas d'aujourd'hui que la guerre économique est sans pitié).

Pour ceux qui veulent savoir (j'ai cherché, moi) voir livre des Juges chap 12 (bon courage).

 

2) Rare c'est pas faux. Personnellement je n'ai lu ce mot que dans des textes de Freud (et consécutivement de Lacan, et divers commentateurs de l'un ou l'autre ou les deux).

Il dit qu'adhérer à son interprétation du mécanisme du rêve est « le schibboleth de la psychanalyse ».

Mais du coup cela amène à contester la définition de Robert. Plutôt que test d'aptitude, il s'agit bien d'une preuve d'appartenance à un groupe, d'un mot de passe comme au livre des Juges.

Avec la psychanalyse cependant, et quoi qu'en dise Onfray, la tension n'a jamais atteint le niveau biblique  : si le mec d'Ephraïm disait sibboleth, le gus de Galaad le zigouillait aussi sec.

Entre nous je plains le Galaad malchanceux qui avait un cheveu sur la langue.

Je l'imagine au check point.

- Oh toi t'as pas l'air d'être des nôtres … Répète après moi pour qui chont chez cherpents qui chifflent chur vos têtes ...

- Des vôtres ? Mais si !

- Rechte poli ch'il te plaît !

 

Personnellement j'aurais vécu au chap 12 du livre des Juges, je me serais installée comme orthophoniste.

 

*Schibboleth d'Aptitude des Dictionnaires Enseignants

**Schibboleth d'Aptitude des Dictionnaires Énigmatiques

12:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

05/11/2018

Soupe à la grimace

Maussade

malsade XIV°. De mal et ancien français sade, latin sapidus = savoureux.

 

Marrant, non ? Alors là Robert m'en bouche un coin. J'aurais jamais deviné que la métaphore sous-jacente fût culinaire.

- Ariane, ma mie, votre brouet n'aurait-il point tourné, ne lui trouvez-vous point quelque aigreur, comme un arrière-goût ... Il y a un mot pour cela ...

- Si mon brouet, comme vous dites si délicatement Messire Robert, n'a pas l'heur d'enflammer vos papilles ...

- Ah je l'ai sur le bout de la langue … C'est un mot un peu moderne mais que diantre il faut être de son temps, nous vivons tout de même en plein 14°... Maussade, voilà.

- Maussade ? C'est à moi que vous parlez, Robert ? C'est à moi que vous parlez ?

- Il ne s'agit que d'un brouet, n'en faites pas un plat, voyons ma mie. Peut être est-ce juste défaut de sel. Mais au taux où est la gabelle, je conçois ...

1) Qui est peu gracieux peu avenant qui laisse voir de la mauvaise humeur, voir chagrin grognon revêche acariâtre acrimonieux aigri hargneux

C'est moi qui l'invente peut être, Robert ? J'ai parfaitement capté l'allusion, j'ai déchiffré le sous-texte, je suis peut être mauvaise cuisinière, mais je suis pas totalement conne, figurez-vous.

- Voyons Ariane ma mie, n'hystérisez point le débat.

- Ah voilà je l'attendais celle-là. Toutes les mêmes, hystériques, grincheuses, aigries, maussades-agressives …

- Tiens maintenant que vous le dites, c'est vrai ça, dans maussade il y a maux et …

2) Qui inspire de l'ennui voir ennuyeux, terne, triste. CONTR amène charmant enjoué gai jovial. Divertissant.

Vous devriez lire vos définitions jusqu'au bout, Robert.

- OK OK allez : un point partout balle au centre passons à autre chose. Je suis sûr que vous nous avez préparé quelque délectable dessert …

- Tarte aux pruneaux, soufflé aux marrons, crème fouettée. Cela sera-t-il assez sade pour messire Robert ?

 

 

 

 

 

 

10:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

02/11/2018

Rage dedans

Sarcasme

Encore une suggestion de mon amie Blanche Page. Sous prétexte que ça rime avec le précédent. Blanche aime les rimes plus que de raison. Ce n'est pas un crime direz-vous.

Sauf que moi, rime pour rime, j'aurais choisi miasme (avec la diérèse mi-asme pour conserver la rythmique), là on faisait coup double : continuité phonique et sémantique avec marasme.

Mais il est rare que Blanche me laisse voix au chapitre (je ne me plains pas, je constate c'est tout).

 

Sarcasme 1546 latin sarcasmus, grec sarkasmos, de sarkazein mordre la chair (sarkos).

Personnellement j'aurais fait l'impasse sur le latin, non ? Mais Robert, dans sa passion étymologique, n'est pas du genre à badiner avec le traçage des mots. Traçons donc à sa suite.

Le dénommé sarkasmos, candidat à l'immigration en langue française, a dû facilement trouver des locuteurs (marchands probablement) pour le faire passer sur la côte sicilienne.

De là il aura gagné Rome où tous les chemins mènent (au grand dam de Mateo Salvini) (qui réfléchit sans doute aux moyens de rendre inconstitutionnel ce proverbe).

Pour finir par traverser les Alpes, la chair mordue par les frimas d'altitude.

Mais le cœur réchauffé par l'accueil de quelques polyglottes assez inconséquents pour se rendre coupables du délit de solidarité langagière.

 

1) Ironie, raillerie insultante voir dérision moquerie.

« La dérision et le sarcasme et l'injure sont des barbaries » (Péguy)

Pas faux.

On leur préférera donc le concept de mépris civilisé promu par Carlo Strenger : dire tout le mal qu'on pense d'une thèse sans attaquer la personne qui la porte. C'est pas forcément évident, mais enfin dans les situations genre débat avec Salvini ou Orban à propos de l'Europe, ça se tente, non ?

 

2) Un, des sarcasmes. Trait d'ironie mordante voir quolibet, raillerie.

Robert, pauvre inconscient !

Et la rationalisation des dépenses publiques, et la préservation des ressources naturelles, tu en fais quoi ?

Donne-toi de toute urgence l'objectif de réduire ton volume en supprimant quelques pages, diminuant ainsi les frais de rédaction, sauvant quelques arbres.

Car franchement ce n°2 s'impose-t-il ? La distinction entre l'acte de railler et le détail de ses performances était-elle indispensable ?

 

Cela dit le mot quolibet est injustement négligé, c'est bien qu'il y ait quelqu'un qui en parle.

 

 

08:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)