Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/08/2015

Anna et moi

« Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. »

 

Pas mal, hein, cette phrase ? Personnellement je ne me serais pas vue écrire Anna Karénine, j'aime mieux les trucs un peu plus courts. Bon et puis d'accord je maîtrise moins bien que Tolstoï, outre le russe, les intrigues complexes et la multiplicité des personnages. Disons que j'en aurais fait une nouvelle.

 

Pourquoi je disais ça ? Ah oui

 

Théorème romanrusse :

 

Les vieillesses malheureuses se ressemblent toutes ; les vieillesses heureuses le sont chacune à leur façon.

 

Scolie 1

 

Reste plus qu'à trouver ma façon.

 

Scolie 2

 

C'est pas le plus coton.

 

Scolie 3

 

à l'attention du lecteur attentif : c'est vrai j'ai dit qu'il n'y avait pas de vieillesse « heureuse », mais possiblement « gaie ».

Je maintiens, je préfère le mot gai.

 

Corollaire :

 

Mais qui suis-je pour corriger Tolstoï ?

 

 

 

 

 

 

 

12:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01/08/2015

Le gai vieillir

Depuis que je me suis fatigué de chercher, j'ai appris à trouver dit Nietzsche dans Le gai savoir. Une phrase après tout par laquelle on pourrait définir entre autres choses la vieillesse.

Raison pour laquelle il me prend de parler de « gai vieillir ».

Attention. Gai mais pas gaga. Nuance. Car gai ne signifie pas heureux.

La vieillesse c'est comme l'amour d'Aragon : il n'y en a pas d'heureuse. Entendons d'un bonheur qui soit que du bonheur, parfait, sans mélange. C'est comme plein d'autres choses, la maternité ou la paternité, la création. Comme la vie en fait. Vie heureuse, malheureuse ... Il y a la vie c'est tout.

 

Mon propos n'est donc pas ici de bavasser baba gaga, style « enfin le bel âge, j'aurais dû me faire vieille plutôt ». De vous infliger le topo publicitaire à glisser pour supplément d'âme dans une brochure pour avant-dernière demeure de seniors friqués. Ce genre de complexe mi-hôtelier mi-hospitalier où vieilles et vieux, le cheveu aussi argenté que le portefeuille, gymdoucent et stretchinguent dans l'eau tiédasse d'une piscine, scrabblablatent en buvant une tisane tiédasse itou, se farcissent des exercices de mémorisation rasoir contre le ratiboisement de leur mémoire – salaud d'Alzheimer.

Des vieux qui ont à leur service pour tout ceci, et plus tard pour les torcher, des jeunes non argentés pas que capillairement, qui acceptent de sortir des statistiques du chômage en échange de stages ou de missions. Il faut bien survivre. Pour vivre sa vie, sa vraie vie, on verra plus tard. Quand on sera vieux ? Non, je rigole, eux la retraite dorée ils connaîtront pas (quoique, sait-on jamais). Pourquoi ne les nomme-t-on pas minors, au fait ?  

 

Mais bref, laissant à votre entière initiative et responsabilité la réflexion économico-sociologique, pour ma part je m'en vais simplement vous dire comment vieillissante je découvre la vieillesse. Découvrir je dis bien, avec les connotations pionnières que cela suppose. J'ai ma vieillesse devant moi, alors que le reste est derrière, confit en souvenir ou effacé par l'oubli. Passé.

Théorème puéril :

Ma vieillesse aujourd'hui est plus neuve que mon enfance.

 

Démonstration.

Tout ce qui est aujourd'hui est plus neuf que ce qui était hier. Et a fortiori avant-hier, ce qui est le cas de mon enfance.

Or ma vieillesse est aujourd'hui.

Donc.

Voilà.

Na.

08:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

29/07/2015

Définitivement

Vieux (page 2711 de Robert) pour ce mot une colonne et demie en tous petits caractères sur papier Bible. Ça veut tout dire.

Vieux : qui a vécu longtemps, qui est dans la vieillesse ou qui paraît l'être.

Ou qui paraît l'être … Voilà qui donne à penser. Bon, ce que ça veut dire, on voit à peu près. « Untel n'a que n ans ? Comment qu'il fait vieux le pauvre ! »

Mais que vient-ce faire dans la définition ? Ne serait-ce point là un message subliminal comme en balancent de vulgaires vendeurs de tabêtes ou de crèmes de jour ? (Voilà qui ne peut manquer d'entacher d'un grave soupçon de conflit d'intérêts la réputation d'objectivité de tout dico qui se respecte).

Un message qui dirait : « Vous savez nous les auteurs de dico on n'est pas vraiment vieux. On fait juste semblant pour inspirer confiance, conscients qu'on est de l'association vieillesse/sagesse pour le sens commun. » Étonnant, non, la persistance de ce préjugé ? Au vu des innombrables démentis qui lui sont infligés par tous les vieux cons qui encombrent partis politiques, médias, entreprises, universités, sans compter le monde de l'art ou de l'édition. (Mais justement ça compte pas).

Cette définition me suggère en outre une autre pensée (ah ah deux pensées à la suite : décidément 60 ans et tous ses neurones). Supposons des gens qui ont vécu pareillement longtemps (notons la précision toute proustienne du terme), qui sont donc strictement au même endroit de la vieillesse, à mon avis paraîtra plus vieux celui qui durant ce longtemps a trouvé le temps long plus souvent qu'à son tour. Celui en un mot qui a passé sa vie à s'ennuyer. Et par la même occasion a pourri la vie des autres par sa rabatjoietitude.

Vieillir : prendre de l'âge, s'approcher de la vieillesse, continuer à vivre, vivre alors qu'on est déjà vieux. Une définition à déconseiller absolument aux vieux dépressifs. Ou alors la faire précéder d'un communiqué d'avertissement. « Lire un truc pareil nuit gravement à votre santé mentale et à celle de votre entourage ». « Penser tue ». « Ne pas penser rend con ». « Choisissez ».

Prendre de l'âge. Qui a le loisir d'en laisser, je le demande ? Enfin oui on peut toujours, mais alors on laisse tout le reste avec.

Et puis continuer à vivre alors qu'on est déjà vieux ... « Dis donc Vieille Chose, on continue à squatter la vie ? T'es sûre que ça vaut le coup, dans le sale état ou t'es ? C'est bon t'as fait ton temps. » Est-ce de la part de Robert discrète invite euthanasique concernant les autres vieux, ou inconscient désir suicidaire ? Mais le pompon revient à s'approcher de la vieillesse. Autant dire franchir un tabou, baiser un lépreux, enfin tout ça.

Bref nous conclurons que du point de vue de Robert la vieillesse c'est pas gagné. OK mais vous savez quoi ? C'est pas parce que c'est un dico qu'on va lui laisser le dernier mot, à ce rabat-joie.

09:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)