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25/11/2015

Conservation

 

Dilemme n°5 : Feuille d'alu ou film plastique ?

Il est temps de cesser les enfantillages et les débats inconsistants (je mets à part le nourrissant fromage ou dessert naturellement) pour entrer dans le dur, le concret, le réalisme, la lutte des classes pourquoi pas au point où on en est.

Bref philosopher en physiologistes selon le programme de Nietzsche. 

Gardons-nous cependant de penser que si nous sommes capables, en ce début du XXI° siècle, de nous poser enfin de vraies questions dont celle-ci, c'est que nous sommes moins cons que nos prédécesseurs. C'est seulement que notre industrie chimique est un peu plus au point que la leur.

Eût-il disposé lui aussi de ces fleurons capitalistiques bienfaiteurs de l'humanité, Neandertal aurait posé la question que je pose, au lieu de chasser le mammouth ou quoi que ce soit.

Ou du moins après la chasse et le repas, au moment où Madame Neandertal lui aurait dit : « Chouchou tu peux ranger les restes de mammouth dans le garde-manger, du temps que je ponce les assiettes en lave ?

- Feuille d'alu ou film plastique, Mammouth ? euh Mamour ? »

Platon lui-même en aurait eu l'idée. Peut être. Montaigne aurait déniché dans sa librairie la citation ad hoc.

« 'Inutilis quaestio est aluminium sive plasticum. Veni vidi dixi : emballa quod pesatum, unum punctum est totum.' répondit impatiemment César au soldat chargé de l'intendance. Pour moi je n'aime point le réchauffé, et ainsi point les restes qui à l'aventure peuvent l'être. Si bien que je ne saurais dire que ceci : emballez, n'emballez pas, aluminez, plastiquez, peu me chaut. »

Bref le film plastique réserve bien des déboires au déroulage et au déchirage, mais il a l'avantage de la transparence. Ce qui par les temps qui courent est un argument j'en conviens. La feuille d'alu évite les accidents majeurs de manutention mais nous laisse dans l'opacité.

Pour moi j'ai un petit faible pour le film plastique, mais comme on oublie plus souvent d'en racheter que de l'alu, en pratique on doit emballer mezzo mezzo.

J'ai connu quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui lavait les feuilles d'alu usagées pour s'en resservir. (OK ce n'est pas une info de première main non plus, mais j'ai confiance dans la personne qui m'a dit ça, elle ne fait ni dans la politique ni dans l'aliénation religieuse ni dans la banque ou le commerce en général).

Bref je n'ai pas osé demander ce qu'il advenait de l'alu ayant servi à des sardines en papillotes, par exemple.

Imaginons une invitation à dîner émanant de cette maison, que faire : m'y rendre, mue par la belle curiosité scientifique d'observer un rare spécimen de névrose ? Refuser par souci mesquin de ma santé ? Encore un dilemme.

J'ai la vague impression d'être condamnée à aller de Charybde en Scylla.

 

09:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

23/11/2015

Pas pire

 

Dilemme n° 4 : To be or not to be ?

Je n'oserais m'aventurer à pronostiquer combien d'entre vous, lecteurs, ont lu les sonnets de Shakespeare. Dans ma vie il m'est arrivé nombre de choses improbables et j'en ai fait nombre d'insensées. À ces nombres-là ensemble je compte ma lecture des sonnets de Shakespeare.

Rassurez-vous 1) ce ne fut pas un choix personnel, ils étaient au programme d'un concours et 2) lire est un bien grand mot pour le survol assorti de fiches que j'en entrepris alors, espérant qu'il suffirait à m'éviter le crash éliminatoire.

Vous savez j'imagine que les concours sont de deux types : les confituriers et les autres. Celui dont il s'agit était de la deuxième catégorie, je vous laisse penser quelle en fut l'issue pour moi. Je n'en ai gardé aucune rancune envers le grand Will, car il y fut pour beaucoup moins que l'insuffisance de travail.

En revanche le boulot faisait pas peur à Shakespeare parce que ses sonnets ils sont quand même 154, ce qui représente donc 154 x 14 = 2156 vers, et 21560 syllabes vu que ce sont des décasyllabes (ce n'est pas parce que nous avons fini notre série sur les chiffres qu'il faut perdre la main en calcul).

Les métaphores baroques et alambiquées qui y pullulent, on aime ou on n'aime pas, mais comment résister à de purs joyaux comme Let me confess that we two must be twain/Although our individed loves are one. « Nos amours sont en indivision mais toi et moi ça fera toujours deux kes tu veux que je te dise » (traduction perso).

Ou encore Sweets with sweets war not, joy delights in joy. (OK faut être sujet de sa Gracieuse Majesté pour prononcer une phrase pareille sans se faire des nœuds à la langue). « De douceur à douceur c'est pas un rapport de forces, mais commune jouissance de joie » (id). On dirait du Spinoza. En moins simple.

Mais bref voilà, malgré tout le génie de milliers de vers, c'est avec la plus modeste, pour ne pas dire la plus plate de ses phrases que Will s'est assuré l'immortalité. Faut dire que son statut inégalé dans la culture mondiale n'est que justice. En effet il n'y en a pas d'autre, de question. C'est « la » question, qui remplace avantageusement tous les ergotages philosophiques.

Quoique. Ergotage philosophique non, mais c'est quand même ce qu'il faut bien appeler une question rhétorique, en clair une question que la réponse elle est dedans comme le noyau dans la cerise et la cerise sur le gâteau. To be or not to be, that is the question. Hamlet to be il a jamais vraiment su, et not to be clair que si c'était son choix il a pas manqué d'occasions.

Mais justement Hamlet c'est le mec que choisir il peut pas, et il le sait. Alors ce qu'il en dit, c'est juste pour gagner du temps. Bref son truc c'est jamais que du théâtre, un dilemme soit, mais en trompe l'oeil. Une impasse soit, mais il a vu la porte dérobée.

Gagner du temps avec les mots (la seule chose qu'on y gagne, à vrai dire). Dire to be ou not to be, peu importe, en réalité ça veut dire jusqu'ici tout va bien, je suis encore vivant.

 

09:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

21/11/2015

Déconfitures

 

Dilemme n°3 : Confiture ou iceberg ?

1) Soit la phrase bien connue du sens commun, et qui fait partie intégrante du bagage culturel de base. « La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale. »

Malgré son évidence quasi socratique cette sentence n'est-elle pas à côté de la plaque ? Devant un bol à l'heure du petit déjeuner, la vraie question n'est-elle pas plutôt de savoir a) si la confiture est bonne et b) si on en a envie (de préférence au beurre ou au miel). Démonstration.

Supposons que la personne qui propose sa confiture n'en ait pas quantité de pots dans son garde-manger (un doute me vient : qui dit encore ça, un garde-manger ?) Pourquoi supposer que l'étalage qu'elle en fait sur la tartine soit nécessairement destiné à impressionner le destinataire de ladite tartine et à lui bourrer le mou sur le remplissage du garde-manger  ?

Et quand bien même, cela n'empêche pas de supposer que cette confiture précisément puisse être inconnue dudit destinataire (quel que soit le nombre de pots de confiture dont il dispose dans son propre garde-manger). Il découvrira alors quelque chose en la goûtant. Exemple (entre autres) une tartine de confiture de mécanique auto ou de physique quantique (même en couche mince) me serait une nourriture fort opportune. Voire délectable, à condition qu'elle soit de bonne qualité bien sûr.

Concluons donc cette première partie par la proposition suivante :

La quantité de confiture est question négligeable au regard de sa qualité et de la faim de son consommateur.

2) L'iceberg dans l'histoire ? Aucun rapport avec un ours blanc tombé dans un trou d'ozone en pêchant sur la banquise. Ni avec Leonardo di Caprio malheureusement.

Le complexe de l'iceberg (que je formule ici en première mondiale) est une pathologie fort handicapante qui consiste dans l'incapacité, assortie de vergogne, à faire montre de l'ensemble de ses connaissances ou aptitudes, dont on ne décèle en conséquence qu'un très faible pourcentage. L'iceberg-complexé est ainsi l'antithèse de l'étaleur de confiture (entendu au sens commun).

Nous n'entrerons pas dans l'analyse psychologique d'un tel comportement, pas plus que nous ne sommes entrés dans l'analyse du précédent. (De toute façon Herr Doktor F. est aux abonnés absents depuis un moment vous avez remarqué. D'un côté ça repose, mais il me manque un peu j'avoue.)

Il est par ailleurs d'un abord moins chaleureux, deuxième raison qui nuit à sa popularité sur les réseaux sociaux. (Pas S. F. Quoique. Mais je parlais bien de l'iceberg-complexé).

Concluons donc : le fameux iceberg qui provoqua la déconfiture du Titanic sur la banquise en revanche abonda quelque peu le compte en banque de Leo. Depuis, s'il manque de confiture il peut mettre du caviar sur la tartine. Cela dit faut aimer, moi perso le matin à part le café au lait ...

 

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