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01/04/2017

Rolling stone

 

« Pierre qui roule n'amasse pas mousse. »

 

Ce proverbe, dit mon dico, se veut un encouragement à la persévérance et à la cohérence.

Genre que si tu essaies trop de trucs dans trop de directions différentes, si tu s'accroches pas un temps suffisant même que les résultats sont pas là immédiatement, eh ben tu creuses pas ta carrière tout ça.

Sur le fond d'accord. Faudrait que je sois sacrément de mauvaise foi pour contester cette idée, au vu de ma propre expérience.

Cependant je ne suis pas sûre que la métaphore soit des mieux choisies.

 

En effet, peut être suis-je mal renseignée, mais quel est l'intérêt d'amasser de la mousse ? Je m'interroge. Et encore plus sur une pierre ??

Intérêt esthétique ? Faut aimer le pas net alors. OK si on évoque par là le style grunge, Kurt Cobain tout ça, mettons.

Mais globalement mousse sur pierre égale surtout moisi.

Intérêt économique ? Aucune idée de la cote en bourse de la mousse, mais ça doit rarement atteindre des sommets.

Et d'ailleurs à partir d'une certaine altitude, la mousse s'appelle lichen. Non ? Me jetez pas la pierre je n'ai étudié ni la botanique ni la géologie.

Quoique. Pierre et mousse ça peut payer sur une toile de Monet ou Cézanne. Synthèse esthétique et gros cailloux.

 

Bref à mon idée une fois de plus le proverbe ne dit pas ce qu'il veut dire. Il dit autre chose qui est au fond ce qu'il voulait vraiment dire, mais sans le savoir.

C'est comme un lapsus vous suivez ?

Ce qui est normal vu que lapsus signifie glissade.

Et qu'une pierre couverte de mousse, c'est assez casse-gueule, les pratiquants de GR ne me contrediront pas. Ils ajouteront que côté casse-gueule y a aussi la pierre polie par des myriades de promeneurs.

Heureusement qu'en général la pierre elle est ou polie ou moussue. Les deux à la fois c'est moins fréquent.

 

Bref tout ceci pour dire : ce proverbe, il me plaît de l'entendre à l'inverse du dico. Attirant l'attention sur les bienfaits du mouvement, au propre comme au figuré.

Il me plaît de l'interpréter comme un plaidoyer pour le déplacement, l'exploration, la découverte. Une mise en garde contre la sclérose.

L'invitation à se bouger au lieu de moisir dans l'immobilisme.

 

Un exemple de ce que j'avance là ? 

Mick Jagger arpentant la scène, inépuisable en ses sautillements, d'un dynamisme si contagieux. Qui n'aurait envie d'entrer dans sa danse ?

 

 

09:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

30/03/2017

Second souffle

 

« Il n'y a que le premier pas qui coûte. »

 

Peut être, mais on hésite souvent à le faire.

Dans nombre de cas l'on doute.

Une hésitation raisonnable ?

 

D'un côté d'accord : faut pas avoir beaucoup roulé sa bosse pour le savoir, y a pas qu'au premier pas qu'on casque.

La preuve les bébés, regardez-les hésiter, j'y vais j'y vais pas ? Ils anticipent les genoux écorchés et autres patates.

 

La vie, c'est un peu comme l'autoroute.

Vous en connaissez une, vous, où seul le premier kilomètre soit payant ? Sur l'A75, il n'y a qu'un péage, au viaduc de Millau, me direz-vous. Mais on sera d'accord : là ils se remboursent quand même pas trop mal, les actionnaires.

Il est vrai que comme il s'agit d'une entreprise philanthrope et citoyenne, on paye de bon cœur. On a l'impression de faire quelque chose pour la collectivité, genre donner son sang, participer au téléthon …

 

La vie c'est comme l'autoroute, quand on croit que ça roule c'est qu'on se fait rouler.

Non seulement le premier pas, mais le reste de la course est loin d'être gratuit. Beaucoup de pas sont cher payés, et en plus, on n'est pas sûr que le dernier nous rembourse.

Quoi qu'en disent certains trépasser ne mène nulle part.

Et ainsi ce proverbe pose, pour inciter à se lancer dans l'entreprise, une affirmation gratuite qui n'engage que lui, dont la fausseté est vite vérifiée.

 

Oui mais d'un autre côté : a-t-on le choix ?

À l'arrivée on finit par savoir que vivre, c'est accepter de perdre, qu'il n'y a souvent rien à gagner.

La vie c'est juste marche ou crève.

De toutes façons si on reste en stand by on va pas loin. Alors bon. Maintenant qu'on y est.

Marche ou crève, et comme de toutes façons tu crèveras, autant marcher de bon cœur et de bon pied.

Un voyage de mille lieues a commencé par un pas, dit pour sa part Lao Tseu de façon moins marchande. Comme quoi on calomnie beaucoup les Chinois sur ce point.

 

Et pour couper court à toute circonlocution inutile, cantonnons-nous à l'essentiel : que ça coûte ou que ça rapporte, marcher c'est mettre un pas devant l'autre.

Et recommencer.

 

09:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

28/03/2017

Résidentiel

 

« L'enfer est pavé de bonnes intentions. »

 

Insuffisant le descriptif. Le pavement, soit. Mais quid des boiseries, de la plomberie ? Du chauffage ? Accès à un jardin d'agrément ?

Comment se fait la collecte des ordures ?

Avant de m'installer pour l'éternité, je veux savoir où je mets les pieds. J'irai pas jusqu'à dire que cette annonce sent le soufre, mais ça pue un peu l'arnaque. Et le contrat je sais pas s'il est trop dans les clous.

Exemple là en tout petit le futur résident signera de son sang et paiera du prix de son âme.

Étrange, non ?

Comme justement je l'ai encore, mon âme, j'ai fait part de ses états à Lucie Fair, la stagiaire de l'agence Immonde Immo. Mignonne, sourire commercial. Pourtant je sais pas dire y a un truc chez elle qui me glace. Son regard peut être.

Bref elle m'a sorti un argument massue.

« Réfléchissez : ce serait une plus-value d'en ... enfin énorme ! Elle vous a coûté quoi votre âme au départ ? On vous l'a filée gratis pro … euh

- Oui mais de là à m'en défaire en échange du bien que vous me vantez, c'est un sacré pari. Je peux en avoir encore l'usage.

- Bof y en a plein qui s'en passent et s'en portent pas plus mal, vous savez. Entre nous l'âme c'est quoi, du vent, du vague, de l'impondérable. Tandis qu'un appartement au domaine d'Enfer, à part le pavement de l'entrée, c'est béton brut surarmé partout. Du solide. Alors vous connaissez le proverbe il ne faut pas lâcher la proie pour l'ombre ... »

 

OK c'est vrai j'ai eu l'âme gratis dans le pack, avec la peau et les os, muscles, viscères, neurones, globules, le toutim. Mais faut voir que depuis j'ai fait quelques investissements.

Pour le corps encore c'est pas du lourd : j'aime les nourritures terrestres simples, les omelettes par exemple (non baveuses).

Mais pour l'esprit-psyché, l'âme comme dit Lucie Fair, côté aménagements j'y suis allée ! À mort.

Faut voir que tout ça est assez brut au départ, style tabula rasa plutôt qu'art nouveau. Alors faut en bouffer du l'art, en absorber de la culture.

Et là je parle pas des replays d'Arte. Non je veux dire gros bouquins écrits petit. Qui en plus prétendent que science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Du coup que faire ?

On se penche sur la question de la conscience et de là fatalement, on tombe dans l'inconscient. C'est dire la prise de tête.

 

Tout ceci pour dire leur truc d'Immonde immo c'est tentant si on veut, mais perso je suis pas sûre de m'y retrouver. Je vais attendre une meilleure opportunité.

Y a mon copain Jean-Paul il me conseille plutôt de chercher du côté d'une coloc. Mais j'hésite, la coloc ça devient vite invivable. Bon, moi je suis prête à des concessions, et illimitées encore.

Mais ça dépend aussi des autres.

 

 

09:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)