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24/01/2018

ça coule de source

J'aurais pas dû sécher mes cours de vie

(Paris 18°, 2009)

 

Exister n'est pas une choses facile

(Marseille, 2010)

 

Carpe that fucking diem

(Lausanne, 2013)

 

Y a des jours, hein ? …

Voilà des tagueurs z'et gueureuses qu'ont pas trop le moral.

Ce qui ne les empêche pas de poétiser brillamment. Sécher ses cours de vie j'adore, j'aurais voulu le trouver.

Ah certes la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Affronter la turbulence d'un tel cours nécessiterait un cursus d'apprentissage de haut niveau.

Mais non. D'emblée vous êtes embarqués, et y a plus qu'à galérer avec les moyens du bord.

Par moments on frise la noyade, à d'autres on se retrouve à sec, on racle le fond au risque du trou dans la coque style Titanic contre iceberg. À d'autres encore, on s'enlise dans les basses-eaux du marasme.

Bref oui, exister n'est pas une choses facile.

Lapsus ou pas, voilà une (un?) S qui en dit long sur les sinuosités du fleuve.

La vie n'est pas une chose facile pour la raison que ce n'est pas une chose simple, unique, mais tant de choses à la fois. Et du coup on y est sans cesse ballotté entre de nombreux courants contradictoires.

(Un peu comme au PS en fait) (oui c'est facile pardon) (d'autant qu'ils sont loin d'être les seuls) (mais les autres ça m'atteint pas) (au contraire ça me fait bien marrer).

Bref on s'emploie alors à réguler le cours du fleuve, à l'aide des travaux déjà réalisés en amont, de l'art des vivants précédents.

Tous ceux qui ont cherché à aménager barrages et dérivations pour les moments de débordement, un système d'irrigation pour les périodes de sécheresse.

Ce fleuve, on apprend à en voir les beautés, les douceurs : les scintillements diamantés de l'eau dans le soleil, au fond sous la vase les galets longuement polis, les berges souriantes du printemps, l'arche d'un pont savamment bâti, et en-dessous une théorie de canetons duveteux dans le sillage de leur mère ...

Euh bref enfin tout ça pour dire que oui, on arrive à le cueillir quand même, ce fucking diem. Parce que cette fucking life, elle est comme elle est, mais c'est la nôtre.

 

 

 

 

 

 

09:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

21/01/2018

En plein dans l'Emile

JJ Rousseau is better

(Boutique Zadig et Voltaire Paris 3°, 2012)

 

« Votre livre préféré?

- Zadig et Voltaire ».

Cette perle de Frédéric Lefebvre, sous-ministre sous Sarkozy, fit beaucoup à l'époque pour sa réputation d'huître.

Mais d'abord va savoir si ce n'était pas de l'humour ?

Il y a bien l'amour vache, pourquoi pas l'humour cancre ?

En tous cas n'attendez pas de moi que je l'accable sous une ironie facile (c'est pas mon genre) car Errare humanum est comme je disais plus haut.

Admettons-le : nous sommes tous capables de sortir une énormité sitôt que nous nous risquons hors de nos domaines de compétence

(voire même en nous y cantonnant)

(peut être davantage à la réflexion, car nous omettons alors de vérifier ce que nous ne doutons pas de savoir).

Et lui après tout n'était ministre ni de l'éducnat, ni de la culture (comme quoi le pire n'est jamais sûr).

On dira Voltaire quand même c'est du lourd.

Que diable, soyons tolérants : avec la pression qu'ils subissent les pauvres, il faut pardonner aux ministres de ne pas avoir en tête toutes leurs fiches d'Alceste à Zadig.

Non, ce fut juste une erreur de casting : dans un ministère de l'ostréiculture, il aurait brillé.

 Mais au fait puisqu'on en parle, il était sous-ministre chargé de quoi ?

J'ai dû faire des recherches (preuve de mes propres lacunes, voyez ce que je vous disais). Eh bien figurez-vous qu'il était secrétaire d'état au commerce.

Du coup, il y a une autre interprétation. Cette phrase serait tout simplement du placement de produit.

Comme quand dans un film Deneuve sort sa clope du paquet en gros plan.

Or s'il y a une chose qui revient à un ministre du commerce digne de ce nom, c'est bien la promotion des marques françaises.

Bref en cette affaire il fit don de sa personne au CAC 40 et se sacrifia au patriotisme économique, assumant de passer pour un con au profit de notre balance commerciale.

Un héros méconnu, en fait.

 

 

 

10:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

18/01/2018

ça fait mouche

Perdu mouche aux yeux rouges

(Rennes, 2010)

 

Un coup de l'araignée au plafond ?

 

Voici en tous cas une tagueureuse (tagueur) inspirée, qui, en cette jolie variation sur les avis de disparition apposés à tous les coins de rue, libère la poésie du quotidien, et fait accommoder le regard sur le petit, l'infime, l'insignifiant.

 

C'est comme si le mur lui-même prenait la parole, laissant suinter sa plainte à petite voix lézardée d'émotion.

Oh la caresse si légère de tes pattes de mouche sur mon crépi brut

oh le doux zinzin de tes ailes à mes oreilles

oh tes yeux rouges dans le soleil couchant

 

Bon peut être ça marcherait pas à tous les coups : c'est vrai que dans le genre

 

Perdu scolopendre aux pattes tendres

perdu pou mou du genou

perdu acarien qui m'était pas rien,

 

ça rendrait pas tout à fait pareil.

09:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)