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10/01/2015

Heureusement y a Spinoza

Précision : je prépare à l'avance les textes que je mets dans ce blog. Faut pas croire que l'impro sur Nietzsche ou même Spinoza soit si facile, hein ? Cependant ce qui suit, curieusement, est plutôt raccord avec les événements présents. Comme quoi, actualité et prévision peuvent parfois s'entendre comme une même chose ...

 

« Par réalité et perfection j'entends la même chose » écrit Spinoza.

 

Il fallait oser, mais Spinoza ne manquait pas d'audace. Cette phrase est une triple provocation. A l'égard des religieux qui tracent une rigoureuse ligne de démarcation entre, disons pour faire simple (ben oui je rigole) l'immanence et la transcendance, l'ici-bas des choses comme elles sont et l'au-delà des choses comme on les rêve. Spinoza était plutôt gentil comme mec, et s'il provoqua les religieux, c'est parce qu'il avait compris qu'ils n'installaient cette ligne de démarcation que pour s'en instituer les douaniers. Lui il aimait la liberté et la gratuité. Et logiquement désirait (Spinoza était incapable de séparer désir et logique, c'est à cela qu'on reconnaît son génie unique, si peu imité depuis) que tous aient accès à l'une et l'autre.

Deuxième provocation, à l'égard des moralistes et autres contempteurs du corps pour qui la perfection ne se trouve qu'au bout d'un chemin compliqué d'ascèse. Pour lui pas d'autre ascèse que l'adhésion à l'existant. Très simple. (Pour la facilité ça se discute, mais bon).

Troisième provocation, en sens inverse des précédentes, à l'égard des cyniques blasés voire misanthropes, pour qui la réalité OK on n'a pas le choix mais y a pas non plus de quoi sauter de joie. Spinoza, lui, choisit de jubiler devant la réalité, parce qu'il jubile devant la vie qui est là. Ajoutons cependant que ce serait un contresens de prétexter cette phrase pour se dispenser de mettre son énergie à changer ce qui dans la réalité est injustice, mal et malheur. Au contraire : par l'adhésion résolue au présent, on libère aussi son énergie, ses capacités d'inventer, d'agir. Voilà qui rejoint la phrase précédente de Montaigne (toutes choses égales par ailleurs bien sûr).

Euh, relisant ce que je viens d'écrire, je crains que le concept de pause récréative par lequel je vous ai alléchés l'autre jour ne soit en train de subir quelques altérations. Or il ne faut pas renoncer à la ré-création, aussi simplette soit-elle. Je reviens donc à la petite charade et à ses clés.

 

1er : paré. 2° : alité. 3° : épeire (il paraît d'après un de ses biographes que Spin riait comme un gamin en observant une araignée piéger les mouches dans sa toile. Voilà qui mériterait bien des réflexions, éventuellement psychanalytiques, mais c'est pas notre genre. Et puis faut voir qu'il n'avait ni ciné ni télé ni internet pour meubler ses soirées. A chacun ses toiles n'est-ce pas.) 4° : a-ffection. 5° gente. 6° : an. 7° : lame. 8° : M. 9° : chose (simple, non ?).

Voilà, ça c'est fait. Et pour la suite la prochaine phrase-charade sera, comme vous l'avez deviné, de Nietzsche, le troisième Mensch.

 

 

09:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2015

Antidote humaniste

Pour saluer Charlie, et tant d'autres ...

 

Quelques pensées suggérées à Montaigne par la stupide abjection des guerres de « religion »

 

« Je vois cela évidemment que nous ne prêtons volontiers à la dévotion que les offices qui flattent nos passions. Il n'est point d'hostilité éminente comme la chrétienne. Notre zèle fait merveilles, quand il va secondant notre pente vers la haine, la cruauté, l'ambition, l'avarice, la trahison, la rébellion. A contrepoil, vers la bonté, la bénignité, la modération, il ne va ni de pied, ni d'aile. »

Apologie de Raimond Sebon ( Essais II, 12)

 

« Nous appelons Dieu et son aide au complot de nos fautes, et le convions à l'injustice. »

Des prières (Essais I,56)

 

« Il ne faut pas appeler devoir (comme nous faisons tous les jours) une aigreur et âpreté intestine qui naît de l'intérêt et passion privée ; ni courage, une conduite traîtresse et malicieuse. Ils nomment zèle leur propension vers la malignité et la violence ; ce n'est pas la cause qui les échauffe, c'est leur intérêt ; ils attisent la guerre non par ce qu'elle est juste, mais parce que c'est la guerre. »

De l'utile et de l'honnête (Essais III,1)

 

« Entre nous, ce sont choses que j'ai toujours vues de singulier accord : les opinions super célestes et les mœurs souterraines. (…) Ils veulent se mettre hors d'eux et échapper à l'homme. C'est folie ; au lieu de se transformer en anges ils se transforment en bêtes. (...)Ces humeurs transcendantes m'effraient. »

De l'expérience (Essais III,13)

 

 

11:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

07/01/2015

... Et deux anagrammes

« Je me laisse aller comme je me trouve » écrit Montaigne.

 

Il s'agit tout à la fois de ses pensées, de sa vie, de son écriture, et fondamentalement, de son être. Une phrase qui signe un détachement, une joyeuse indifférence à l'égard du souci narcissique de l'image. Et tout autant un lâcher-prise envers les exigences d'un idéal moral (qui d'ailleurs ont plus souvent qu'à leur tour partie liée au narcissisme). De ce détachement naît la radicale énergie à s'adonner à la vie comme elle vient. Bref cette phrase dans sa simplicité est un des « oui » les plus forts qui aient été répondus à la vie.

 

Mais c'est pas tout ça, voici la clé des mots (peut être avez-vous trouvé tout à fait autre chose, là est le plaisir des charades).

1er et 6° : jeu. 2° et 7° : meuh. 3° : lait. 4° : salé. 5° : com' (= communication, càd en clair propagande pour vendre lessive, voiture, jeu vidéo, président de la république etc.). 8° : trou. 9° : vœux.

 

Passons à présent à la 2°charade.

 

Mon 1er est fin prêt.

Mon 2° est bien fatigué.

Mon 3° travaille dans la toile.

Mon 4° est une forme d'amour qui a oublié son début.

Mon 5° accompagnait souvent jadis une dame ou une damoiselle.

Nous sommes au tout début de mon 6°.

Ma 7° est d'autant plus forte qu'elle est fine.

Mon 8° est la lettre la plus tendre de l'alphabet.

Mon 9° est souvent concurrent de Truc ou de Machin.

 

Mon tout est une phrase de Spinoza. Spinoza ? Ben oui. Deuxième personne de ma trinité fétiche, c'était fatal qu'il se pointât. Vous direz que je ne me renouvelle guère. Mais vous savez quoi : ils le font pour moi.

Du coup vous subodorez j'imagine de qui sera la troisième phrase, support de ma troisième charade …

 

Mais auparavant vous aurez bien sûr la solution la prochaine fois. Et puis voici une deuxième anagramme-cadeau :

 

L'Ethique de Spinoza : quiz de philo séante.

 

 

 

10:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)