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12/12/2017

Effet dominos

Je ne m'adonne, je le crains, à aucun sport d'extérieur, à l'exception des dominos … Il m'est parfois arrivé d'y jouer, en France, à la terrasse d'un café.

Oscar Wilde (Dans la conversation)

 

Si l'on rapproche cette déclaration du célèbre No sport de Winston Churchill, on risque d'en tirer une déduction hâtive : les Britanniques seraient aussi peu portés sur l'exercice physique qu'ils le sont au contraire sur l'humour.

Déduction hâtive pour trois raisons.

1)La théorie essentialiste de supposés traits de caractère dominant chez tel ou tel groupe humain est une stupidité dangereuse, menant tout droit à des réflexes racistes, qu'ils soient grossièrement naïfs, ou subtilement pervers.

2)Les British n'ont pas tous le sens de l'humour. C'est une légende urbaine. Thatcher par exemple n'a pas vraiment fait rire grand monde (OK quelques-uns à la City de toutes leurs dents longues).

Ou Farage qui se crut drôle dans son numéro de clown brexitien. Remember ?

Avant : Le money que nous pique cette bloody Europ, je le filerai à notre système de santé. Après : Actually c'était a private joke. Funny, isn't it ?

Y en a plus d'un qui a ri yellow, actually, I say.

3)D'après le panel de sujets de Her Gracious Fiscaloptimistic Majesty que j'ai l'honneur de fréquenter ici au village, ils sont plutôt du genre qui se bouge. Jardinage, natation en saison, longues balades pour promener le chien (et cela par tous les temps bien sûr) (avec une préférence pour un bon petit crachin parce que c'est si vivifiant).

3bis)Nous pratiquons d'ailleurs ensemble un intense sport d'extérieur.

Dès les premiers balbutiements des beaux jours et jusqu'aux froids indiscutables c'est dans le jardin que nous jouons au bridge.

Dommage qu'Oscar soit un peu trop mort pour se joindre à nous.

 

 

 

 

09:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

09/12/2017

Progrès

L'humanité se prend trop au sérieux. C'est le péché originel ici-bas. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l'Histoire eût été fort différente.

Oscar Wilde (Dans la conversation).

 

Dans le film La Guerre du feu (JJ Annaud 1982) (référence antédiluvienne j'en conviens) à un moment les trois guerriers Oulhamr, partis en quête du feu pour le compte de leur tribu,  bivouaquent.

Avec eux une jeune femme d'une tribu plus évoluée qui sait "allumer le feu", elle (aussi). Ils l'ont sauvée des gros méchants anthropophages, les Kzamm.

Par hasard, (éboulement d'un bout de terrain je crois), l'un des guerriers reçoit sur la tête un caillou, et la femme éclate de rire devant son air con. Perplexité chez les mecs.

Puis l'idée fait son chemin, tandis que le petit groupe poursuit le sien. Si bien que lors d'une halte suivante, l'un d'eux (un ancêtre de Chaplin qui sait) décide de rejouer le gag.

Il balance une grosse pierre sur la tronche du copain installé un peu plus bas. Et tout le monde se bidonne, y compris l'intéressé tandis que le sang lui dégouline du front.

 

Le problème des hommes des cavernes n'est probablement donc pas de n'avoir pas su rire. Ni à proprement parler qu'ils aient apprécié même les gags un peu saignants. 

Le problème c'est quand certains se sont mis à trouver le gag encore plus drôle quand ça saignait.

Le problème suivant c'est que d'autres encore n'aient plus trouvé drôle que ce qui saignait.

On me dira : mais non, le seul problème c'est les grosses pierres. On va quand même pas s'empêcher de les ramasser, non ?

On dit souvent que la force n'est pas un argument. Cela dépend de ce que l'on veut prouver. (L'âme humaine)

 

 

 

 

 

 

 

 

08:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

06/12/2017

L'âge du capitaine

La tragédie du grand âge, ce n'est pas que l'on est vieux, mais que l'on est jeune.

Oscar Wilde (Le portrait de Dorian Gray)

 

On n'est pas sérieux à 77 ans. Oscar l'a su d'emblée, même si, mort à 46 ans, il n'a pas eu le temps de le vérifier.

Si l'on était vraiment vieux quand on est vieux, on ne se dirait plus qu'une chose : après moi le Déluge (ou la catastrophe nucléaire finale, voire la météorite dinosauricide). J'ai fait ma part : aux suivants.

Et si t'as pas fait ta part ?

Ben ça me déprime et du coup j'en fais encore moins.

Moi je me dis quand tu meurs pour toi c'est la fin du monde. Après moi le Déluge c'est peut être, après mon déluge perso plus de moi c'est sûr de sûr.

Riantes pensées qui peuvent advenir à tout âge, mais encore plus quand on atteint celui des dinosaures. Son pliocène personnel ou que sais-je (je dis un truc totalement au pif) (je suis incapable de me repérer dans les strates et les ères) (et mon futur alzheimer va rien arranger).

Il arrive que les 60 et au-delà … (au-delà ?) (non pas cet au-delà-là, au-dessus disons) (au-dessus de quoi?) (stop c'est moi qui cause) (non mais) … pensent ainsi les jours de pluie.

Mais la plupart du temps ils pensent normalement, c'est à dire comme les jeunes : qu'il y a plein de boulot pour rendre ce monde vivable (et déjà faire qu'il survive), qu'il faut s'y mettre, qu'il y a ça et ça à faire et à penser.

Du coup ils s'intéressent à la politique, l'économie, l'écologie, tout quoi.

L'ennui c'est qu'ils ne sont pas vraiment excédentaires en énergie, qu'elle soit physique, psychique, intellectuelle. Tout les touche encore au cœur, et peut être de plus en plus, mais leur cœur se fatigue si vite.

Bref y a comme un gap entre les affects qui ont toujours vingt ans et les artères (etc.) qui ne peuvent pas en dire autant.

L'âme naît vieille, mais elle rajeunit. Voilà la comédie de la vie. Et le corps naît jeune, mais il vieillit. Voilà sa tragédie. (Une femme sans importance)

Heureusement que sur le pont les jeunes moussaillons ça manque pas et en plus dans le tas y a pas que des cons.

Qu'il est absurde de parler de l'ignorance de la jeunesse ! Les seules personnes dont j'écoute aujourd'hui les opinions avec respect sont des personnes beaucoup plus jeunes que moi. J'ai l'impression qu'elles me précèdent. (Le portrait de Dorian Gray)

 

Conclusion ? Il faut imaginer Sisyphe heureux, et Noé sans rides (Et femme pourquoi pas) (Soyons fous).

 

09:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)