Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/02/2016

ABS

Malgré les apparences ce titre n'annonce pas une publicité pour les systèmes de freinage à même d'éviter les dérapages incontrôlés sur routes verglacées. Ce qui serait d'ailleurs peu utile en cet hiver clément.

En outre ce blog fait plutôt dans l'inutile, ça ne vous aura pas échappé.

 

ABS ne note pas pour autant l'absence de lecteurs, de ceux qui s'abstiennent de prêter attention et temps à ce blog pourtant si passionnant. Quoiqu'inutile.

ABS n'est pas davantage le sigle d'une association reconnue d'intérêt public telle que : « Auteurs Brutaux et Satiriques », « Amis de la Bêtise Savante », « Affligeants Bavards Superflus », « Activistes pour le Bannissement de la Sottise » etc.

 

En fait la dernière n'est pas sans rapport. Car j'entends par ABS : Abécédaire de Base sur Spinoza (Ou Abécédaire à Base de Spinoza, ou Alpha Bêta Spinoza, etc. brodez à votre idée).

Je me propose de consacrer les jours qui viennent à l'écrire.

Il nous fera flâner dans la vie et l'œuvre du susnommé, l'une comme l'autre (surtout l'autre car elle est nettement plus connue) propres à nous instruire et nous édifier.

Ce qui n'est plus à démontrer. Mais vaut toujours la peine d'être répété.

 

Je l'avoue, de Spinoza j'aurais volontiers été l'élève. En philo comme en polissage de lentilles. Surtout le deuxième, à la réflexion. Au moins je saurais un truc concret, utile.

 

Ce qui est sûr c'est que Spinoza est un ami. Un ami mort, certes. Mais pas moins présent pour autant.

 

Si forte, si passionnante est son œuvre, que lorsqu'on s'en est une fois approché, il devient ensuite difficilement évitable de vivre ou penser sans revenir régulièrement passer un peu de temps (selon la belle expression de Deleuze)

« au milieu de Spinoza ».

 

Ce à quoi nous allons nous adonner dès la prochaine fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

09:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2016

Et inversement

 

« Que philosopher c'est apprendre à mourir » titre le chapitre 20 du livre I des Essais. La forme latinisante, toute spontanée qu'elle soit sous la plume de Montaigne, lui donne pour nous lecteurs modernes une solennité compassée.

Pourtant ici comme ailleurs, Montaigne, tout en développant des propos aussi convenus que stoïco-compatibles, ne laisse de répondre au rictus de la Camarde par un sourire, de déjouer l'angoisse par le charme de l'ironie.

Et de fait ce titre incite diablement au jeu du détournement.

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que mourir c'est cesser de philosopher. Mais que cesser de philosopher n'est pas le pire désagrément de la mort. Si on y réfléchit.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que mourir ça nous apprendra à essayer de philosopher. Tout ça pour ça. On aurait mieux fait de faire un truc utile à l'humanité je sais pas moi genre trader.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que philosopher c'est entreprendre de sourire avant que de pourrir. Avec Desproges entre autres. Sourire avec Desproges je veux dire, pas pourrir. Quoique. Que philosopher c'est accepter de pourrir pourvu qu'on ait souri.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Qu'apprendre l'humour c'est pas pour les ripoux ni pour les faux fols.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que rire des sots c'est comme prendre de la poudre. En plus euphorisant. Quoique tout aussi addictif. Enfin j'imagine. Je dis j'imagine parce que sinon vous allez vous imaginer des choses.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Qu'apostropher les mous du genou c'est facile quand on peut courir.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que fesser Sophie n'est pas lui apprendre à vivre. « Émile ça lui donne le fou-rire, mais c'est pas ma faute. » Rousseau confessons-le fut philosophe certes mais un martinet paranoïaque. Euh un tantinet. Pourquoi mais ?

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que filer la métaphore et affoler les mots sens dessus dessous, ça fait Belle Marquise d'amour mourir (sans dessous du tout ?)

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que jouer au bridge c'est parfois faire le mort pour tuer le temps.

 

Que philosopher c'est apprendre à mourir.

Que philosopher c'est trouver sa récompense mort ou vif.

Disons vif ?

 

10:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

28/01/2016

Imagine

« L'heure des parlements dangereuse » est le titre du chapitre suivant. Voilà un enchaînement joliment noué, plus raccord que ça tu meurs. Ça fait un peu penser à la comptine marabout, bout de ficelle, selle de cheval ...

C'est un titre par ailleurs indiscutable. Clair que le moment où on se lance à parlementer avec l'ennemi est dangereux, c'est un plongeon au moins dans l'inconnu, souvent dans une bonne mélasse, un machin qu'on va mettre un temps fou à s'en dépêtrer.

Et au pire l'heure du parlement annonce la perspective d'un sale quart d'heure pas vraiment warholien. Surtout si l'ennemi est du type 2 selon le classement établi la dernière fois. Or c'est un type assez répandu soyons lucides.

Le principe de l'ennemi fair-play, style « Messieurs les Anglais tirez les premiers », il est à craindre qu'il ait fait long feu. L'ennemi de nos jours, quel qu'il soit, est clairement sans foi ni loi.

S'il avance l'une et/ou l'autre au principe de sa lutte, et consécutivement de la négociation, de deux choses l'une. Ou bien il vous ment ou bien il se ment à lui-même.

Dans le premier cas c'est un méchant qui vous prend pour un con. Dans le second cas c'est un con (peut être inconsciemment, mais le résultat est le même).

Savoir faire la différence est certes une satisfaction intellectuelle, mais cela ne change pas grand chose à la difficulté & dangerosité de la négociation.

Mon conseil plus pour vous y préparer : en posture du lotus, adoptez une respiration calme et régulière, visualisez l'ennemi en vis en vis de l'autre côté de la table des négociations, et revêtez-le mentalement d'un collier de fleurs, dessinant au-dessus de sa tête une bulle contenant les mots « Peace and love ».

Comme ça quand vous le retrouverez à l'heure des parlements dangereuse, vous serez pris d'un fou-rire. Cela ne peut manquer de le déstabiliser, car lui ne sait pas rire (ou s'il l'a su il l'a oublié).

Cela dit il ne faut pas oublier de votre côté qu'il y a une chose plus dangereuse que de parlementer et négocier, c'est de ne faire ni l'un ni l'autre. Ou pour le dire autrement vaut tout de même mieux écouter parler les cons ou les méchants que les armes.

Naturellement le meilleur cas de figure est encore quand les unes comme les autres gardent pareillement le silence.

 

 

 

09:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)