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12/07/2017

Tous actionnaires (6/13)

Les sept disgrâces sont loin de fonctionner indépendamment les unes des autres. Au contraire elles font système, se répondant, se renforçant, se prolongeant. Elles forment une entreprise intégrée étendant ses filiales dans tous les domaines.

Une entreprise qui n'a aucun mal à se tailler de sacrées belles parts sur le marché. Son objet étant de promouvoir dans toute leur horreur et vulgarité les mille et une manières de casser de l'humain et du lien, tout lui fait ventre.

L'entreprise DUC (Disgrâces Universelles & Capitales) tient d'une main de fer les macrostructures (oui pardon j'emploie un terme marxiste, mais j'ai pas mieux en magasin). On me dira c'est pas nouveau, c'est depuis la nuit des temps. C'est vrai.

Mais aujourd'hui y a des jours on se dit c'est vraiment le temps des nuits, un des plus sales temps pour les Lumières qu'on ait connu depuis longtemps.

Entre autres avec l'effarant mensonge appelé mondialisation. Une véritable mondialisation, faire tous humanité commune sur notre planète d'accueil, ce serait la plus belle chose que nous pourrions vivre.

Mais la globalisation mercantile qui nous est vendue (et à quel prix) sous ce nom n'en est qu'une contrefaçon hideuse, la disgrâce-même.

En retour, et c'est logique, cet échange à faux, ce marché de dupes, remet en ordre de bataille des vieilleries qui seraient risibles si elles n'étaient si ravageuses : rivalités entre nations, ethnies, religions, et leurs corollaires d'exclusions en tous genres, à commencer par celle des migrants (économiques, forcément).

Bref du grand n'importe quoi n'importe quoi pourvu que ce soit prétexte à la violence la plus archaïque qui soit.

Je tue pour exister, je ne suis que si l'autre n'est plus (et d'autant plus que j'ai peur qu'il ne soit pas si autre cf Xénophobie 21/04/16)

Effet nausée assuré sur tout humain doué d'un minimum de sens éthico-esthétique. Une nausée qui ne doit cependant pas nous autoriser le mensonge ou la tartuferie.

Car il est clair que la DUC œuvre en chacun de nous.

Elle ne pourrait tenir les macrostructures sans tenir aussi les microstructures de nos vies. Entreprise privée autant que publique. Carburant intime (parfois inconscient), de beaucoup de nos actions quotidiennes (oui OK pas toutes quand même).

Et au total, elle organise la synergie entre le global du monde et des sociétés et le petit local de nos fors intérieurs.

Moyennant évidemment le mécanisme de servitude volontaire (dirait l'ami La Boétie) ou d'aliénation (dirait tonton Marx).

 

 

 

 

 

09:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

08/07/2017

L'esprit de la lettre (5/13)

Sans me vanter j'adore chercher des anagrammes.

Cet art de donner du jeu aux lettres-mêmes d'un mot, d'une phrase. De les laisser se déplacer aléatoirement, se mettre sens dessus dessous, jusqu'à ce qu'émerge un autre mot, une autre phrase qui révéleront une autre façon d'entendre les choses.

Laquelle, comme par magie, loin de s'éloigner de la signification première, en dévoilera de nouvelles dimensions.

Mon aceglop est un mot ne veut rien dire. Simplement monstrueux, il se contente de faire entendre par sa cacophonie la barbarie qu'il signifie.

Mais il en dit beaucoup sans le savoir. Il suffit de solliciter son potentiel anagrammatique pour reformuler à travers lui le système des disgrâces capitales.

 

De l'évident d'abord :

Cegalop : comment mieux dire la colère, ce galop de furie où elle nous emporte.

Clopage correspond bien à la gourmandise.

Pulsion orale tout ça. Addictions en tous genres : clopes, sucreries ou quoi que ce soit.

Sous le signe du trop. Pas vraiment pour le plaisir, mais pour l'au delà du plaisir.

 

Un peu plus tarabiscoté maintenant :

Clapego : parfait pour l'orgueil.

Clap clap pour mon ego. S'applaudir soi-même, s'admirer devant son miroir (voire sa psyché) en Narcisse au petit pied.

Pacoleg, suivi de coplage, peut ouvrir libre cours à la paresse.

Faire l'école buissonnière (pas collège, na), et s'en aller avec quelques copains s'étaler sur la plage.

 

Carrément capillotracté enfin :

Eclogap ou egalcop parlera de l'envie.

Éclogap : un gap éclot, un différentiel se fait jour entre l'un et l'autre. Une petite différence qui va suffire à faire de chacun un égalcop, un robocop enragé à égaliser.

Non par amour de la belle valeur d'égalité, mais par incapacité à supporter de n'être pas le plus-égal.

Gecolpa évoquera une conséquence possible de la luxure prompte à donjuaniser.

En recherche de toujours plus, infidèle je papillonne. Je colle pas, à personne.

Gepalco dira l'avare : J'ai pas l'co, pas le sens du collectif.

Comme d'autres n'ont pas le sens du rythme, ne trouvent pas le tempo pour entrer dans le mouvement.

 

C'étaient donc quelques anagrammes en guise de récréation (ou pas). Nul doute qu'il y en a d'autres, et de bien meilleures.

Mais bon la prochaine fois on reprend un parcours sérieux (ou pas).

 

09:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

04/07/2017

Un mot pour le dire (4/13)

Il vaut mieux un autre mot pour remplacer péché, tant celui-ci est disqualifié, inaudible, usé voire abusé.

De quoi s'agit-il ? D'une réalité qui s'appréhende sur un mode négatif, comme un manque.

L'impuissance à s'ouvrir à l'autre, à agir pour et surtout avec lui. Spinoza dirait : le défaut conjoint d'animositas et de generositas. (cf ce blog 1er mars 2016)

On pourrait forger un mot : nonautrisme, dégénérosité, inaptautrude. Pas terrible. Ben oui à réalité moche mot inélégant.

Mais il ne faut jamais céder sur l'élégance, rempart à la bourrinitude, alors on va dire disgrâce.

Qui dit disgrâce dit d'abord grâce, c'est à dire dit quoi ?

C'est pas simple chez Robert. Il classe les sens en 3 groupes.

1) grâce en tant qu'action, comportement

a)attitude aimable b)faveur divine c)disposition à faire de faveurs.

2) grâce reconnaissance d'un bienfait : rendre grâce, ne pas être ingrat.

3) grâce comme ce qui est agréable chez quelqu'un, l'attrait, le charme, ou le fait d'être gentil, sympa, bien disposé, de bonne grâce.

Mais peut être le plus parlant est que dans mon Robert figurez-vous que grâce vient après grabuge. Éloquent, non ?

 

La disgrâce est donc inversement

1) l'incapacité à faire une faveur, ou la perte d'une faveur.

C’est par exemple ce qui arrive au bon vieux Caïn. Il espérait le regard bienveillant de Dieu, et non.

De même, quand un président de la République, dans un temps variable après son élection (notons le possible emploi religieux du terme) baisse dans les sondages, on dit qu’il perd l’état de grâce.

2) l’incapacité à être agréable. Sans charme, non tant parce qu'on serait moche, au physique ingrat, que parce qu'on est grognon et de mauvaise grâce.

3) l'incapacité à reconnaître les dons reçus. L'attitude de l'ingrat dit quoi ? Que le don qu'on lui a fait, de son point de vue, était au contraire un dû. Il n'a donc pas à en rendre grâce, à en remercier.

Et même souvent il en veut plus ou moins consciemment à qui lui donne. Il ne voit le don que comme réponse à un manque (donc sa mise en lumière humiliante).

La disgrâce en ce sens est l'incapacité à concevoir la gratuité.

 

 

 

 

08:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)