Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/02/2017

Coq à l'âne

 

« À bon chat bon rat »

 

Voilà un proverbe qui clairement ne veut rien dire. Ou alors s'il le veut, il le cache bien.

Mon dico prétend qu'il « se dit quand celui qui attaque trouve un adversaire capable de résister ». Je veux bien.

 

Mais remarquons cependant :

1) le proverbe n'est valable que pour les chats. Un rat par exemple aurait dit « à bon rat bon chat ».

2) je ne vois pas ce qu'une attaque implique de « bon »

3) pour une résistance OK

4) je crains que tout ceci ne nous amène aux débats piégés sur guerre juste, riposte proportionnée etc. etc. Brisons donc là.

 

À bon chat bon rat. À bon rat bon fromage. À bon fromage bon corbeau. À bon corbeau bon renard. À bon renard bonne poule. À bonne poule bon ver.

À bon vers bon poète. À bon poète Baudelaire. À Baudelaire bon chat ...

Euh … On tourne en rond.

 

Essayons autrement.

À bon chat bon rat = à bon loup bon agneau = à bon capitaliste bon prolétaire.

Ah mais non ça ne marche pas, car le capitaliste est le rat, pas le chat. Décidément, CQFD : ce proverbe dit n'importe quoi.

 

Autre problème : le chat n'est pas un signe du zodiaque chinois, alors que le rat, si.

Personnellement, je suis Cheval. Moi qui déteste les westerns !

C'est dire le crédit qu'on peut accorder à ces histoires d'astrologie.

Vous me direz côté ciné on peut plutôt penser à Scarlett O'Hara ou encore à Amélie Poulain.

 

Montaigne aussi était Cheval. Ça ne pouvait pas mieux tomber. Être à cheval était son « assiette » préférée, dit-il.

(Sans compter que ça nous fait un point commun lui et moi – toutes choses égales par ailleurs).

Et Spinoza ? Un mordu d'éthique comme lui : on peut penser qu'il était Chien.

(Sans collier, donc).

 

Pour Schopenhauer, aucun doute : Porc-Épic.

 ... Hegel ? ...

Bourrin, non ?

 

 

09:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

15/02/2017

Verbe pro

 

Les proverbes sont un plaisir de lecture, dans leur brièveté aphoristique.

Ils sont en outre censés exprimer un certain bon sens, la sagesse des nations, ce genre de choses.

Mais c'est quoi le bon sens ? Bonne question, je vous reconnais bien là. Répondons avec la précision mathématique d'un algorithme sondagier.

 

Proposition honnête Le bon sens couvre la surface délimitée par le cercle ayant pour centre le point de convergence maximale de l'opinion moyenne, et un rayon de longueur aussi minimale que possible.

Théorème 1 On dira plus simplement qu'en première approximation le bon sens est le noyau dur du conformisme.

 

Scolie1 Cet énoncé peut-il équivaloir à dire que le bon sens a horreur de l'excentricité ?

Scolie2 Ma foi à première vue on dirait.

 

Corollaire du théorème 1 Contrairement au sens interdit, le bon sens ne fait courir ni risque d'accident ni risque de sanction. Au contraire, en prime de toutes les gratifications matérielles résultant du conformisme, il assure la sérénité psychologique découlant du sentiment de conformité.

 

Scolie1 Voilà qui est toujours bon à prendre, même pour un esprit philosophique & indépendant (et je ne veux nommer personne).

Scolie2 Tu crois que ce corollaire nous autorise à ne pas aller au-delà de la première approximation ?

Scolie1 Évidemment ! Ce n'est pas à démontrer.

Scolie2 Super. On se creusera moins le ciboulot.

 

Théorème 2 À propos de creuser, si je suivais ce filon des proverbes pour des petits commentaires ? À votre avis les scolies ?

 

Scolie1 Bonne idée ! Ça nous fera un peu voyager, vous savez ce qu'on dit : Tous les chemins mènent à Rome.

Scolie2 Logiquement faudrait le dire en latin.

Scolie1 Tu crois pas si bien dire : les proverbes ça se trouve dans les pages roses du dico. À côté des citations latines.

Scolie 2 Pas chez Robert Petit, lui il fait pas dans les trucs roses. Et puis il s'adresse pas aux étudiants flemmards, mais aux locuteurs curieux de savoir ce qu'ils disent quand ils le disent.

 

Bon les scolies ça suffit ! Fin de la récré. La prochaine fois on commence.

Scolie1 Mieux vaut tard … Quoi ? Ça va ça va j'ai rien dit.

 

 

 

09:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

11/02/2017

A l'humilitif

 

« Une impertinence particulièrement risible des critiques, c'est que, comme les rois, ils disent : nous. Or ce n'est pas seulement au singulier, mais au diminutif, à l'humilitif même, qu'ils devraient parler.

Ainsi par exemple : 'Ma chétive petite personne, ma lâche astuce, mon incompétence déguisée, ma vile gueuserie' etc.

C'est de cette façon qu'il convient de parler à des filous déguisés, à ces serpents qui sifflent hors du trou sombre d'une feuille de chou littéraire, et à l'industrie desquels il faut enfin imposer un terme. »

Schopenhauer (Parerga et paralipomena)

 

C'est pour de telles phrases que lire Schopenhauer peut être vraiment jubilatoire. Une belle cure de catharsis. 

Allez, Arthur, je t'enrôle dans ma FAM (Force Anti Morosité), bataillon SHI (Style Humour Intelligence).

Schopenhauer pense ici à ceux qui sont incapables de comprendre sa philosophie. Conformistes par intérêt et par incapacité de penser et parler en première personne, de façon autonome. 

La pertinence du propos est tout aussi évidente pour l'édition (spécial dédicace à mon ci-devant éditeur - y avait longtemps que ça me démangeait le clavier. Merci Arthur).

Et pour la critique littéraire, la critique artistique en général. Que de stupidités crasses entend-on, lit-on, sur un livre, un film, une expo.

Bref qu'est-ce qu'un critique compétent ? Un oxymore.  Voilà, ça c'est fait.

 

 

Oui je sais ce que va dire mon lecteur (qui est forcément compétent, subtil, intelligent, lui : puisqu'il me lit).

« Ne scies-tu pas d'une main la branche à laquelle tu t'accroches de l'autre, ma vieille Ariane ? (Belle prouesse acrobatique au demeurant) Tes balivernes ici-même sont-elles autre chose qu'une forme de lecture critique ? »

OK je plaide coupable. Mais à l'humilitif. Car pour ma défense :

1)je pratique la critique sous forme aussi informelle que possible, et totalement gratuite (ce qui réduit la gravité du délit il me semble, y en a qui pourraient en prendre de la graine, hein ?)

2)je ne m'attaque qu'aux morts.

Mais non : pas parce qu'ils ne sont plus là pour me répondre !

Au contraire quel plaisir ce serait de polémiquer pour de bon avec Schopenhauer, conférer en live avec Montaigne, me faire une toile avec Spinoza, ou rencontrer Freud à un coin de rêve !

À défaut, je me serai toujours amusée à parler avec eux comme Schopenhauer parle à sa poupée.

 

 

08:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)